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L’autre dimanche, en allant à la messe dans un petit village de la France profonde, j’ai eu la surprise de voir sortir de la sacristie un prêtre… africain ! Cette situation est-elle en passe de se généraliser ?

Après avoir accueilli, dans les villes surtout, nombre de prêtres étrangers pour des raisons de santé et, plus souvent, d’études, nos évêques ouvrent, en effet, de plus en plus leurs presbyteriums à des prêtres venus d’autres continents et leur confient de réelles charges pastorales. Cet accueil représente, il faut bien le dire, un vrai défi pour tous !

Avec la crise des vocations que nous connaissons, nos évêques peuvent être en effet tentés de « ratisser large » en accueillant dans leur diocèse tous les prêtres qui frappent à leur porte, sans prendre vraiment le temps d’une concertation avec les évêques de leurs diocèses d’origine et sans vérifier que ces prêtres pourront s’intégrer dans la pastorale locale. L’enjeu est pourtant l’unité du presbyterium autour de son évêque et une certaine cohérence pastorale dans un même diocèse.

Pour ces prêtres venus d’ailleurs, la chose n’est pas plus évidente qu’elle ne l’était pour nos missionnaires partis, au XIXème siècle, porter l’Evangile dans des pays, des langues et des cultures radicalement différents des leurs. L’indifférence religieuse, l’absence d’esprit communautaire, le manque de ferveur et de chaleur de nos assemblées dominicales les heurtent souvent. Il leur est très difficile de comprendre certaines de nos réalités comme la laïcité à la française… si difficile même que la plupart des diocèses mettent sur pied à leur intention un temps de formation spécifique.

Grand aussi est le défi pour le clergé diocésain qui doit apprendre à pratiquer ce qui était courant dans la vie religieuse mais qui ne lui était pas familier jusqu’alors, à savoir un brassage de cultures et de nationalités : pas évident de faire équipe ensemble sur le terrain, quand des réalités humaines aussi importantes que la langue maternelle, le rapport au temps, le sens de la famille, la gestion de l’argent ou les habitudes alimentaires sont différentes !

Enfin, votre surprise montre bien que le défi est grand aussi pour l’ensemble du peuple chrétien qui doit résister à toute forme – cachée ou avouée – de racisme ou de xénophobie. Avant d’être Noir, Blanc, Jaune ou Métis, ce prêtre qui sort de la sacristie est un ministre envoyé par l’évêque pour guider notre communauté, l’aiguillon qui nous obligera à vivre un peu mieux la catholicité de notre Eglise et nous rappellera, entre autres choses et par sa seule présence, que l’Evangile n’appartient à aucune culture… pas même à celle de nous autres, « les bons Gaulois » !

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(re)publié: 01/09/2009