LogoAppli mobile

La Sainte Trinité

1. En entrant dans une église, nous nous couvrons du signe de la croix que nous faisons « Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit ». Nous terminerons la célébration en nous couvrant encore du signe de la croix. Ce fut le premier signe marqué sur nous le jour de notre baptême. Ne sera-t-il pas encore le dernier à être tracé sur nous lorsque nous entrerons pour la dernière fois dans l’église ou à l’ombre de la croix de notre tombe ? Entre temps, combien de fois n’avons-nous prononcé ces paroles en nous couvrant du signe de la croix ? Machinalement ou consciemment.

2. Dieu en trois personnes. Voilà bien ce qui choque tant nos frères juifs ou musulmans. Dieu est Unique, n’a cessé de dire la foi juive, mais elle n’ose en prononcer le nom. Allah seul est Dieu répète le croyant de l’islam dans sa prière quotidienne qu’il dit en se courbant jusqu’à terre. En son nom, ces deux fois mettent de multiples commandements à la charge de l’homme. Dieu n’aurait-il créé le monde des hommes que pour les récompenser ou les punir ?

3. La Sainte Trinité ne doit pas être pour les chrétiens une énigme mathématique mais la reconnaissance que Dieu est famille. A laquelle nous appartenons dès lors que, comme il est souhaité dans la salutation initiale, la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit Saint sont en nous. Jésus n’a cessé de nous dire que Dieu est Amour et l’amour ne peut se vivre seul. Que Dieu est Vie et la vie est faite de relations, d’échanges, de partages. St Grégoire de Naziance au IVe s. en donne une image parlante : « Le Père est la Source, son Verbe est le fleuve, l’Esprit est le courant. » Pour que tombe la pluie il faut d’abord que les océans produisent des nuages et que le vent les transporte vers les terres. Sans la mer, sans les nuages, sans les vents, la terre serait un désert sans vie. Le Père, c’est l’amour donné, le Fils c’est l’amour reçu, l’Esprit Saint, c’est l’amour partagé.

4. La Sainte Trinité, une fête pour redonner du sens à ce signe de la croix que nous faisons en son nom. En portant la main vers en haut, vers le front, pensons au Père qui est au-dessus de tout, que notre patrie est en haut, qu’en haut vers lui nous reviendrons. Lorsque notre main redescend vers la terre et notre poitrine, ce vase du cœur, souvenons-nous que Jésus est venu nous dire que la terre et le ciel étaient liés par le lien de l’Amour comme sont liés les membres d’une même famille Et c’est pourquoi en nous touchant les épaules, nous dessinons les bras de la croix, cette ligne horizontale qui marque que nous sommes communauté, que nous ne vivons pas sur une île ou dans un désert mais pour le partage.

5. On peut voir au musée Tretiakov à Moscou une icône peinte vers 1420 par Andreï Roublev. Elle donne à voir les trois visiteurs venus annoncer à Abraham la naissance d’Isaac. Il voit en eux la manifestation du Seigneur (Gn 18, 1-15). Les Pères de l’Eglise y ont vu une image de la Trinité. Pour le croyant, l’icône est une fenêtre ouverte sur le monde divin, un livre de méditation. En la contemplant, nous devenons Abraham.

Seigneur, en nous couvrant du signe de la croix, donne-nous de ne pas faire ce geste, de ne pas prononcer ces paroles à la légère. Ce geste, ces paroles qu’ils soient louange et méditation de l’amour inexprimable divin. Au nom Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen

Une faute d'orthographe, une erreur, un problème ? Dites-nous tout !
 
(re)publié: 16/06/2019