LogoAppli mobile

8e dimanche ordinaire

1. « Jésus savait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme » avait constaté son disciple Jean.
Il en a vu tant « offrir aux hommes l’apparence de justes » ; il en a observé tant d’autres qui « lient de pesants fardeaux et les mettent sur les épaules des hommes alors qu’eux-mêmes se refusent à remuer le petit doigt », d’autres qui « disent et ne font pas » (Mt 23, 1-5). Faute d’un véritable souci de la pauvreté de l’autre, il fallait donner les apparences de la générosité et le crier sur les toits. Faute d’une véritable attention à Dieu, il fallait montrer des signes de piété à tous pour en retirer hommage et vénération (Mt 6,1-8). Faute d’une véritable droiture du cœur, il fallait respecter scrupuleusement les règles rituelles du lavage des mains et des coupes (Mc 7, 1-5). Il les a vus chercher les premières places dans les dîners, les premiers sièges dans les synagogues, les salutations sur les places publiques (Lc 20, 45-47). Comme si conscient de sa propre faiblesse, l’homme voulait donner le change, se cacher la vérité et surtout la cacher aux autres.

2. Nous sommes tous concernés, en commençant par ceux qui comme nous, prêtres, doivent montrer l’exemple à suivre. Bien sûr, nul n’est parfait et nous sommes toujours tentés d’entrer en tentation jusqu’à y tomber. Jésus nous demande d’abord de reconnaître notre fragilité et de ne pas donner le change, de ne pas nous cacher derrière des masques. Les événements douloureux vécus dans l’Eglise sont des signes que nous adresse Jésus pour nous mettre devant nos responsabilités. Si la plaie n’est pas soignée tout de suite, elle s’envenimera et le mal n’ira qu’en croissant. « Soyez vrai » nous dit-il. Soyez vrai en face d’autrui, soyez vrai en face de Dieu, soyez vrai avec vous-mêmes. Le mensonge rend esclave, la vérité rend libre. Libéré de l’emprise de ce père du mensonge qui sommeille en nous.

3. Il ne nous dit que ce qu’il vit, que ce qu’il fait. Face à toute compromission, face à toute tentation. Critiqué, il n’a jamais perdu de vue ce pour quoi il était venu : dire et montrer son Père, Amour de l’homme. Par ses chemins à lui. En pleine période de succès et menacé d’être porté vers la royauté, il se retire dans la solitude pour y prier. Jusqu’à la fin lorsque livré au pouvoir romain, il ne fera rien pour échapper à la mort. Pour celui qui lit l’évangile pour la première fois, il ne peut être que frappé par cette droiture, qui a tant étonné Pilate, pourtant si chatouilleux sur les questions touchant à son pouvoir, et lui fait dire : « Je ne trouve rien en cet homme pour le condamner. »

4. Un historien de saint Louis, roi de France, un roi auquel aucun autre ne ressemblera, nous rapporte que, fait prisonnier au cours de sa première croisade, le sultan le délivra contre une forte rançon. On lit : « Philippe de Nemours, chevalier du saint roi, lui dit : « La somme d’argent est toute payée, mais nous avons trompé les Sarrasins de 10 000 livres. » Quand le roi entendit ces mots, il fut très courroucé et dit : « Sachez que je veux que les 200 000 livres soient payées entièrement, car je leur ai promis et je veux qu’il n’en manque rien. » Alors le sénéchal de Champagne marcha sur le pied de Philippe, lui fit un clin d’œil et dit au roi : « Sire, vous croyez ce que dit Philippe ? Il plaisante. » Philippe reprit la parole et dit : « Sire, le sénéchal dit vrai, je n’ai parlé ainsi que par jeu et plaisanterie et pour savoir ce que vous diriez. » Le roi répondit : « N’attendez pas de félicitations pour ce jeu et cette épreuve, mais prenez garde que la somme d’argent soit bien payée toute entièrement. »

5. Mentir, on le sait, fait partie des expériences de la première adolescence. Par peur d’être puni ou même par jeu. On peut en garder l’habitude au risque de se voir passer pour menteur de manière durable. Jésus nous demande autre chose : « Que votre oui soit oui, votre non soit non ». Même dans les petites choses. Pour éviter d’être entraîné plus loin encore car, comme le dit un adage, « Qui veut cacher un mensonge doit mentir mille fois ». Etre vrai avec soi-même, avec autrui. Même dans les petites choses. Ne retenons que cela et nous apprendrons la droiture.

Une faute d'orthographe, une erreur, un problème ? Dites-nous tout !
 
(re)publié: 03/03/2019