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St Paul ne serait-il pas le vrai fondateur du christianisme ?

Il est vrai que, depuis quelques années, dans le dialogue entre juifs et chrétiens, la personne de Jésus semble retrouver sa place : les chrétiens découvrent mieux les racines juives des paroles et du comportement de Jésus et les juifs considèrent plus facilement Jésus comme l’un des leurs. Le point de rupture entre eux alors se déplace, et c’est à Paul, en particulier à son universalisme, qu’on en fait porter la responsabilité.

Il ne faut tout de même pas oublier que tout le Nouveau Testament est centré, avec l’annonce de la Résurrection, sur le rejet, le procès et la crucifixion de Jésus, et non sur le procès de Paul, qui n’a jamais prétendu que faire corps avec son maître.

Quant à son universalisme, Paul n’aurait pas pu devenir l’apôtre des nations païennes, sans rupture avec les premiers disciples de Jésus, si Jésus lui-même n’avait pas ouvert ce chemin : son accueil de la cananéenne, même marqué par une hésitation, ses incursions en pays païen, dans la Décapole, du côté de Tyr et de Sidon, ou sur l’autre rive de la mer de Galilée, son admiration pour la foi du centurion, sa vie offerte « pour la multitude », l’envoi des disciples pour « porter la bonne nouvelle au monde entier » attestaient bien le projet de Dieu d’inclure l’humanité entière dans le Royaume à venir. Et ce fut l’une des causes majeures de son rejet. Paul, ici, n’a rien innové : il s’est laissé conduire par l’Esprit pour porter vers son accomplissement ce qui avait été semé en terre par Jésus.

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Jean-Noël BEZANÇON

Prêtre du diocèse de Créteil.

(re)publié: 01/12/2008