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9 août - Edith Stein (1891-1942)

Edith Stein naît à Breslau le 12 octobre 1891, le jour de Yom Kippour (fête de l’expiation), la dernière de 11 enfants de parents juifs. Son père tient un petit commerce de bois au bord de la faillite. Il ne reviendra pas d’une forêt qu’il visitait, par suite d’une insolation. Edith avait deux ans. Sa mère reprend l’affaire et la rendra florissante. Après le lycée, elle s’inscrit à l’université de sa ville puis à celle Göttingen en laquelle professe Edmond Husserl, juif converti au protestantisme, fondateur de la phénoménologie (étude de l’expérience vécue) dont elle deviendra l’assistante. Elle obtient la licence de littérature et de philosophie. En 1915, elle s’engage dans une unité de soins de la Croix Rouge pour soigner les blessés de la guerre contagieux et à sa fermeture, enseigne au lycée de sa ville.

Jusque-là athée, elle découvre en 1917 la foi chrétienne en voyant son amie, Anna Reinach, convertie au protestantisme, vivre dans la foi le deuil de son mari tombé à la guerre. Après la lecture de l’autobiographie de Thérèse d’Avila trouvée dans la bibliothèque de son amie, des Exercices Spirituels d’Ignace de Loyola, du Nouveau Testament, elle entreprend des démarches pour entrer dans l’Eglise catholique. Elle est baptisée, contre l’avis de sa mère, le 1er janvier 1922, dans l’église de Bergzabern, à proximité de Wissembourg. Elle enseigne à l’Ecole Normale des Dominicaines de Spire, y rencontre le Père Eric Przywara qui lui demanda de traduire des lettres du cardinal Newman, le De la Vérité de Thomas d’Aquin, de faire des conférences sur la place de la femme dans la société.

Dès 1927, elle séjourne à l’abbaye bénédictine de Beuron. Son Père Abbé l’engage à professer à l’Institut de Pédagogie Religieuse de Münster (Westphalie). Elle entre au carmel de Cologne en 1933, prend le nom de Thérèse-Bénédicte de la Croix et, à la demande de sa Prieure, poursuit ses travaux philosophiques édités dans L’Être et le Néant. En 1938, pour fuir la persécution nazie, ses supérieures la font passer au carmel de Echt en Hollande. Elle y écrit un essai sur saint Jean de la Croix, La Science de la Croix. En représailles d’une déclaration publique des évêques hollandais contre les pogroms, elle est arrêtée, avec de nombreux autres catholiques convertis du judaïsme, le dimanche 2 août 1942 au soir au carmel avec sa sœur Rose qui travaillait chez les carmélites. La prenant par la main, « Viens, allons pour notre peuple » lui dit-elle. Le train arrive le 9 à Auschwitz et les deux sœurs furent probablement conduites immédiatement à la chambre à gaz.

Première juive à être béatifiée (cathédrale de Cologne) en 1987, déclarée sainte en 1998 puis copatronne de l’Europe. Sa canonisation en tant que juive convertie à la confession chrétienne, morte pour son identité juive et non comme martyre pour sa foi chrétienne, fait toujours problème dans le dialogue judéo-chrétien.


Pensées

1. Pour le chrétien, il n’y a pas d’étranger ; le prochain est toujours celui qui se trouve devant nous et qui a le plus besoin de nous, qu’il soit parent ou non, que nous le trouvions sympathique ou non, qu’il soit ou non moralement digne de notre aide. L’amour du Christ ne connaît pas de limites, il n’a pas de cesse et n’est rebuté ni par la laideur, ni par la saleté. (La Crèche et la Croix)

2. L’amour naturel veut voir l’être aimé pour soi, et autant que possible le posséder sans partage. Le Christ est venu pour ramener au Père l’humanité égarée ; or qui aime de son amour veut les hommes pour Dieu et non pour lui même. (La Crèche et la Croix)

3. Le Christ pauvre, anéanti, crucifié et même abandonné par son Père céleste a été dépouillé de tout, de tout résidu d’ego, humilié dans son être le plus intime. Si tu veux trouver le repos, ne te compare pas aux autres. (La science de la Croix)

4. Je vais jusqu’à croire que plus on est ‘attiré’ en Dieu, plus on doit en ce sens ‘sortir de soi’, c’est-à-dire s’offrir au monde pour y porter la vie divine. (La puissance de la Croix )

5. Lorsque Dieu se donne lui-même, c’est son amour qui se donne, et donc l’amour lui-même est une personne ? (Le secret de la croix)

6. La pensée que la miséricorde de Dieu pourrait se limiter aux frontières de l’Eglise visible m’a toujours été étrangère. (Le secret de la croix)

7. La femme occupe une place essentielle dans la maternité spirituelle de l’Eglise. (La femme et sa destinée)

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Aloyse SCHAFF

Capitaine de Port Saint Nicolas.
Prêtre du diocèse de Metz. Fut professeur de sciences physiques et directeur du lycée Saint-Augustin à Bitche (57).
Activités pastorales dans les communautés de paroisses du Bitcherland.
Animation d’ateliers d’information et de réflexion sur les textes bibliques et l’histoire chrétienne : Pères de l’Eglise, fondateurs des grands ordres religieux, les grands papes, les grands saints du Moyen-Âge, du XVIe siècle. Des présentations à découvrir sur le site.

(re)publié: 01/07/2018