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Apparition du Christ aux apôtres

Maesta de Sienne, Duccio di Buoninsegna (c.1255-c.1319), 1308-1311. Tempera sur bois, Sienne, musée de l’œuvre de la cathédrale

Enfermés, confinés, portes verrouillées, les dix apôtres se cachaient. L’Evangile de Jean (Jn 20, 19-23) rapporte que Thomas était absent. Quant à Judas, il n’était plus. Et voici que « Jésus vient et se tient au milieu d’eux ». Comment peuvent-ils accueillir cette présence nouvelle, alors qu’ils sont reclus par peur de ceux qui ont mis à mort Jésus, et que le tombeau vide les a plongés dans des questionnements sans fin ?

Alors ils se tiennent à l’écart du Christ. Leurs bustes se penchent vers lui, mais la crainte, sans doute, les retient. Leurs visages, d’ailleurs, manifestent leur trouble. Pierre, à gauche, et Jean, à droite sont ceux qui s’approchent le plus. Ils étaient allés ensemble au tombeau. Pierre s’est couvert la main du pan de son manteau. Il n’ose toucher Jésus, et adopte ce geste liturgique remontant à l’Orient ancien et parvenu jusqu’à nous qui manifeste qu’on ne peut toucher Dieu directement. Jean, celui qui, devant le sépulcre, « a vu et a cru », a dégagé sa main. Dans la foi, à ce moment, il demeure le plus proche de Jésus.

Le Christ, droit, paisible, s’avance vers nous, marqué des stigmates de sa Passion. Comme par hasard, la porte derrière lui dessine un porche glorieux marqué par une croix de bois. Mais celle-ci ne le retient plus. Libre, il invite ses apôtres à quitter la crainte et le doute. Il les bénit et nous bénit : « La Paix soit avec vous. »

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Venceslas DEBLOCK

Prêtre du diocèse de Cambrai, responsable de la Commission d’art sacré.

(re)publié: 16/03/2020