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Est-il vrai que les évangiles apocryphes contestent l’enseignement officiel de l’Eglise et qu’ils auraient été détruits ou cachés ?

Cette vieille et récurrente théorie du complot assure pour une part le succès du « Da Vinci Code » de Dan Brown. Beaucoup, qui n’ont jamais pris la peine de lire attentivement les évangiles canoniques, s’empressent de faire la promotion d’un livre ou d’un film dès lors qu’il semble avoir un petit goût de mystère ou, mieux, un parfum de scandale. Et chacun d’évoquer avec délectation les frères de Jésus, d’affirmer ses amours avec Marie-Madeleine et, pourquoi pas, un voyage initiatique qu’il aurait fait en Inde... le tout en s’appuyant sur de prétendues révélations apportées par les manuscrits de la mer Morte ou tel évangile non retenu par l’Eglise dans le canon des Ecritures.

En fait, ces évangiles apocryphes n’apportent aucune révélation explosive, ni même aucun fait historique sur la vie de Jésus que nous ne connaissions déjà.

Certains de ces évangiles sont connus depuis fort longtemps et ont pu même exercer une certaine influence sur la représentation chrétienne de Marie. C’est, par exemple, le cas du Protévangile de Jacques, datant probablement du milieu du IIème siècle, qui nous parle de Joachim et Anne, les parents de Marie, et qui nous fait le récit d’une présentation de Marie au temple.

D’autres, plus récemment découverts comme celui dit « de Thomas », nous éclairent sur certaines tendances gnostiques de certains groupes chrétiens des IIème, IIIème et même IVème siècle. Ces documents, d’ailleurs, n’ont fait l’objet d’aucune dissimulation : dès sa découverte, en langue copte, en Egypte, en 1947, l’Evangile de Thomas a été mis à la disposition de tous les chercheurs qui étudient la Bible. On le trouve en entier à la fin de la « synopse des quatre évangiles » publiée par Kurt Aland en 1964.

Mais aucun, parmi ces évangiles dits « apocryphes » - épithète à entendre ici au sens de « non intégrés par l’Eglise dans la liste officielle de ses Saintes Ecritures », ne contredit les données des écrits canoniques. On a plutôt l’impression, en les lisant, d’assister aux pieux efforts de chrétiens bien intentionnés pour combler, par des détails imaginaires et tirant sur le merveilleux, les silences des évangiles canoniques... sur l’enfance de Jésus par exemple.
Même si l’intention semblait louable, l’Eglise a préféré s’en tenir à la sobriété des évangiles. Faut-il le lui reprocher ?

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André KÉRYGME

Curé de Port Saint Nicolas

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(re)publié: 01/11/2005