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5e dimanche ordin.

1. Chaque dimanche nous lisons et entendons un passage de l’évangile et des lectures de l’Ancien Testament. Et le temps passant, il se trouve que nous les avons entendus des dizaines de fois et autant de commentaires, d’homélies. On peut se dire : je l’ai déjà entendu et s’arrêter là, surtout si le commentaire est banal, insipide peut-être. Et pour le célébrant il en va de même. Que vais-je dire que je n’ai déjà dit ? D’autant plus qu’il s’adresse une assemblée d’âges bien différents, de culture et de formation si diverses. Comment parler à la fois à des personnes qui ont fait des études et d’autres qui n’ont fait que travailler de leurs mains ? D’autant plus que le célébrant n’a jamais de retour : il ne sait pas si ce qu’il a dit à été entendu, compris, apprécié ou est passé au-dessus des têtes. Sinon peut-être qu’il a été trop long ou bien en forme d’humour : « Il a bien parlé mais je ne sais plus ce qu’il a dit. »

2. Un Père de l’Eglise disait à ses auditeurs : « Considère chaque détail de l’Écriture. Pour qui sait creuser profond, chacun renferme un trésor. Là même où peut-être on s’y attend le moins, se cachent les joyaux précieux des mystères. » Je veux lui obéir et partir seulement de deux petits détails qui n’ont l’air de rien. Il est écrit que les disciples étaient descendus de la barque après une nuit de pêche infructueuse. Mais aussi que Jésus monte dans la barque et la pêche devient merveilleuse. Les pêcheurs du lac pourtant savaient bien que de jour on a de moins de chance de la réussir. Jésus, qui n’est pas de ce métier, y monte et demande de repartir au petit matin. L’échec est suivi d’une réussite. Dans ce merveilleux en lequel on veut voir la preuve toute puissance divine de Jésus, quel trésor est donc caché, quel enseignement Jésus donne-t-il à ses disciples après celui qu’il a donné aux foules assemblées sur les rives du lac ?

3. Le même que celui qu’il nous délivre dans des paraboles, ces enseignements un peu mystérieux. Comme celui des grains jetés sur la terre et dont beaucoup seront étouffés par des ronces, piétinés par les passants, mangés par les oiseaux. Mais il en est qui sont jetés dans la bonne terre et qui produisent 30, 60 ou 100 pour un. Autrement dit, quels que soient les échecs, la réussite viendra. Il parlait du Royaume des Cieux, de celui qui ne se limite pas à notre espace terrestre. Il encourageait ses disciples à ne pas se décourager devant le peu de succès qu’ils rencontreront. Pour la parabole comme pour l’événement de la pêche, Jésus dit un message d’espérance, un appel à la constance, un refus du « baisser les bras, il n’y a plus rien à voir ! » Il leur redira qu’ils rencontreront les rejets, les persécutions car « le disciple n’est pas au-dessus du maître ». Et les disciples vivront cela. Déjà avec lui : ces moments d’euphorie, de plein succès devant les foules qui viennent se faire guérir qui seront suivis de la plus noire déception lors de son arrestation, de sa mort. Mais est venue aussi la Pâque, ce temps du passage de la mort à la vie. Désormais ces lanceurs de filets ne seront plus que des lanceurs de la Bonne Nouvelle, des lanceurs de l’espérance.

4. Un message pour aujourd’hui. Nous avons connu des églises remplies, des processions publiques somptueuses, d’incontournables célébrations festives de mariages, de baptêmes. Des missionnaires sont partis nombreux et les fils et filles de l’Eglise naissaient dans tous les continents, de toutes les couleurs, de toutes les langues. Plus rien maintenant comme avant. Le bateau se vide et de ses ouvriers et de sa pêche. Alors oui le message de ce jour de pêche sur la mer de Galilée est à nous redire. Ne pleurons pas sur nos illusions maintenant perdues mais réjouissons-nous d’être encore là pour dire en son nom cette merveilleuse destinée de l’homme. Le succès peut finir par endormir et ce fut peut-être le cas dans le passé. Les difficultés sont des stimulants au réveil, des appels à rebondir pour qui veut les considérer ainsi. Auraient-elles raison de nous, vaincus par notre propre découragement ? Descendrons-nous de la barque alors que lui ne cesse d’inviter à y monter ? Nous ne sommes pas des moissonneurs mais des semeurs avait-il dit à ses disciples. Tel peut bien être le message pour nous, aujourd’hui.

5. Pour revenir au constat évoqué au début de cette réflexion, à ce sentiment du déjà tellement entendu et dont nous ne savons plus que faire, ne faut-il pas se dire une chose très simple : aujourd’hui j’emporterai avec moi pour la méditer une seule pensée, que j’aurai entendue de mes oreilles ou qui me sera venue du fond de moi-même. Peut-être celle-ci : même si l’église est vide, l’espace qui m’entoure, celui de tous mes déplacements, ne l’est pas parce que je porte avec moi celui qui en mon cœur me dit : « Je suis avec toi jusqu’à la fin des temps. Je suis là parce que tu es là. »

Seigneur, aide-moi sortir de mon sentiment de solitude, source d’attristement. Monte dans ma barque désertée par la joie de croire.

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(re)publié: 10/02/2019