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Baptême du Seigneur

1. Le premier acte de la vie publique de Jésus commence par un baptême de pénitence. Si toute l’histoire de Jésus avait été inventée par ces quelques hommes, les disciples, jamais ils n’auraient écrit que celui qu’ils considéreront comme Fils de Dieu, sauveur du monde, ait demandé un baptême pour la rémission des péchés. Le sauveur peut-il demander à être sauvé ? C’est inconcevable en toute logique humaine. Et le premier surpris ce fut Jean Baptiste lui-même qui doit baptiser celui qui devrait le baptiser. Comme sera surpris Pierre qui doit se laisser laver les pieds par son maître, le Messie de Dieu. C’est une inversion des rôles. Le Très Haut se fait le Très Bas. Et l’on a vu dès Noël le Créateur se faire créature, ensuite le Maître se faire serviteur, Dieu se mettre en prière, enfin le Juge se faire juger, le Juste se faire condamner, l’Innocent se faire mettre à mort. Inimaginable inversion des rôles ! Incroyable histoire que celle de cet homme qui remontant de la rivière d’humilité donne à entendre une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi je trouve ma joie ! »

2. Ce qui fait de la religion chrétienne la moins croyable qui soit pour qui pense qu’il est absurde de croire que l’Infini peut s’enfermer dans le fini, l’Eternel dans le mortel, le Juge dans la victime. C’est ce que Paul combattait avant qu’il ne soit complètement retourné sur la route de Damas et n’écrive aux chrétiens d’Ephèse que « la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur… de l’amour du Christ surpassent toute connaissance » (cf. Ep 3,18-19). Surpasse toute connaissance. St Augustin enfonce le clou : « Si vous comprenez, ce n’est pas Dieu. » Il ne nous reste que la méditation croyante. Elle nous entraîne d’abord dans le silence mais ne peut s’y arrêter comme l’écrit Mère Teresa : « Le fruit du silence est la prière, le fruit de la prière est la foi, le fruit de la foi est l’amour, le fruit de l’amour est le service, le fruit du service est la paix. » On peut ajouter que le fruit de la paix est la joie.

3. C’est tout un cheminement qu’elle nous propose.
a. La prière d’abord qui est simple regard levé vers le ciel, attente confiante venue de notre en-bas. Elle n’a pas besoin de mots mais de silence, présente en quoi que nous fassions.
b. Elle deviendra confiance et amour lorsqu’il nous sera donné ce que nous demandons, ce regard qu’échangent ceux qui s’aiment.
c. Pour nous apprendre les chemins du service, hors desquels aimer ne signifie rien d’autre que convoitise.
d. Ainsi notre inquiétude trouvera la paix et notre cœur la joie.
Tel fut bien le parcours de Jésus qui dit avoir reconnu en lui l’amour de son Père, le remercie de pouvoir le faire connaître aux hommes et qui, pour cela, s’est mis à leur niveau, a planté sa tente parmi eux, est descendu dans la rivière de l’humilité pour s’entendre dire : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi je trouve ma joie. » Cette joie exprimée 85 fois dans les écrits apostoliques, que Jésus a ressentie et pour laquelle il a prié son Père de la faire demeurer en eux et que cette joie soit parfaite. (Jn 15,11)

4. Le baptême de Jésus ne peut pas ne pas nous faire penser à notre baptême, dont nous ne nous souvenons plus de la date, que nous ne fêtons jamais, pourtant jour de notre naissance dans la communauté de Jésus. Le jour de notre baptême nous avons reçu aussi cette parole : « Tu es mon fils bien-aimé ; tu es ma fille bien-aimée. En toi j’ai mis tout mon amour. » Enfants de Dieu nous l’étions déjà dès notre naissance. Mais le baptême nous fait entrer dans sa révélation, initie notre cheminement en enfants de Dieu à la suite de Jésus. « Être baptisé ou non baptisé, ce n’est pas pareil ! » a rappelé le pape François ! Comme il l’a demandé à plusieurs reprises, « prenons ou reprenons aujourd’hui la décision de célébrer chaque année l’anniversaire de notre baptême. Ne vivons plus comme des enfants ingrats ou pourris, gâtés qui ont oublié les dons reçus des mains de notre Père des cieux et de notre mère l’Eglise. Soyons reconnaissants pour cette adoption divine ! Vivons dans la joie d’être par le don de l’Esprit, les frères de Jésus et les enfants de Dieu notre Père. Là est bien la seule chose véritable qui devrait nous surprendre chaque matin en nous regardant dans la glace : moi, je suis enfant de Dieu ? » Oui, je suis, nous sommes enfants de Dieu !

Seigneur, tu vois combien j’attends que le bonheur m’arrive alors que tu me demandes de le porter autour de moi. Fais-moi la grâce de voir en mes yeux ton regard, en mes paroles ta tendresse, en mes gestes ta manière. Seigneur, fais-moi la grâce d’être AVEC eux un peu plus chaque jour que tu me donnes. Amen

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(re)publié: 13/01/2019