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7e dimanche de Pâques

1. Aujourd’hui, Jean nous fait assister à la prière de Jésus, celle qu’on appelle la prière de l’unité. Non pas Jésus parlant de la prière, non pas Jésus récitant une prière liturgique. Mais Jésus en train de prier pour les siens, sous leurs yeux, pour qu’ils l’entendent. Non pas seulement pour ceux qui étaient avec lui ce soir là mais aussi « pour ceux qui accueilleront leur parole et croiront en moi ». Pour nous donc. Cela est émouvant.

2. Lorsque Jean écrit son évangile, ceux qui se disaient disciples du Christ déjà s’étaient divisés comme en témoigne Paul qui, dans les années 50, écrit aux chrétiens de Corinthe : « Il m’a été signalé à votre sujet par les proches de Chloé, qu’il y a des dissensions parmi vous. Je veux dire par là que chacun de vous parle ainsi : “Moi, je suis de Paul ; moi, d’Apollos ; moi, de Céphas ; et moi, de Christ.” » (1Co 1 , 11-12) L’histoire chrétienne est remplie de temps de crises, de divisions comme celles qui furent à l’origine des Eglises orthodoxe, protestante, anglicane. Chaque jour voit se constituer plusieurs communautés évangéliques autour de prédicateurs très motivés.

3. Si l’on considère la prière comme un acte qui, d’un coup de baguette magique, produirait ce qui est demandé, la prière de Jésus semble avoir été bien inefficace. C’est que l’entente entre les chrétiens, comme toute autre, ne peut pas tomber pas du ciel. Elle est à inscrire au rang de nos tâches, à construire chaque jour. Jésus prie ainsi devant ses disciples pour les inviter à faire de même, à ne cesser de nous rappeler que chaque jour il nous faut faire quelques pas vers l’autre, dans tous les champs de notre vie. Construire des ponts et non des murs. Pour autant, il ne nous est pas demandé d’être tous semblables, identiques, de penser comme on souhaite nous voir penser, de vouloir faire penser l’autre comme je pense. Inévitablement il y aura des divergences. Mais il ne devrait pas y avoir divergence quant à la manière de se considérer. Pas en ennemis.

4. Nous pratiquons la prière sans bien savoir comment faire, que demander. Nous éprouvons de la déception lorsqu’il nous semble que notre prière n’a pas été exaucée, que ce malade si cher n’a pas été guéri, que l’examen n’a pas été réussi malgré les cierges brûlés. Ou comme ces déportés juifs revenus de la shoah qui ont affirmé avoir perdu la foi devant « l’assourdissant silence de Dieu ». Que dire ? Lorsque Jésus prie pour ses disciples, il ne demande pas à son Père de les protéger de tout ce qu’il a vécu lui-même, de leur assurer santé, succès et considération. Pas même des oppositions à leur mission de disciple. Il les avait avertis : « Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : le serviteur n’est pas plus grand que son maître ; s’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront vous aussi. » (Jn 15,20). Et nous avons entendu le récit du martyre d’Etienne, le premier après Jésus, le premier comme Jésus.

Seigneur, tu as prié pour moi ! Pour que je me rende compte de tout l’amour que le Père me porte, que tu me portes. Tu es venu pour nous le dire, le montrer. Tu ne pouvais pas aller plus loin que tu n’as été. Seigneur, tu le vois, je ne sais pas prier. Alors donne-moi de me glisser dans ta prière, de la faire avec toi, de la faire mienne chaque jour. Aujourd’hui, Seigneur, je t’en prie.

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(re)publié: 02/06/2019