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Pourquoi l’homélie est-elle réservée au prêtre ? Il y a des laïcs qui seraient plus intéressants à écouter !

Tous les prêtres ne sont pas des orateurs, c’est vrai. Il en est même qui peuvent être soporifiques ! Et, par ailleurs, il est des femmes tout à fait capables d’enseigner la théologie, d’animer un groupe biblique, de conduire une récollection ou de prêcher une retraite. Cela est vrai aussi.

Mais, à la messe, qu’attend-on au juste du ministre ordonné (évêque, prêtre ou diacre) lorsqu’il fait l’homélie ? Qu’il capte l’attention de son auditoire et soit performant dans les sept à huit minutes de parole qui lui sont imparties après l’Evangile ? Qu’en s’appuyant sur les textes entendus, il propose une analyse intéressante de l’actualité du monde et de l’Eglise ?

Avec de telles attentes, nous nous condamnons à être souvent déçus !

En réservant l’homélie, pendant la célébration eucharistique, au ministre ordonné agissant « in persona Christi », la norme actuelle de l’Eglise (cf. la Présentation Générale du Missel Romain) entend sans doute se faire l’écho du lien explicite fait par l’évangile entre la prédication et la mission des Douze (Mc 3, 14). Elle nous invite, dans tous les cas, à voir dans la messe non plus d’abord un jeu de pouvoirs entre divers acteurs entrant en concurrence, mais plutôt un acte liturgique qui donne à voir le mystère du Christ et de l’Eglise.

Dans la célébration eucharistique, le Christ se rend présent de plusieurs manières. Avant même d’être présent sous les espèces du pain et du vin consacrés, il l’est par l’assemblée elle-même - « Lorsque 2 ou 3 sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Mt 18, 20) -, sur laquelle sera invoqué l’Esprit Saint : « qu’en ayant part au corps et au sang du Christ, nous soyons rassemblés par l’Esprit Saint en un seul corps ». Il l’est aussi dans la Parole proclamée et actualisée, et c’est là qu’intervient le ministre ordonné.

Même s’il n’est pas nécessairement le plus éloquent ou le plus savant de l’assemblée, le prêtre, dans l’homélie, réalise quelque chose de semblable à ce qu’il fera dans le récit eucharistique : il actualise le mystère célébré, devenant en sa personne, signe du Christ présent par sa Parole au milieu de ses fidèles. Là réside la raison d’être de son ministère, indépendamment de son charisme personnel, et le fondement de la règle liturgique actuelle.

Mais peut-être l’Eglise passera t-elle outre, un jour, à ces considérations hautement spirituelles pour tenir compte des pratiques actuelles qui font que déjà, en certaines occasions, le commentaire de l’Evangile (qu’on n’ose pas qualifier d’homélie mais qui, de fait, en tient lieu) est le fait de laïcs... A moins qu’elle ne change autrement la donne et ne permette des homélies faites au féminin en décidant tout simplement... d’ordonner des femmes !

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André KÉRYGME

Curé de Port Saint Nicolas

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(re)publié: 01/04/2013