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La piscine de Bethzatha, de Jacopo del Sellaio (1442-1493)

Une occasion de penser aux personnes seules…

Peinture sur bois - Castiglione Fiorentino, Pinacoteca comunale.

Jn 5, 2-9

A Jérusalem, près du Temple, se trouvaient de vastes bassins qui servaient à alimenter le sanctuaire en eau. Le lieu avait une réputation curative, et de nombreux malades s’y pressaient. Il portait le nom de Bethzatha : « Maison de la grâce. »

L’artiste représente le lieu avec les colonnades mentionnées par l’évangéliste, et identifiées par les mots « Templum Salomon ». Au 2e plan, sous les arcades, s’entasse la foule de malades qui attendent le bouillonnement de l’eau qui pourra les guérir. L’attente est longue : certains discutent, d’autres se sont endormis.

Au 1er plan, à l’écart du groupe, un paralysé est étendu sur un brancard aux allures de brouette. Il se plaint auprès de Jésus : personne pour l’aider à s’approcher de l’eau ! Aucune solidarité envers lui. Et pourtant, son désir d’être guéri l’a poussé à venir, encore une fois, espérant peut-être, enfin, un peu d’entraide.

Emu par ce malade abandonné à lui-même, Jésus le guérit de sa propre puissance. Il marche vers lui, se baisse vers son brancard, et ses mains expriment sa parole : la 1re, tournée vers le ciel, est une invitation à se lever et à marcher. La seconde, pointant le brancard, invite l’homme guéri à le porter lui-même.

Les colonnades s’ouvrent sur un paysage sombre que même le soleil ne parvient pas à éclairer. Un arbre sec, cassé en deux, attire l’attention. La mort rôde : cette guérison de Jésus un jour de sabbat va entraîner une persécution, et le conduire bientôt à la croix. Mais une lueur discrète émerge sur la droite du paysage. Le chemin de vie ouvert par Jésus pendant sa vie terrestre ne s’arrêtera plus.

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Venceslas DEBLOCK

Prêtre du diocèse de Cambrai, responsable de la Commission d’art sacré.

(re)publié: 24/02/2020