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On a vu le pape s’engager très fortement contre la guerre en Irak. Ne risque-t-il pas d’être taxé de pacifisme irresponsable ?

Tout en cherchant jusqu’au bout à éviter cette guerre et en dépêchant des émissaires auprès des deux camps, le pape a en effet très clairement dénoncé le caractère illégitime de la guerre qui se préparait et qui, depuis, a éclaté. Il n’était d’ailleurs pas le seul à le faire, puisque toutes les Eglises chrétiennes — à l’exception de l’Eglise baptiste du sud des Etats-Unis - ont exprimé très clairement leur opposition à la guerre préventive menée par la coalition anglo-américaine contre l’Irak.

Ce faisant, le pape ne faisait que mettre en oeuvre l’enseignement traditionnel de l’Eglise catholique concernant la guerre. Celle-ci est toujours une « antique servitude » dont nous prions Dieu de nous libérer (Concile Vatican II, Gaudium et Spes n° 81 § 4), « un drame majeur » (Catéchisme des Evêques de France, n° 589), « une défaite de l’humanité » (Jean-Paul II).

Mais le pape n’est pas naïf et sait bien que, tant qu’il n’existera pas d’autorité internationale compétente et disposant de forces suffisantes pour éviter le recours à la guerre, celle-ci pourra être moralement légitime, à condition de satisfaire aux strictes conditions de la légitime défense (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, n° 2307-2317). Ce n’est pas parce que ces conditions n’étaient manifestement pas réunies lors du déclenchement de ce conflit, qu’il faut à tout jamais exclure le recours à la guerre ! A noter que cet enseignement n’est pas nouveau. Déjà dans un radiomessage du 24 décembre 1948, le pape Pie XII notait que repousser l’adversaire par la force pouvait être non seulement un droit, mais même un devoir : « La solidarité de la famille des peuples interdit [...] de se comporter comme des simples spectateurs dans une attitude d’impassible neutralité. »

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(re)publié: 30/11/2003