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« Nous, l’Église »

Quand on parle de l’Eglise, on entend de tout. Même si tout ce qui est dit n’est pas toujours faux, c’est rarement juste. L’Eglise ? Une institution lourde, compliquée, éloignée de nos préoccupations ! Une hiérarchie à très forte tendance vieillotte, masculine et célibataire ! Une « empêcheuse de tourner en rond », quelque peu ringarde dans ses prises de position. L’Eglise ? C’est toujours les autres, jamais nous ! Faut-il en rajouter … ? Ou plutôt oser affirmer …

Oui ! Quand on parle de l’Eglise, on oublie de dire qu’elle est là, tout simplement, et qu’elle nous accueille avec nos joies et nos bonheurs, nos questions et nos espoirs, nos épreuves et nos souffrances. On oublie de dire positivement qu’elle n’a plus les fastes d’antan, mais qu’elle en ressemble davantage à son Seigneur, « lui qui, de riche qu’il était, s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté » (St Paul), qu’elle n’a plus son curé à mettre dans chaque village, mais qu’elle a toujours un noyau de baptisés prêts à « mouiller leur maillot » pour Jésus, l’Evangile, sa vie et sa mission.

Oui ! Quand on parle de l’Eglise, on oublie de dire qu’elle ne jugera jamais les personnes mais leur offrira le pardon, qu’elle ne sera jamais complice des décisions qui défigurent la beauté du visage humain, mais dénoncera les situations et les complicités qui réduisent la personne humaine à n’être qu’un objet qu’on utilise et qu’on jette ou dont on définit les commencement et début de l’existence.

Oui ! Quand on parle de l’Eglise, j’ai envie de dire mon bonheur vécu ces derniers temps dans quelques-uns de nos villages, à raison d’une journée par village : arrivée vers 9h30, retour à Cambrai vers 18h00. Entre les deux ? Je me suis laissé faire par deux baptisées (pas forcément les mêmes) qui m’ont conduit vers celles et ceux qui attendaient les cadeaux promis depuis Pâques : les sacrements du Pardon, de l’Eucharistie et de l’Onction des Malades. Cela justifiait bien la visite du prêtre serviteur des sacrements, mais des sacrements donnés par le prêtre « en Eglise », « en famille ».

Tout au long de nos journées, nous avons pu nous dire les uns aux autres « Nous l’Eglise » ; nous, c’est-à-dire et le prêtre, et les accompagnateurs et les bénéficiaires des sacrements, ensemble. Apprenons à ne plus dire « l’Eglise, elle … » à la 3° personne du singulier, mais « Nous l’Eglise … » à la 1° personne du pluriel.

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Bernard DELEU

Curé du diocèse de Cambrai, France

(re)publié: 01/09/2012
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