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Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre. (Mt 5,39). N’est-ce pas complètement irréaliste ?

Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre. (Mt 5,39) Voilà qui semble irréaliste et même irresponsable !
Sans doute faut-il s’interdire de tirer cette phrase de son contexte pour en faire une consigne précise donnée par Jésus à ses disciples. On voit d’ailleurs que, placé lui-même dans de telles circonstances lors de sa comparution devant le grand prêtre, Jésus ne tend pas l’autre joue, mais demande plutôt des explications à ses bourreaux (cf. Mt 26,67 ; Jn 18,22-23).

Lorsqu’il commente à ses disciples les dix commandements (chapitres 5 et 6 de l’évangile de Matthieu), il est clair que Jésus invite à aller plus loin que « l’œil pour œil, dent pour dent » de l’Ancien Testament, qui constituait déjà un appel à refuser l’escalade de la violence. Ainsi, la stratégie non-violente qui consiste à « ne pas riposter au méchant », à ne pas rendre le mal pour le mal (Rm 12,17.21 ; 1Th 5,15), peut aller jusqu’à poser un geste provocant et désarmant devant le violent. Ici comme ailleurs, Jésus trace une direction ; il ne donne pas de consignes.

Il n’en est pas moins vrai que cette logique a de quoi nous décontenancer, voire nous effrayer, tant elle nous prive de nos armes les plus familières ! Il faut le reconnaître : la voie dans laquelle Jésus engage ses disciples en matière de non-violence comme en matière d’exercice du pouvoir (Mt 23,11), de relations maris et femmes (Mt 19,9-10), de gestion des richesses (Mt 19,24) semble de fait irréaliste... tellement utopique qu’aucun disciple ne pourra prétendre accomplir de telles exigences et être ainsi assuré du salut. N’est-ce pas précisément tout l’intérêt de ces propos provocateurs de Jésus ? « Aux hommes, c’est impossible, mais à Dieu tout est possible ! » (Mt 19,26)

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(re)publié: 01/10/2014
1ère public.: 30/11/2003