La femme adultère (Jn 8, 1-11) - Lorenzo Lotto (1480-1556)
Huile sur toile, 99 x 127 cm. Paris, musée du Louvre.
La foule, violente, enserre une femme comme pour l’étouffer. Par son cadrage serré, l’artiste nous immerge dans la scène. Seule l’imposante et calme figure de Jésus crée un espace de respiration au cœur du tumulte.
La femme, sensuelle figure au teint de porcelaine, tout en larmes, vêtue – ou dévêtue- d’étoffes raffinées et parée de bijoux est brutalement saisie par sa chevelure tressée. Celui qui la brutalise est un soldat, caparaçonné de métal et armé d’un bâton. Autour d’eux, ce ne sont qu’accusations, armes dressées, visages agressifs ou moqueurs. « Cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là » argumentent-ils, désignant le ciel du doigt ou énumérant les articles de lois sur leurs doigts bagués de suffisance.
Privée d’identité personnelle, la femme est réduite à une catégorie. Pire, à un objet pour faire tomber Jésus. Car c’est Lui qui est mis en accusation par le personnage de droite. Nous tournant le dos, c’est Jésus qu’il désigne. Au fond, peu leur importe la femme, s’ils parviennent à piéger Jésus.
Jésus, vêtu de Terre et de Ciel, une main levée et illuminée, l’autre baissée, dans l’ombre, ne s’agite pas. Il invite au calme, à l’intériorité : « Celui d’entre vous qui est sans péché… » Et ils connaissent leur péché : celui d’utiliser la loi à leur profit, celui d’ignorer voire de protéger l’amant de la femme, dans une solidarité masculine ici pathétique.
Mis au pied du mur, le groupe va se déliter. L’espace ouvert par Jésus va s’élargir. La femme pourra respirer. Sans violence, sans contrainte, elle pourra elle aussi réfléchir sur son péché. Celui qui l’a sauvée ne la regarde pas. Ni jugement, ni lubricité, ni violence en lui. Il est venu pour servir l’humanité et l’inviter à grandir, libre de tout péché.
« Va, et désormais ne pèche plus » : un chemin nouveau s’ouvre pour cette femme et tous ceux qui rencontrent le Christ.
Prêtre du diocèse de Cambrai, responsable de la Commission d’art sacré.
- Retable d’Issenheim
- La résurrection de Lazare, de Jacob Willemsz de Wet l’Ancien (c. 1610-c. 1675-1691, Haarlem)
- La Mise au Tombeau
- La multiplication des pains
- François d’Assise réconforté par un ange
- La conversion de saint Paul
- Le pharisien et le publicain
- La Sainte Famille à l’oisillon, de Murillo (vers 1650)
- L’enfant Jésus jouant avec un clou
- La piscine de Bethzatha, de Jacopo del Sellaio (1442-1493)
- La résurrection de Tabitha (Ac 9, 31-42)
- L’entrée du Christ à Jérusalem
- Les premiers pas sur la terrasse de Fiesole c. 1898. Maurice Denis (1870-1943)
- Le Christ et St Thomas
- Le baptême de Jésus
- Mater Dolorosa (1953) - Michel Ciry (1919-2018)
- Sainte Véronique, c. 1580 - Le Greco (1541-1614)
- Le Bon Pasteur
- Le couronnement de la Vierge Marie
- La Trinité (Jn 14, 7-14)
- Femme, pourquoi pleures-tu ?
- Le Père ressuscite Jésus (Ac 13, 26-33)
- Le centurion de Capharnaüm, de Paolo Véronèse
- Le Bon Berger
- Le Christ sortant du Tombeau
- Emmaüs
- « Il leur ouvrit les Ecritures »
- Paul et Silas en prison
- La vendange mystique
- Moïse présentant les tables de la loi, de Philippe de Champaigne (vers 1648).

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