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Il paraît que maintenant tous ceux qui sont un peu actifs dans leur paroisse reçoivent une « lettre de mission » de leur curé. Voilà qui semble bien procédurier ! Est-ce bien utile ?

N’exagérons pas ! Là où existe cette pratique d’une « lettre de mission » ou « lettre d’appel » ou encore « mandat de bénévolat », cela ne concerne pas l’immense foule des chrétiens qui font vivre leur paroisse en mettant bénévolement leurs compétences et disponibilités au service de la communauté. Cela ne concerne que quelques-uns d’entre eux, appelés à une responsabilité particulièrement significative pour l’Eglise locale (par exemple les membres des Equipes d’Animation Pastorale ou Paroissiale qui, avec le curé, portent le souci de l’ensemble de la vie paroissiale).
À condition donc de ne pas en abuser et qu’elle ait fait l’objet d’une concertation préalable, celle lettre d’appel ou de mission présente beaucoup d’avantages, et ceci tant pour la paroisse, que pour le curé et que pour l’appelé lui-même...

Elle rappelle d’abord opportunément que, dans l’Eglise, les responsabilités ne se prennent pas, mais qu’elles se reçoivent dans un esprit de service. Cette lettre étant remise dans le cadre liturgique d’une assemblée dominicale, c’est aussi une manière pour l’appelé d’être reconnu dans une mission qu’il ne s’est pas donnée à lui-même (cela lui assure une certaine liberté pour pouvoir ensuite, au titre de la mission reçue, rencontrer ou interpeller d’autres membres de la communauté). En fixant une échéance dans le temps, elle limite le risque bien réel qu’un service ne devienne au fil des années la chasse gardée de tel ou telle et elle oblige à de salutaires renouvellements. La lettre d’appel contient également souvent quelques exigences et modalités de formation, car bénévolat ne doit pas être synonyme d’incompétence !

Pour le curé, c’est une manière de préciser avec l’intéressé ce qu’il attend de ce nouveau collaborateur et avoir une base concrète sur laquelle faire de temps en temps le point. Qui dit en effet responsabilité, dit en même temps rendre des comptes de la mission confiée.

Pour l’appelé, c’est aussi une manière de se protéger et de protéger sa vie de famille contre la tendance spontanée qu’a tout curé normalement constitué d’en réclamer toujours plus ! Certaines lettres d’appel précisent les jours de la semaine, voire les horaires, pendant lesquels s’exercera ce service. Il ne s’agit pas de transformer ces lettres en contrats de travail, mais il n’est pas idiot du tout d’y faire figurer quelques limites.

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André KERYGME

Curé de Port Saint Nicolas

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(re)publié: 30/11/2003