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Faut-il absolument que le parrain choisi pour le baptême d’un enfant soit baptisé ?

Cela paraît en effet logique.

Peut-on transmettre ce que l’on n’a pas soi-même reçu ? Et existe t-il une seule association qui accepte, pour l’accueil d’un nouveau membre, le parrainage de quelqu’un qui n’en fait pas partie ?
Alors de deux choses l’une : ou bien la personne envisagée pour être parrain ou marraine se reconnaît dans la foi des chrétiens et, dans ce cas, qu’elle commence par demander pour elle-même le baptême ! Ou bien elle ne partage pas la foi des chrétiens, auquel cas elle ne peut bien évidemment pas donner un témoignage de vie ecclésiale et s’engager à aider dans l’éducation chrétienne de l’enfant, ce qui est l’engagement propre des parrains et marraines de baptême.
Mais plus encore qu’une question de logique, c’est une question de respect.

Respect de la personne non-chrétienne que l’on ne peut pas placer en porte-à-faux en lui demandant de dire à l’église des choses qu’elle ne croit pas ou de poser des gestes vides de sens pour elle.
Respect de l’Eglise, de sa foi, de ses paroles et de ses gestes dans la célébration d’un sacrement.

Si donc le curé peut, dans certains cas, admettre un parrain qui n’a pas l’âge requis (seize ans depuis le nouveau code de 1983), il ne lui est pas loisible en revanche d’admettre à cette fonction une personne non-baptisée. Le code de droit canonique précise même que le parrain ou la marraine doit avoir achevé son initiation chrétienne (avoir reçu baptême, confirmation et eucharistie) et mener « une vie cohérente avec la foi et la fonction qu’il va assumer » (canon 874-3).

Dans la pratique, reconnaissons que ces exigences font de plus en plus problème : pour les parents qui ne trouvent pas dans leur entourage proche des chrétiens susceptibles de répondre à ces critères et pour les pasteurs qui hésitent à éteindre la mèche qui fume encore en appliquant le droit de façon trop rigide.
Pour les premiers, la solution serait bien évidemment de s’insérer davantage dans la communauté locale : ils y trouveront en effet quantité de chrétiens aptes à remplir cette fonction et redécouvriront peut-être ainsi que si le baptême est une fête de famille, cette famille est d’abord celle des chrétiens rassemblés en cette paroisse.

Quant aux prêtres et chrétiens en charge de l’accueil et de la préparation au baptême, ils engagent plus qu’eux-mêmes dans les réponses qu’ils donnent sur le terrain pastoral et doivent donc aider les familles à quitter le terrain affectif (« ça lui fait tellement plaisir ! », « c’est quelqu’un qu’on aime beaucoup », « elle serait tellement déçue de ne pas être la marraine »...) pour accéder à la vérité du sacrement, lequel est acte du Christ et de l’Eglise avant d’être événement familial.

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André KÉRYGME

Curé de Port Saint Nicolas

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(re)publié: 30/11/2003