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Des pistes pour l’homélie du 1er dimanche de carême, année C

Il est absolument impossible de comprendre quoi que ce soit de cet extrait d’évangile si nous le séparons, comme cela a toujours été fait dans la liturgie, de ce qui précède. Et qu’est-ce qui précède et ne fait qu’un avec le récit des tentations ? C’est tout simplement le baptême de Jésus.
Lors de son baptême, Jésus entend dire, est-ce une voix du ciel ? Est-ce une voix intérieure au plus profond de lui-même ? Comme une vocation, il entend dire qu’il est le Fils de Dieu. L’idée de Fils de Dieu n’était pas une nouveauté, nous la retrouvons déjà dans l’histoire biblique, mais cette expression, Jésus la prend tout à fait au sérieux, il en prend pleinement conscience, il se sent appelé à devenir de manière toute privilégiée « Le Fils bien-aimé de Dieu ». Mais en même temps il prend conscience qu’être fils de Dieu, plus qu’un honneur, est une responsabilité. En effet l’image du Père que le monde découvrira dépend de la manière dont il vivra sa filiation. Autrement dit, de la manière dont le fils vivra son humanité dépendra l’image que nous nous ferons du Dieu qu’il nous annonce.
C’est lors de son séjour au désert que Jésus va mûrir sa vocation, qu’il prendra conscience de sa mission. De quel Dieu sera-t-il le témoin ?

1-Soit il sera le Fils qui va profiter de son statut pour s’accaparer un maximum de richesses, laissant les autres dans la nudité.
Soit il va se détacher des biens matériels, prendre ses distances par rapport aux richesses et toute abondance pour être celui qui n’a pas d’endroit où reposer la tête.

2-Soit il profitera de sa situation pour prendre le pouvoir et dominer les autres en les écrasant,
Soit à l’inverse il donnera l’image d’un Dieu au service de l’homme, attentif aux plus vulnérables, donnant la priorité aux petits, un Dieu tourné vers les pécheurs pour leur exprimer la miséricorde du Père.

3-Soit encore il se haussera au dessus de Dieu lui-même et se servira de lui pour assouvir ses passions les plus folles.
Soit enfin, il sera le fils qui vit dans la confiance de l’amour du Père. Au lieu de le mettre au défi c’est lui qui s’abandonnera et remettra sa vie entre ses mains.

Nous savons que chaque fois, Jésus prendra le second choix et par sa manière de vivre il va chambarder toutes les images que les hommes de tous les temps et de toutes les religions se sont faites de Dieu. Une image que 2020 ans plus tard, malgré tous ses efforts, nous ne sommes jamais parvenus à extirper de notre imaginaire tant nous en restons souvent à un Dieu grand, puissant, juge et qui peut tout faire !
Sa filiation divine, Jésus ne se l’est pas appropriée pour lui tout seul, il nous fait comprendre que tous nous sommes appelés à être « fils et filles de Dieu ». Mais la question est de savoir : « Et nous, de quel Dieu serons-nous l’image ? » D’un Dieu rigide, insensible à la souffrance, en quête de pouvoir… ou d’un Dieu soucieux du bonheur de tous, des blessés, des désespérés, un Dieu au service de l’autre et en priorité du plus vulnérable ?
Puisse ce temps de carême, ce temps d’arrêt au désert nous amener, à l’instar de Jésus, à prendre conscience de notre filiation et de notre mission.

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(re)publié: 05/03/2019