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Quel est ce « péché contre l’Esprit » réputé irrémissible ?

Avec des formulations légèrement différentes, les évangiles de Matthieu, Marc et Luc nous rapportent en effet une parole de Jésus relative à un certain « blasphème contre l’Esprit Saint » pour lequel il ne saurait y avoir de rémission (Mt 12,31-32).

Vu le contexte - on accuse Jésus d’opérer ses guérisons par Béelzéboul, le chef des démons -, on peut comprendre ainsi les choses : Dieu peut pardonner à celui qui ne reconnaît pas Jésus et son autorité de « Fils de l’homme », mais il ne peut admettre l’attitude radicale qui consiste à nier l’agir de Dieu en voyant le mal partout, même là où l’Esprit Saint agit avec puissance.

Avec le pape Jean-Paul II, on peut aussi penser que « si Jésus dit que le péché contre l’Esprit Saint ne peut être remis ni en ce monde ni dans l’autre, c’est parce que cette non-rémission est liée, comme à sa cause, à la non-pénitence, c’est-à-dire au refus radical de se convertir » (encyclique L’Esprit Saint dans la vie de l’Eglise et du monde, n° 46).

Tout comme l’idée que l’enfer puisse exister, cette notion d’un péché à tout jamais irrémissible nous heurte. L’une et l’autre semblent en effet difficilement compatibles avec l’idée que nous nous faisons de la bonté de Dieu.

N’est-ce pas pourtant le prix à payer - au moins au niveau de l’expression théologique - si l’on veut maintenir cette affirmation centrale de la théologie catholique selon laquelle Dieu nous a créés libres... y compris de ne pas nous convertir et de vivre sans Lui ?

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(re)publié: 31/10/2019