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La Trinité

La Trinité : trop compliqué pour la catéchèse ?

Ce jour-là, comme chaque année, un important établissement d’enseignement catholique réunissait pour une journée de travail celles et ceux qui étaient impliqués dans la catéchèse : des permanents en pastorale, certains enseignants et quelques parents, à la fois pour le primaire, le collège et le lycée. Au programme cette année-là : « La Trinité. Qu’en disons-nous ? Sa place dans l’ensemble de la catéchèse. »

A éviter ?

Au point de départ, dans les groupes, le constat fut assez unanime : « La question n’est pas d’abord : comment faire avec les enfants ? Nous-mêmes, à part quelques souvenirs, assez abstraits, d’une catéchèse ancienne, nous ne sommes pas très au clair sur la Trinité. Alors, avec les enfants et les jeunes, nous avons l’impression que nous n’en parlons presque jamais. Sans doute par prudence. Mais est-ce vraiment indispensable, en particulier avec les tout-petits ? » Un groupe ajoutait : « Alors que les enfants, même dans notre école, sont de plus en plus en contact avec des camarades d’autres religions, est-il opportun d’insister sur la Trinité ? Lorsqu’on a fait, dans une classe, une sorte de fête de Noël devant la crèche, les enfants avaient invité des camarades musulmans, qui ont dit quelque chose sur Jésus. On s’aperçoit qu’on a évité alors de parler de choses comme la Trinité. »

Après ce constat un peu négatif, second temps dans le travail de cette journée : on prit le temps de regarder ensemble les documents de la catéchèse, parcours catéchétiques, livres des enfants, dossiers des animateurs, livrets de préparation aux sacrements. Avec, lors de la mise en commun, l’impression contrastée que la question de la Trinité n’était jamais vraiment abordée pour elle-même, et pourtant qu’on la retrouvait partout. Il est vrai, en effet, que les parcours les plus récents ne prévoient pas une rencontre, une unité ou une séquence sur la Trinité. Ils évitent d’ailleurs ce mot abstrait non évangélique. Mais en fait revient constamment cette question des rapports du Père, du Fils et de l’Esprit, et c’est bien ce que nous appelons la Trinité. Comment, en effet, parler du baptême, le nôtre et celui de Jésus, de la prière, celle de Jésus et la nôtre, de la Pentecôte et de la confirmation, de Jésus poussé par l’Esprit et faisant la volonté du Père, du don de sa vie et de l’eucharistie, et, tout simplement, de l’originalité de la foi chrétienne par rapport au judaïsme, sans parler de cette « Trinité » ?

Point de repère

On s’aperçoit ainsi que l’enseignement traditionnel de l’Eglise sur la Trinité, même pas très bien assimilé, sert bien souvent de point de repère pour les catéchistes devant les hésitations, les questions ou les dérapages toujours possibles. Il arrive par exemple que, dans les échanges, enfants ou adultes s’expriment comme si seul le Père était Dieu, comme si Jésus n’était qu’un homme de Dieu très au-dessus des autres, et l’Esprit, une force, une impulsion, une énergie. Il est important que le catéchiste puisse se référer alors à quelques idées claires : « Non, nous croyons aussi à la divinité du Fils et de l’Esprit. Il y a parfaite égalité dans la Trinité. »

De même - c’est au moins aussi fréquent - , lorsque ayant entendu cette affirmation de la divinité de Jésus un enfant (ou un adulte !) parle de lui en l’identifiant purement et simplement à Dieu, le Père, comme s’il était Dieu en personne venu parmi nous. « Alors Dieu monta dans la barque... », ou « Dieu dit à la Samaritaine... », raconte l’enfant. Là aussi, devant la confusion des personnes, le catéchiste se raccrochera à l’énoncé de la foi trinitaire : trois personnes distinctes, Jésus n’est pas Dieu le Père.

En catéchèse, aussi bien pour les enfants que pour les adultes, la Trinité est moins un point de départ, sorte de vérité insolite qui s’imposerait d’emblée, qu’un point de repère constant pour les catéchistes et une découverte progressive pour les catéchisés. Comme ce fut, nous l’avons vu, la prise de conscience progressive des premières communautés chrétiennes.

Certains catéchistes pourraient avoir l’impression que la Trinité est une invention tardive d’évêques ou de théologiens, un ajout bizarre dont il vaudrait mieux se passer aujourd’hui pour ne pas compliquer le dialogue interreligieux. Il leur faudra découvrir que, en fait, la doctrine trinitaire, c’est la façon dont la communauté chrétienne, prenant conscience de sa foi, de sa prière, de sa rencontre avec Dieu tel qu’il s’est révélé en Jésus, l’explicite dans des mots. Aujourd’hui en catéchèse, comme à l’origine pour les premiers chrétiens, la Trinité ne devrait donc pas apparaître comme un dogme supplémentaire, mais comme la découverte progressive que l’unité du Père, du Fils et du Saint-Esprit commande en fait notre prière, notre liturgie, la célébration de nos sacrements : Dieu tel qu’il se donne à nous, relation, communion, alliance, partage, c’est bien Dieu tel qu’il est.

Déjà là

C’est pourquoi, alors que beaucoup de catéchistes sont peu à l’aise à l’idée de devoir aborder un tel sujet, comme si justement la Trinité était un « sujet » de catéchèse, les parcours proposés mettent en évidence tout le « déjà là » de la Trinité dans la prière et la vie des enfants.

Plusieurs partent tout simplement, comme nous l’avons fait, du signe de la croix, d’abord symbole du Christ devenu ensuite, par l’adjonction des paroles du baptême, expression de la Trinité. L’enfant apprend à dire le nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit en touchant successivement son front, son coeur et ses deux épaules, comme pour évangéliser tout son corps, tout son être. Ce signe de la croix résume, récapitule tout le credo, faisant mémoire à la fois de la passion de Jésus et du baptême qui nous la fait revivre.

Ainsi une catéchèse de la Trinité pourrait être simple-ment le commentaire de la prière chrétienne et de la liturgie. En feuilletant ensemble les documents de la catéchèse, livres, cahiers, journal de bord de l’équipe, fascicules pour la préparation des sacrements, un groupe d’enfants peut découvrir que les prières sont adressées habituellement à Dieu, le Père, comme la prière de Jésus, mais aussi parfois au Fils ou au Saint-Esprit.

Bien souvent, d’ailleurs, la prière spontanée des enfants s’adresse à Jésus : « Toi qui t’es invité chez Zachée, tu viens aujourd’hui chez nous. » Et on peut leur apprendre à prier aussi le Saint-Esprit. Alors, par la suite, en prendre conscience, c’est, de façon très concrète et existentielle, découvrir ce que la tradition appelle la personnalité et la divinité du Fils et de l’Esprit : si on leur parle ainsi, c’est bien qu’ils sont quelqu’un, et quelqu’un qui est Dieu. Encore faut-il que la catéchèse souligne tout à la fois la distinction des personnes et les liens qui les unissent.

Pour des enfants, mais plus encore pour des adultes, en particulier pour des catéchumènes se préparant au baptême, la catéchèse fait peu à peu découvrir que la prière chrétienne par excellence est celle qui ne se contente pas de juxtaposer ainsi les personnes pour s’adresser à l’une ou à l’autre, mais la prière qui les articule : faisant corps avec Jésus, comme si nous nous prenions un peu pour lui, nous laissant investir par son Esprit, nous osons reprendre la prière du Fils unique en son Incarnation et, « par lui, avec lui et en lui », nous nous tournons vers le Père. Cette prière, nous l’avons vu, n’est pas adressée à la Trinité, mais elle est trinitaire, adressée au Père, par et avec le Fils, dans l’Esprit. Ainsi en est-il de la prière eucharistique, mais aussi du moindre Notre Père : ils sont donc le centre vital de la catéchèse qui fait prendre conscience que prier chrétiennement, c’est prier trinitairement. La conclusion de nos oraisons, « par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur... dans l’unité du Saint-Esprit », au lieu d’apparaître comme une simple ritournelle, pourrait avoir une grande importance catéchétique : elle exprime le dynamisme original de la prière chrétienne dont Dieu n’est pas seulement le destinataire mais la source. Elle atteste ce Dieu relation, communion, qui, en quelque sorte, prie en nous, à travers nous. La prière, c’est le mouvement de l’amour trinitaire qui nous traverse, nous mobilise et nous entraîne, et, par le fait même, nous transfigure et nous reconstruit.

Le Christ au centre

Dans l’extraordinaire renouvellement de la catéchèse, qui a commencé en France vers 1950 avec les pères Colomb et Coudreau et la fondation de l’Institut catéchétique, l’une des intuitions majeures, confirmée ensuite par les directives épiscopales et le synode romain de 1977, fut le « christocentrisme » : le Christ au centre de la catéchèse, parce qu’il est le centre de la foi, l’unique accès à la pleine connaissance de Dieu.

Succédant à une catéchèse un peu déiste, dont le principal souci apologétique avait été d’attester l’existence de Dieu pour lutter contre l’athéisme alors envahissant, la catéchèse en vint de plus en plus clairement à insister sur l’originalité de la foi chrétienne, Jésus révélateur du Père.

On peut dire aussi que dans la catéchèse antérieure à 1960, telle qu’elle apparaît dans le Catéchisme des diocèses de France de 1947, le Christ est au milieu sans être véritablement le centre. Il est au milieu au sens où, dans l’année scolaire, on en parle à mi-parcours : après avoir parlé de la Création, du péché originel et de l’histoire sainte du peuple d’Israël, on en vient à Jésus, en suivant l’année liturgique, au second trimestre de l’année scolaire, de Noël à Pâques, de sa naissance à sa mort et à sa résurrection. Mais il n’est pas le centre dans la mesure où il n’est pas question de lui dans les premiers chapitres : il n’apporte aucune lumière sur la création ou sur l’origine de l’homme. De même, dans la troisième partie de ce catéchisme, au troisième trimestre, on n’a guère besoin de lui pour l’enseignement de la morale, qui reste le commentaire des commandements de Dieu donnés par l’Ancien Testament. Jésus n’apparaît ici que comme un épisode second de l’histoire du salut. Il n’est que le réparateur, intervenant dans un second temps, un plan de secours dont on pourrait penser que Dieu aurait préféré se passer.

Dans la plupart des catéchèses récentes, au contraire, le Christ est bien au centre et éclaire tout le parcours. On retrouve quelque chose de la contemplation de Paul, lorsqu’il chante que le Christ, « premier-né d’entre les morts », est d’abord le « premier-né de toutes créatures », en qui, vers qui, pour qui tout a été prévu, voulu, créé par Dieu dès l’origine (voir Col 1,15-20). Dans Pierres vivantes, le recueil de documents préparé par les évêques de France pour la catéchèse (1), le texte de la Genèse sur la Création est précédé et éclairé par la grande bénédiction qui ouvre l’épître aux éphésiens : Béni soit Dieu, le Père de Jésus, qui, dès avant la création du monde, avait déjà décidé que nous serions un jour ses fils en Jésus et par lui (voir Ep 1,3-14). Donc non pas un Christ occasionnel, accidentel, dont l’intervention ne serait liée qu’à l’épisode du péché, mais le point de départ et le point culminant, le principe et le but, l’alpha et l’oméga, du projet de Dieu sur l’humanité : le projet de faire de nous des fils de Dieu quoi qu’il arrive. Ce n’est pas simplement parce que nous sommes pécheurs, récalcitrants à son amour, que Dieu, en Jésus, vient nous chercher. Mais malgré notre péché, jusque dans notre péché, Dieu persiste dans son projet, originel, plus originel encore que notre péché, de faire de nous ses fils par Jésus et avec lui. Comme l’enseignait déjà saint Maxime le Confesseur en parlant de Jésus ressuscité : « C’est les yeux tournés vers lui que Dieu a tout appelé à l’existence. »

Dans sa relation au Père

Lorsque, dans la catéchèse des enfants, on parle de Jésus, de sa vie, de sa naissance, de ses gestes de guérison et de son message, de son procès, de sa mort, et surtout de sa résurrection, très vite vient la question de son identité : « Qui est-il donc en vérité ? » Question que se posaient déjà ses disciples, stupéfaits que la mer et le vent lui obéissent, ou qu’il se permette de pardonner les péchés.

Il ne suffit pas alors de répéter que Jésus est Dieu pour expliquer l’origine de ce pouvoir, de cette audace. La référence à la « nature divine » de Jésus, traditionnelle depuis les controverses et les grands conciles des IVe et Ve siècles, est mal perçue quand on y voit seulement l’ajout d’un pouvoir divin exorbitant sur les épaules d’un homme comme nous. Ou, pis encore, lorsque l’affirmation de cette nature divine conduit à identifier Jésus à son Père, comme s’il était lui-même le « Bon Dieu » en personne sur les chemins de Palestine. Nous l’avons vu, la nature divine de Jésus, c’est d’abord sa relation au Père, relation filiale, tout à la fois d’origine, de proximité, de communion, au point que Jésus peut dire : « Moi et le Père nous sommes un » (Jn 10,30), un d’une unité absolument inimaginable pour nous, sans pour autant que Jésus se prenne pour le Père.

Il est très important, dans la catéchèse, de ne jamais s’écarter d’une expression trinitaire, relationnelle, de la divinité de Jésus : ne jamais le dire Dieu sans, en même temps, ou aussitôt après, le dire Fils. De même, ne pas le dire Fils sans le dire Dieu, pour ne pas risquer d’en faire seulement le plus grand des envoyés de Dieu, l’homme le plus proche de Dieu.

C’est comme Fils, en tant que Fils, sortant du Père et tendu vers lui, que Jésus est Dieu. Il n’est pas Dieu en personne, la personne du Père, il n’est pas Dieu à la place du Père ou en s’identifiant à lui. Mais il est tellement Fils, tellement un avec le Père, qu’il est Dieu comme Dieu et avec lui, « Dieu né de Dieu ». Il est absolument un en Dieu, mais aussi à côté de lui, comme en face de lui, dans cette distinction qui permet l’amour, le partage, la communion. Comme nous l’avons vu à propos de l’amour humain, loin d’abolir l’unité, la distinction est la condition de possibilité de la communion.

Revenir à l’évangile

La catéchèse n’a donc pas à s’embarquer dans des spéculations abstraites, sur le un et le trois, sur la nature et la personne, qui laisseraient penser aux enfants ou aux adultes catéchisés que Dieu est bizarre. La simple relecture des scènes de l’évangile et des paroles de Jésus suffit à manifester ces relations du Père, du Fils et de l’Esprit. Celui qui regarde Jésus en prière, celui qui médite, avec l’un des évangélistes, la manifestation, l’épiphanie, sur les bords du Jourdain, après le baptême de Jésus, perçoit tout à la fois que Jésus ne s’identifie pas au Père et qu’il est totalement un avec lui.

C’est vrai singulièrement du mystère pascal, la mort de Jésus, sa résurrection et le don de l’Esprit qui en surgit. Nous l’avons vu, le signe de la croix nous le rappelle constamment, avec le geste de la croix lié aux paroles trinitaires du baptême.

Hors de cette référence au Père et à l’Esprit, on ne saurait rien comprendre de Jésus, de son projet, de son message, de son identité. La catéchèse des évangélistes, particulière-ment l’évangile selon Jean, sont très explicites sur ce point et demeurent le modèle et la source de toute catéchèse sur Jésus. « Je suis sorti du Père et venu dans le monde ; maintenant je quitte le monde et je vais au Père » (Jn 16,28). Toute catéchèse qui prétendrait que cette référence au Père est trop compliquée pour de jeunes enfants et qu’il est nécessaire d’attendre quelques années avant de leur parler de la relation de Jésus à son Père et de sa divinité, et a fortiori pour parler du Saint-Esprit, se condamnerait, en présentant ainsi un Christ « orphelin », à ne rien comprendre de ce que fait Jésus et de ce qu’il est.

Pâques dit la Trinité

Chaque fois que Jésus est sommé de s’expliquer sur son comportement déroutant, sur les gestes qu’il fait pour remettre debout, sur les paroles qu’il profère avec autorité, il renvoie à cet Autre dont il se veut le mandataire : il n’est pas là en son propre nom, à son propre compte, mais les gestes qu’il fait, les paroles qu’il donne, ce sont les gestes et les paroles de celui qui l’envoie (voir Jn 5,19-21 ;7,16). Au point que les évangélistes ont lu sa mort elle-même, sa mise à mort, comme signe de sa fidélité à l’oeuvre de Dieu, de sa consécration au Père. La mort de Jésus, crime suprême de ceux qui ont voulu le supprimer comme ils avaient voulu faire taire les prophètes avant lui (voir Mc 12,1-12), devient consécration, sacrifice, don de soi au Père, quand on la regarde dans la logique de la relation de Jésus à celui d’où il vient et vers lequel il va. La mort de Jésus cesse de n’être envisagée que du point de vue de ceux qui le mettent à mort, pour apparaître comme l’acte filial par lequel Jésus, au terme d’une vie tout entière consacrée au Père et à ses frères, s’en remet totalement de sa vie, de son honneur, mais aussi de sa mission apparemment inachevée, entre les mains de Dieu, son Père.

C’est bien pourquoi (« C’est pourquoi », chante l’hymne de l’épître aux Philippiens, 2,9) la résurrection de Jésus, son exaltation, apparaît alors comme la réponse paternelle de Dieu au geste filial de la mort de Jésus, de son amour jusqu’à la mort. Ce qui aurait pu n’être compris que comme le drame d’un prophète rejeté, après bien d’autres, devient la manifestation de la glorification réciproque du Père et du Fils. Par le don de sa vie, dans sa mort, Jésus rend gloire à Dieu. Par le don de sa vie, en le ressuscitant, le Père rend gloire à son Fils. « Père, glorifie ton Fils afin que ton Fils te glorifie », demande Jésus dans sa prière sacerdotale, sacrificielle, première prière eucharistique (Jn 17,1).

Dans les plus anciennes catéchèses du Nouveau Testa-ment, telles que semblent nous les avoir conservées les grands discours de Pierre et de Paul dans les Actes des apôtres, la résurrection de Jésus est toujours présentée comme un acte de Dieu, une initiative du Père : les habitants de Jérusalem et leurs chefs ont mis à mort Jésus en le livrant à Pilate, mais Dieu, lui, l’a ressuscité (voir Ac 2,23-24 ; ou 13,28-30). C’est même là qu’apparaît au plus haut point la paternité de Dieu telle qu’elle avait été entrevue dans la première alliance : « La promesse faite aux pères, Dieu l’a pleinement accomplie à l’égard de nous, leurs enfants, quand il a ressuscité Jésus, comme il est écrit au psaume second, Tu es mon Fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré » (Ac 13,32-33, citant Ps 2,7). De même que la croix manifestait la fidélité filiale de Jésus, sa résurrection est la manifestation de la paternité de Dieu. Le mystère pascal dit la Trinité. Il est bien le centre de la catéchèse.

Et le Saint-Esprit ?

« C’est vrai que nous n’en parlons pas souvent », avouent les catéchistes avec une certaine mauvaise conscience. Mais pourquoi ne pas commencer par reconnaître, déjà dans l’écriture et tout au long de la tradition de l’église, une certaine discrétion du Saint-Esprit ? Jamais il ne se met lui-même en avant. Il semble n’être là que pour témoigner du Père et du Fils, nous faire prier « Abba, Père » (Rm 8,15) et nous faire proclamer « Jésus Seigneur » (1 Co 12,3). Tout se passe comme s’il s’effaçait pour leur faire place.

Il y a d’ailleurs là, peut-être, un chemin, une ouverture, vers la découverte du mystère trinitaire, comme mystère d’effacement et d’extase mutuelle, où chacun ne semble soucieux que de mettre en avant les deux autres. Un peu comme dans certaines familles particulièrement unies, au moins dans de grandes occasions, on voit chacun rempli d’admiration pour les autres et avant tout soucieux de s’effacer pour les mettre en valeur. Le Père, Jean l’atteste (1,18), « nul jamais ne l’a vu », et il ne se manifeste que par l’oeuvre de ses « deux mains », comme dit Irénée, le Fils et l’Esprit. Et le Fils, Jésus, ne passe pas son temps à proclamer « Je suis le Fils de Dieu » et à essayer de prouver sa divinité : il n’est là que pour témoigner du Père, de sa miséricorde pour tous, et pour nous donner l’Esprit qui nous en fera vivre. C’est dans la même logique, une logique de « kénose », diraient ceux qui aiment les grands mots, en reprenant le mot grec par lequel l’hymne de l’épître aux Philippiens exprime le sacrifice de Jésus (Ph 2,7), que le Saint-Esprit est tout entier au service de la révélation du Père et du Fils.

Au commencement de tout

C’est un fait que beaucoup de chrétiens mettent du temps à découvrir le Saint-Esprit, et ce n’est pas surprenant. Saint Grégoire de Naziance, l’un des grands évêques catéchètes du IVe siècle, à l’époque où l’église mettait au point, dans ses conciles, une expression plus précise et plus rigoureuse de la foi, faisait remarquer la pédagogie de Dieu dans la révélation progressive de la Trinité : « L’Ancien Testament a clairement annoncé le Père, et le Fils de manière obscure. Le Nouveau a révélé le Fils et fait entrevoir la divinité de l’Esprit. Maintenant, l’Esprit habite parmi nous et se manifeste plus clairement. Quand la divinité du Père n’était pas encore connue, il n’aurait pas été prudent d’annoncer ouvertement celle du Fils ; et quand la divinité du Fils n’était pas encore admise, il ne fallait pas imposer, si j’ose dire, un nouveau poids aux hommes en leur parlant de l’Esprit Saint... Il fallait s’avancer de clarté en clarté, par des progrès et des poussées toujours plus brillantes, pour voir luire la lumière de la Trinité (2). »

Cette même progressivité se retrouve dans l’itinéraire spirituel de beaucoup de chrétiens, qui ne prennent que tardivement conscience de l’existence et de l’importance de l’Esprit. Beaucoup découvrent le Saint-Esprit comme en se retournant pour relire, après coup, un moment important de leur existence. Ce peut être un adulte lors de son baptême, après des années de cheminement, ou un couple lors d’un anniversaire de mariage, ou tout simplement quelqu’un qui, lors d’une retraite spirituelle, prend le temps de relire sa vie pour y discerner l’oeuvre de Dieu. Les uns et les autres, paraphrasant Jacob à Béthel (Gn 28,16), s’écrient alors : « Le Saint-Esprit était là et je ne le savais pas ! »

Là est le paradoxe de l’Esprit, dont la catéchèse devra tenir compte : il est de tous les commencements, et on ne le découvre qu’au terme. Il est là dès le début, et on ne s’en aperçoit qu’à la fin. « Au commencement était l’Esprit », pourrait-on dire, en transposant pour la troisième personne ce que Jean proclame du Fils. L’Esprit est bien au commencement de la création, comme une première Pentecôte, là où la Genèse l’évoque comme un grand oiseau couvant les eaux primordiales afin que la vie y surgisse : « L’esprit de Dieu planait sur les eaux » (Gn 1,2). Il est au commencement de la nouvelle alliance, lors de l’annonce faite à Marie, venant sur elle afin que, nouvelle création, le Christ prenne corps dans notre histoire : « L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint et sera appelé Fils de Dieu » (Lc 1,35). Et l’Esprit est au commencement de l’église, à la Pentecôte, venant sur l’église comme il était venu sur Marie, afin que par l’église, sa mission et ses sacrements, la présence et l’action du Christ se perpétuent de siècles en siècles.

Il n’y a donc pas de catéchèse de la Trinité sans une catéchèse de l’Esprit, qui ne consiste pas à ajouter un troisième à ce qui est déjà dit du Père et du Fils, mais à prendre conscience de la présence et de l’action du Saint-Esprit, dès le commencement, en toute catéchèse, en tout itinéraire de foi.

En parler comme de quelqu’un

La vraie difficulté en catéchèse, c’est de faire percevoir le Saint-Esprit comme quelqu’un. Partant de l’action de l’Esprit en nous et dans le monde, nous en parlons facile-ment comme d’une force, d’un élan, d’un dynamisme. Viennent habituellement les images et les symboles de l’Ancien Testament : un souffle, un feu, une eau qui désaltère. Mais bien souvent, même dans des homélies de confirmation, on en reste là.

La catéchèse la plus explicite et la plus complète que nous ayons dans le Nouveau Testament sur l’Esprit, au-delà du très beau chapitre 8 de l’épître aux Romains, qui ne parle que de l’oeuvre de l’Esprit, est sans doute le discours d’adieu de Jésus dans l’évangile de Jean, le discours après la Cène, juste avant l’arrestation. L’évangéliste y présente sous la forme d’un testament les dernières consignes de Jésus à ses disciples. Et à quatre reprises, dans ces chapitres 14, 15 et 16 de Jean, revient le thème de l’Esprit. Ce que Jésus dit alors de l’Esprit ne peut pas seulement être dit d’une force, d’un dynamisme. Il en parle tellement comme de quelqu’un, en lui attribuant des actions personnelles : l’Esprit entend, il parle, il communique, il témoigne, il enseigne, il rappelle. Il n’est pas seulement envoyé, il vient. Jésus l’appelle « l’autre paraclet » : il est auprès de nous comme un défenseur, un soutien, un témoin. Et en disant « l’autre » paraclet, Jésus suggère qu’il est, lui, Jésus, le premier, comme d’ailleurs Jean le rappellera aux premières communautés : « Nous avons un défenseur (paracletos) devant le Père, Jésus Christ » (1 Jn 2,1). Cette analogie, cette symétrie, entre les deux « paraclets », manifeste que la communauté de saint Jean avait bien perçu la personnalité de l’Esprit.

Dans une catéchèse aujourd’hui, le Saint-Esprit pourra, de la même façon, être reconnu comme une personne, la troisième personne, si, en parlant de son oeuvre, on lui attribue ainsi des actions personnelles, et si, dans la prière, comme nous l’avons vu, on s’adresse aussi à lui comme à quelqu’un. Même avec des enfants très jeunes peuvent inter-venir, par touches successives, des expressions du genre : « Prenons maintenant quelques instants pour demander au Saint-Esprit qu’il nous éclaire. » Une catéchèse plus théorique, nécessairement plus abstraite, sur la Trinité peut ne venir qu’ensuite, comme un commentaire de ces premières prières.

Ne coupez pas !

Ainsi, faisant ensemble le point au terme d’une année, des catéchistes pourraient très bien constater que, peut-être sans jamais avoir utilisé le mot Trinité, en fait, ils ont constamment parlé du Père, du Fils et de l’Esprit. Le vrai risque serait d’en parler de façon séparée, différant par exemple, pour des raisons faussement pédagogiques, l’annonce du Père ou de l’Esprit.

Il est important de vérifier régulièrement notre insistance sur le lien entre les trois. Il n’est pas pensable de parler longuement de Jésus sans qu’à un moment ou à un autre on fasse mention du Père qui l’envoie et auquel il se réfère sans cesse. Ce serait fausser la perspective que de parler longue-ment du Saint-Esprit et de son oeuvre sans dire et redire que c’est l’Esprit de Jésus, et non je ne sais quelle force impersonnelle. Et parler de Dieu, de sa puissance créatrice, sans mentionner, au moins au passage, qu’il est le Père de Jésus et qu’il vit en nos coeurs par son Esprit ne serait pas chrétien.

Bien sûr, on ne peut pas parler de tout en même temps à chaque rencontre de catéchèse : il y a des parcours, des programmes, des pédagogies successives. Mais, dans ces itinéraires, la Trinité ne saurait être une étape, un moment, même un point culminant. L’annonce de l’amour du Père, du Fils et de l’Esprit, amour qui tout à la fois les unit et nous invite, ne peut être que le fil directeur de la catéchèse, même pour de très jeunes enfants.
Tous les Trois dans tous les sacrements

C’est particulièrement important pour l’initiation aux sacrements, où trop souvent nous sommes tentés de distinguer au point de séparer. Spontanément, nous parlons du Père à propos du baptême ou du sacrement de réconciliation : c’est lui qui accueille, qui fait vivre ses enfants (le baptême nous fait « enfants de Dieu et de l’église »), c’est lui qui nous fait revivre par son pardon, lui « le Père prodigue ». Assez facilement, aussi, nous faisons de l’eucharistie le sacrement de notre communion au Christ, et de la confirmation le sacrement du Saint-Esprit. Tout se passe-rait alors comme si chacune des trois personnes avait ses sacrements.

Or, nous avons déjà souligné la structure trinitaire du baptême et de l’eucharistie. Dans chaque sacrement, chacune des trois personnes est impliquée. En particulier, l’action de l’Esprit Saint ne se limite pas à la confirmation. Le baptisé déjà reçoit le Saint-Esprit, l’Esprit du Christ qui le fait enfantde Dieu, tout tourné vers le Père. Il le recevra de nouveau tout au long de sa vie, à chaque fois dans une situation particulière, pour une mission spécifique. A la confirmation, l’Esprit vient sur le baptisé, souvent à l’aube de l’âge adulte, pour qu’il devienne pleinement partie prenante de la vie de l’Eglise et de sa mission. Dans le sacre-ment du pardon ou l’onction des malades, c’est bien la force de l’Esprit que l’homme reçoit dans sa faiblesse et jusque dans son péché, comme une puissance de résurrection. C’est le même Esprit qui fait du couple chrétien, dans le sacrement de mariage, le signe tangible de la fidélité de Dieu dans son amour définitivement offert à l’humanité. C’est l’Esprit donné par Jésus à ses apôtres, Esprit déjà communiqué par Moïse aux anciens en Israël, qui, dans l’ordination, par l’imposition des mains, est donné aux évêques, aux prêtres et aux diacres pour qu’ils servent l’église et l’humanité à l’image du Christ Pasteur et Serviteur. Et celui qui, au nom du Christ, préside l’eucharistie, appelle la venue de l’Esprit sur le pain et le vin, puis sur la communauté tout entière, de telle sorte que, dans la communion, tous soient indissolublement remplis de l’amour du Père, assimilés au Christ et abreuvés du Saint-Esprit. « Nous viendrons en lui, et nous ferons en lui notre demeure », avait dit Jésus, au pluriel, en parlant du croyant (Jn 14,23).

Tout sacrement est don de Dieu, initiative du Père qui, par son Esprit, nous configure davantage au Christ, pour que nous soyons sa présence, son visage, son corps, son église, pour la vie du monde. Tout sacrement prolonge et actualise ainsi l’Incarnation, cette Incarnation du Fils qui est bien l’oeuvre commune du Père, du Fils et de l’Esprit. La catéchèse ne devrait jamais dissocier cette oeuvre commune, où Dieu, dans ce qu’il fait pour nous, laisse entrevoir qui il est : relation, communion, avec le Fils et l’Esprit.

C’est pourquoi, lorsque, pour marquer un moment fort dans la vie d’un jeune, étape vers le baptême, ou première profession de foi pour ceux qui ont été baptisés dans l’enfance, ou même affirmation de la foi lors de la célébration de la confirmation, enfants ou jeunes sont invités non seulement à reprendre les mots du credo transmis par la tradition, mais aussi à exprimer leur foi de façon plus personnelle, avec leurs mots à eux, il est important de veiller à ce que cette expression intègre quelque chose de la foi trinitaire de l’église. Bien sûr, il faut respecter les étapes, les délais, le cheminement de chacun à son rythme, mais il faut rester conscient que s’en tenir à « Je crois que Dieu a créé le monde et qu’il aime tous les hommes », ou « Je crois que Jésus sera toujours avec moi » n’est pas encore l’expression de toute la richesse de la foi chrétienne dans ce qu’elle a d’original, telle qu’elle nous est transmise depuis vingt siècles pour que nous en vivions. Il est important que, jusque dans l’expression personnelle de leur foi, des jeunes, par exemple des élèves de 5e lors de leur profession de foi, soient invités à faire référence au Père, au Fils et à l’Esprit.

A quoi ça sert ?

Et c’est là que la catéchèse retrouve nécessairement la question de l’enjeu. Parler du Père, du Fils et du Saint-Esprit à de jeunes enfants ou à des catéchumènes adultes n’a pas grand sens si c’est simplement pour s’attirer la réflexion : « Ouh la la ! que c’est compliqué ! » L’idéal, évidemment, serait que l’un ou l’autre en vienne à s’écrier : « Que c’est beau ! » C’est bien pourquoi la catéchèse de la Trinité devrait passer de façon privilégiée, comme c’est le cas en Orient, par les célébrations liturgiques et aussi, nous allons y revenir, par l’image et l’icône, à condition bien sûr que les unes et les autres soient belles.

Mais il est aussi possible et nécessaire de suggérer, dans la catéchèse, que cette vérité de la Trinité n’est pas sans rapport ni sans incidence sur notre vie quotidienne. Saint Augustin, et beaucoup d’autres à sa suite, ont cherché à mettre en évidence des liens, des ressemblances, des comparaisons possibles entre la Trinité et la vie de l’homme, sa psychologie, sa vie de relations. Ce n’est pas arbitraire puisque nous savons l’homme à l’image de Dieu.

Dans une catéchèse, même avec de jeunes enfants, il faut pouvoir dire que Dieu n’est pas solitaire. L’enfant connaît bien et le partage et la solitude. Il en fait très tôt l’expérience dans sa famille, à l’école, dans ses jeux. Il sait ce qu’il en coûte de vouloir partager, mais il a encore plus peur de rester tout seul. L’admiration mutuelle, la joie d’agir et de réussir ensemble, la communion dans la fête, l’acceptation de s’effacer un peu pour mettre l’autre en valeur, l’enfant connaît. Il s’intéresse, au moins à la télévision, au football ou à un autre sport d’équipe. Le paradoxe, c’est que, lorsque, sur le terrain, un copain lui crie « personnel ! », c’est juste-ment pour lui reprocher de vouloir se mettre en valeur en essayant de marquer un but tout seul. Pas simple ensuite de lui faire comprendre que la personne, la vraie, c’est le contraire de l’individualisme !

L’enfant perçoit très bien que, lorsqu’on s’aime, on voudrait ne faire qu’un. C’est le rêve des amis, le désir des amoureux. C’est aussi la maman qui serre contre elle son tout-petit, la chair de sa chair, comme si elle allait le croquer. Mais l’enfant peut aussi comprendre qu’il n’est pas le clone de sa mère, et que l’amitié, l’amour, n’est pas fusion, confusion : chacun doit rester lui-même, devenir lui-même, pour que la rencontre soit enrichissante.

Éclairante, la Trinité !

La révélation de la Trinité doit donc l’éclairer sur ce dynamisme de communion, d’union sans confusion, dont il pressent, plus ou moins confusément, le désir en lui. Mais en même temps cette expérience fondamentale que pour être véritablement un il faut être plusieurs, si on lui permet de la dire, de l’expliciter, peut lui être une approche moins abstraite, plus existentielle, de la Trinité. L’enfant peut entrevoir d’abord que cela n’est pas absurde, puis que c’est beau, comme l’amour est beau, et enfin que c’est vrai, non seulement parce que Jésus l’a dit et que l’Eglise l’a toujours enseigné, mais surtout parce que cela correspond bien à quelque chose qui est vital pour nous.

Alors, trop compliquée pour la catéchèse, la Trinité ? Certainement pas. Ce sont nos expressions qui le sont, inévitablement. Ce qu’il nous faut parvenir à suggérer, le chemin qu’il nous faut ouvrir, c’est qu’en fait la Trinité, comme tout mystère, dont c’est d’ailleurs la définition, est éclairante. Avec une sorte de réciprocité : certaines expériences humaines fortes, et la plus forte est celle de l’amour, peuvent nous aider à entrevoir quelque chose de la lumière trinitaire, et, en retour, ce que nous entrevoyons alors est singulièrement éclairant, et exigeant, pour l’amour que nous essayons de vivre.

Telle est l’une des principales clés de la catéchèse : toute révélation sur Dieu, à moins d’être une vaine curiosité, est toujours lumière sur nous-mêmes et notre vocation, et tout approfondissement de ce qui nous fait vraiment vivre est toujours chemin vers la révélation de Dieu.

 
Jean-Noël BEZANÇON

Curé des paroisses St Nicolas et Ste Marie aux Fleurs de Saint-Maur-des-Fossés (diocèse de Créteil), décédé en 2014.
Auteur de plusieurs ouvrages, dont « Dieu n’est pas bizarre » (Bayard-Editions-Centurion, Paris, 1996), « Dieu n’est pas solitaire. La Trinité dans la vie des chrétiens » (Desclée de Brouwer, 1999) et, développant cet article, « La messe de tout le monde. Sans secret, ni sacré, ni ségrégation. » (Paris, Cerf, 2010).

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Jean-Noël BEZANÇON

Curé des paroisses St Nicolas et Ste Marie aux Fleurs de Saint-Maur-des-Fossés (diocèse de Créteil), décédé en 2014.
Auteur de plusieurs ouvrages, dont « Dieu n’est pas bizarre » (Bayard-Editions-Centurion, Paris, 1996), « Dieu n’est pas solitaire. La Trinité dans la vie des chrétiens » (Desclée de Brouwer, 1999) et, développant cet article, « La messe de tout le monde. Sans secret, ni sacré, ni ségrégation. » (Paris, Cerf, 2010).

Info

© Desclée de Brower, Paris, France
« Dieu n’est pas solitaire », pages 135-153
1999

(re)publié: 01/06/2007