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J’hésite à m’accuser en confession de mes colères. Ai-je raison ?

Mt 5,22 ; Col 3,8 ; 1 Jn 3,15 ; Jn 2,13-22

Vous avez raison d’y regarder à deux fois avant d’identifier purement et simplement la colère que vous sentez monter en vous en certaines occasions à un péché dont vous auriez à vous accuser.

Comme toute passion, la colère n’est, en elle-même, ni bonne ni mauvaise. Par définition, on la « subit », elle s’impose à nous, comme la peur, la tristesse ou la joie. Tout dépend donc de ce qu’on en fait !

Il est sûr que si je laisse ce ressenti m’envahir au point de me laisser glisser vers les propos grossiers, la violence verbale ou physique et la méchanceté sous toutes ses formes, il s’agit là bel et bien de péchés qui m’éloignent de Dieu. Cette colère non maîtrisée a des conséquences souvent si graves que saint Paul la cite comme l’un des oripeaux du « vieil homme » dont nous avons à nous dépouiller (Col 3,8), que saint Jean dénonce sa finalité souvent homicide (1 Jn 3,15) et que la théologie morale traditionnelle en avait fait l’un des sept péchés ou plutôt vices capitaux.

Mais la colère peut aussi jouer le rôle de moteur pour lutter contre une injustice, la maladie, remédier à une incompréhension… Elle est alors génératrice de vie, et comme vous le pressentez, il n’y a aucune raison de « s’en accuser en confession », elle sera plutôt propice à rendre grâce.
L’Ecriture n’hésite pas, en ce sens, à évoquer « la colère de Dieu » et, si Jésus lui-même réagit dans le temple de Jérusalem aussi vigoureusement que Jean le raconte (Jn 2,13-22), chacun comprend qu’il puisse y avoir de « saintes colères » !

Avant de demander pardon à Dieu de nos colères, sans doute nous faut-il donc affiner notre examen de conscience en nous interrogeant sur ce qui a provoqué notre colère (une blessure d’amour-propre ou la révolte contre une injustice faite à autrui ?) et, plus encore, sur ce que nous en avons fait.

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André KÉRYGME

Curé de Port Saint Nicolas

(re)publié: 01/07/2020
1ère public.: 01/10/2007