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Que faut-il penser des neuvaines adressées à tel ou tel saint ?

S’il s’agit par là d’exprimer une volonté de persévérer dans la prière - persévérance à laquelle Jésus nous invite (Lc 18,1-8) -, alors cette pratique peut avoir du sens.

Mais il faut rester vigilant à plusieurs choses :

Tout d’abord s’adresser à un saint pour lui demander, du haut du ciel, son soutien fraternel, c’est bien, mais à condition que cette dévotion ne s’arrête pas en cours de route et qu’elle nous amène bien au Christ. Comme le note le dicton populaire : « Il vaut mieux s’adresser au Bon Dieu qu’à ses saints ! »

Ensuite, le risque est d’attribuer à une formule répétitive un exaucement automatique de la prière. Rien n’est plus anti-chrétien que ces formules de « chaînes de prière » (déposées parfois au fond des églises ou envoyées par courrier de manière courageusement anonyme !) qui garantiraient l’exaucement quasi-magique du seul fait d’avoir été répétées le nombre de fois et de la manière indiqués ! Il est vrai que, si nous faisons confiance à Dieu, nous sommes sûrs que notre prière sera exaucée. Mais c’est au sens où elle nous transformera et pas nécessairement au sens où Dieu nous accordera exactement ce que nous lui demandons et de la manière dont nous le lui demandons !

Quant à la tradition des neuf jours consécutifs, il faut se rappeler qu’autrefois les très grandes fêtes liturgiques duraient... huit jours. Avec la célébration de la veille (vigile), cela faisait neuf. D’où la tradition de neuvaine. Depuis Vatican II, seules les célébrations de Noël et de Pâques se poursuivent « pendant huit jours de suite ».

Dans son désir légitime de persévérer dans la prière, chacun est donc amené à un petit discernement pour d’une part ne pas confondre ses dévotions privées avec les grands cycles liturgiques, d’autre part ne pas laisser troubler son dialogue personnel avec le Seigneur par des pratiques teintées de superstition.

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(re)publié: 01/07/2019
1ère public.: 30/11/2003