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Les jeunes qui vivent en concubinage avant le mariage (ce qui se fait de plus en plus couramment de nos jours), est-ce approuvé par l’Eglise ?

On ne refait pas l’histoire des jeunes gens qui demandent à se marier à l’église. On essaie de l’accueillir avec la conviction que Dieu nous y a précédés. Au moment où ils viennent préparer leur mariage, il ne sert donc à rien de faire la morale à cet homme et cette femme qui cohabitent depuis plusieurs mois, voire plusieurs années. Il convient plutôt de les aider à s’aimer mieux en mesurant la portée de l’engagement qu’ils prennent et toutes les ressources qui sont les leurs, dès lors que Dieu leur a donné « un coeur capable d’aimer » (bénédiction nuptiale no. 5 dans le rituel du mariage).
Cela ne veut pas dire que nous souhaitions aux jeunes générations de s’engager elles aussi dans la voie de cette cohabitation généralisée que nous pouvons constater dans beaucoup de nos pays occidentaux. Les raisons qui favorisent ce phénomène sont nombreuses et nous n’avons ici ni le temps ni la compétence pour les passer en revue. Elles conditionnent pourtant le jugement moral à porter sur les diverses formes de cohabitation en « union libre » que l’on peut repérer dans la société.

Notons simplement ici que ces diverses cohabitations, qui peuvent être vécues positivement par les jeunes comme des approches successives du partenaire idéal, semblent tout de même trahir un incroyable déficit de paroles, un égoïsme plus ou moins conscient et avoir en commun d’être marquées par une défiance de fond qui ne semble pas le meilleur terreau pour faire grandir l’amour. N’étant pas capables d’exprimer par des mots toutes les nuances des sentiments de l’amitié et de l’amour, beaucoup de jeunes en viennent en effet très vite à utiliser le langage des corps, au risque de le dévaloriser à leurs propres yeux. Se cherchant soi-même à travers l’autre, chacun des cohabitants vit un amour encore très utilitaire et pas franchement désintéressé. Quant à la défiance de fond, c’est d’abord celle envers soi-même : « Je ne suis pas sûr de mes sentiments et de ma capacité à tenir ma parole ».

C’est aussi souvent une défiance envers le partenaire : « M’aime-t-il ou m’aime-t-elle assez pour consentir à s’engager envers moi ? » Une défiance envers la société également : « Notre amour ne regarde que nous ! » L’avenir lui-même fait peur et on cherche à s’en protéger en vivant dans l’instant : « Tout change si vite que s’engager de manière définitive serait de la folie ! Quant aux enfants, à quoi bon en faire si c’est pour qu’ils connaissent le chômage ou la guerre ? »
Pour notre Eglise, une telle défiance ne permet pas de bâtir solidement une relation humaine épanouissante. Elle prépare surtout bien mal des baptisés à célébrer puis vivre, dans le sacrement de mariage, l’amour comme don et même abandon dans la confiance !

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André KERYGME

Curé de Port Saint Nicolas

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(re)publié: 30/11/2003