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Présentation du Seigneur (2/2) : Pistes pour l’homélie

La fête de la Présentation de Jésus au Temple est aussi traditionnellement (j’imagine que très peu le savent) la fête des personnes consacrées.
Quand on parle de « sacré » on pense à tous les objets qui touchent au culte : calice, ciboire, autel, église… mais cet usage du mot sacré n’est qu’une extension, un prolongement de ce que l’on veut dire en parlant d’une « personne consacrée ». Car il n’y a qu’une seule chose qui puisse être sacrée, c’est l’humain.
« L’Humain est sacré » cela signifie qu’il est image de Dieu, destiné à vivre divinement. En conséquence tout ce qu’il fait prend une dimension d’infini.
Qu’il soit ou non croyant, peu importe, chaque être humain mérite donc le respect, l’attention et une considération absolue. Sa vie, toute sa vie est consacrée.
Comment peut-on alors parler en plus de « personnes consacrées » ? Seraient-elles plus sacrées que les autres ? Plus aimées de Dieu ? Plus parfaites ?
Je ne pense pas, mais peut-être seraient-elles des personnes qui ont une conscience plus éveillée de l’amour de Dieu, de cette attention toute particulière que Dieu exerce à leur égard, de l’importance qu’elles ont au cœur de Dieu et qui décident de vivre cet amour dans la réciprocité. Leur premier objectif est de modeler leur cœur à l’image du cœur de Dieu. Se consacrer, c’est faire le choix de se mettre au service de Dieu, un service qui ne passe que par le service des autres.
N’en va-t-il pas d’ailleurs de la vie consacrée comme du mariage ?
Tout le monde sait qu’on ne se marie pas « un jour » mais « chaque jour ».
Se consacrer, comme se marier, c’est l’affaire de chaque instant, c’est toujours à recommencer. Ce n’est pas un événement passé, un « oui » prononcé une fois pour toutes, mais un fait toujours actuel, qui ne se vit qu’au présent.
Et comme le montre l’Evangile, cette consécration concerne tout le monde, quel que soit notre âge.
 Il concerne déjà le petit enfant comme Jésus. En le présentant au temple les parents expriment qu’ils reconnaissent que leur enfant, comme tout enfant, est un cadeau, un don unique au monde.
 Cette consécration concerne aussi les jeunes couples, comme Marie et Joseph qui prennent conscience de leur responsabilité dans la participation à l’œuvre de la création.
 Et enfin, avec Anne et Syméon, qui reçoivent Jésus dans leurs bras et y reconnaissent le Messie. Eux aussi, malgré leur grand âge et la proximité de la mort se laissent illuminer par la présence de Dieu.

Mes chers amis, être sacré, être consacré, ce n’est donc pas d’abord porter un vêtement distinctif, ni un signe particulier, ce n’est pas être marqué au fer rouge ou par un tatouage indélébile, ou une tonsure… mais c’est une affaire intérieure, de conscience de ce que l’on est, de ce que l’on a reçu et qui rejaillit sans cesse sur notre comportement extérieur.
Etre sacré, consacré, ce n’est rien de moins que, comme le disait Syméon, « être lumière pour éclairer un monde si souvent plongé dans les ténèbres ». Etre sacré, c’est être un chemin qui conduit vers Dieu, vers l’unique vrai bonheur. Bonne fête !

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Georges LAMOTTE

Prêtre du diocèse de Namur, † 2017.

(re)publié: 02/12/2020