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7e dimanche ordin.

« Aimez vos ennemis… Faites du bien à ceux qui vous haïssent… Ne réclame pas à celui qui te vole ! »

1. Voilà certainement les paroles les plus surprenantes, les plus choquantes même de l’évangile. Qu’on ne retrouve dans aucune autre religion à un tel degré. Aimer, on sait un peu faire, mais aimer ses ennemis, renoncer à la vengeance, aller ensuite jusqu’au pardon, est-ce possible ? Comment peut-on pardonner à ceux qui vous en veulent, vous font ou vous ont fait du mal ? Comment des parents peuvent-ils pardonner à ce chauffard qui a tué leur enfant et n’éprouve même pas de remords ? Comment ces personnes abusées dans leur enfance, marquées à vie, pourraient-elles pardonner à leurs agresseurs ? La nature s’y refuse. Sans être dans ces cas extrêmes, nous savons combien il est difficile de pardonner l’offense, d’effacer des rancunes anciennes. N’est-ce pas donner raison à l’offenseur et passer pour un faible ? Ne réclame pas à qui te vole, n’est-ce pas encourager les voleurs ? Ces recommandations, encore une fois, qu’on ne retrouve dans aucune autre religion, ne seraient-elles pas celles d’un doux rêveur ? Seigneur, comment peut-on te suivre sur ce chemin-là ? Jésus, sachant bien ce qu’il y a dans l’homme, nous propose de regarder vers le haut. Pour avoir révélation de l’immensité de l’amour de Dieu pour nous, sans lequel nous ne saurons pas en distribuer autour de nous. Pour le “comment faire”, il nous montre le chemin.

2. Pour qu’ici-bas les scandales finissent de remplir une actualité on ne peut plus médiatisée. L’Eglise est passée par bien des crises au temps du Moyen Age et de la Renaissance mais jamais elle n’avait eu la diffusion universelle d’aujourd’hui. Plaintes, procès, film, livre mettent au grand jour ce qui était réel mais caché, ce qui était condamné mais vécu par ceux-là même qui avaient pour mission de montrer des chemins de bonheur, d’honneur, de vérité au nom de Jésus. Une victime a même insinué que l’Eglise ne s’en remettrait pas. On ne peut que rappeler l’attitude de Jésus qui bénissait les enfants, proposait de leur ressembler. Ses paroles aussi : « Quiconque entraîne la chute d’un seul de ces petits qui croient en moi, il est préférable pour lui qu’on lui attache au cou une grosse meule et qu’on le précipite dans l’abîme de la mer. » (Mt 18,6). A nouveau crucifié par des gens du Temple qui ne nous sont pas étrangers, Jésus est l’un de nous lorsqu’il crie : « Mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? » Comme s’il avait perdu pied. Comme s’il ne comprenait plus ce qui était en train de se passer. Alors devant ceux qui étaient là, les curieux et les bourreaux, ceux qui pleuraient et ceux qui ricanaient, il prie son Père de faire ce qu’il semble ne plus savoir faire : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Lc 23,34).

Je m’arrêterai là et je vous propose de passer quelques minutes dans la prière silencieuse pour toutes les victimes, pour le pape François qui doit passer par la plus grande souffrance et trouver les décisions à prendre, mais aussi pour ceux qui, en conscience ou en toute inconscience, se sont laissé tenter et tomber en tentation.

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(re)publié: 24/02/2019