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Les Saintes Femmes au Tombeau

Attribué à Charles de la Fosse (1636-1716), c. 1680. - Huile sur toile, 81 x 65 cm, Musée d’Angers.

L’Evangile selon St Marc raconte comment Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques et Salomé se rendirent au tombeau au lever du soleil. Charles de la Fosse, réputé pour la qualité vénitienne de ses lumières, rend parfaitement cette atmosphère de petit matin qui dore les carnations, les feuillages et les tissus. Ce caractère précieux peut sembler étrange alors qu’il s’agit de représenter trois femmes en deuil.

Il traduit le bouleversement vécu devant le tombeau vide et l’apparition du Christ ressuscité. « Tu as changé mes habits funèbres en parure de joie » chante le psaume 29 (Ps 29,12)… ce ne sont plus trois femmes en deuil mais trois princesses surprises du retour de l’Epoux qui sont peintes. Elles forment comme une ronde colorée autour de celui qu’elles avaient déposé dans le tombeau et qui jaillit devant elles.

Désormais, peu leur importe le tombeau sombre qu’on devine à peine sur la droite. Le divin maître est vivant, comme l’arbre planté dans le rocher, pareil à la croix plantée au sommet du Golgotha.

Lui, souriant, les regarde. Le fin linceul gonflé de vent et traversé de lumière amplifie sa posture libre. Les bénissant d’une main, il lève l’autre devant des maisons, à l’arrière-plan. Il désigne un ailleurs, pour lui comme pour elles. Il leur faut s’en aller, témoigner aux habitants de ces maisons comme aux spectateurs du tableau que l’homme crucifié est ressuscité.

Lui s’échappe déjà. Il les précède dans leur mission, Il le leur promet.

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Venceslas DEBLOCK

Prêtre du diocèse de Cambrai, responsable de la Commission d’art sacré.

(re)publié: 12/03/2020