Vendredi saint (3/4) : Dans les ténèbres
Le spectacle de la souffrance est tel qu’aucune rédemption ne peut être cherchée dans la direction d’une conciliation harmonieuse qui passe par-dessus le scandale de la douleur du monde.
Ce n’est que si Dieu fait sienne la souffrance infinie du monde abandonné au mal, ce n’est que s’il entre dans les ténèbres les plus épaisses de la misère humaine que la douleur est rachetée et la mort vaincue. Or cela a eu lieu avec la croix du Fils : le Christ est la preuve éclatante de la vérité qui sauve. Seule la vérité qui est passée à travers le feu de la négation et se laisse éprouver par le néant, seule cette vérité-là sauvera le monde. Ce n’est que de l’intérieur, en somme, que la mort se laisse réfuter, ce n’est que dans les ténèbres du Vendredi saint, où Dieu souffre et meurt par amour pour le monde, que l’on peut proclamer la victoire de la vie, parce que cette mort est la mort de la mort.
On n’arrive à la lumière que par la croix ; on n’entre dans la vie qu’en connaissant la mort. Aussi la foi doit-elle passer par le tourment du doute, l’affirmation par la nuit de la négation, et la vérité a-t-elle à tracer sa route à travers le scandale et les ténèbres les plus épaisses.
Archevêque de Chieti-Vasto.

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