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3e dimanche de carême

1. Au Temple de Jérusalem, Pilate faisait répandre, suprême injure, le sang des Galiléens au milieu du sang des animaux. Le 15 mars dernier, cinquante musulmans sont massacrés pendant la prière dans leur mosquée de Christchurch, en Nouvelle-Zélande. A Jérusalem, dix huit personnes sont écrasées lors de la chute de la tour de Siloé. Au Mozambique, il y quelques jours, trois cents personnes au moins sont emportées par un séisme. A l’époque de Jésus on attribuait de tels événements à une intervention divine, censée punir les fautes commises par les victimes ou leurs ancêtres. Et bien, non, répond Jésus. Dieu ne punit pas dans la soudaineté de l’instant les fautes des hommes. La tragique histoire des hommes depuis ses origines jusqu’à ce jour connaît plus l’impunité que la justice. Mais alors « où est Dieu » ? Devant ce silence ou cette impuissance de Dieu, des survivants de la shoah disent en avoir perdu la foi.

2. Et Jésus de conclure : « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même ! » A l’inverse de ce qu’il vient de dire. De quelle conversion, de quel cataclysme, parle-t-il ? Doit-on penser à un jugement final, à la fin des temps, qui séparera les bons des méchants ? Mais Jésus parlait pour son temps présent, à ces auditeurs qui avaient sous les yeux la malfaisance humaine, la précarité de la vie. Suit la parabole du figuier stérile pour donner à comprendre. Ce figuier qui ne produit pas ce qu’on attend de lui n’a plus de raison d’exister. Il se condamne lui-même. Mais vient le vigneron qui veut tout faire pour lui éviter d’être coupé, faute d’avoir répondu à son essence de porteur de figues. La conversion demandée est là. Dans cette attitude choisie par ce serviteur pour changer ce que le maître, en toute logique, était en droit de décider. Se convertir à l’agir contre tout ce que fait l’homme pour se détruire. On a présenté cette parabole comme celle de la patience de Dieu. Mais la patience de Dieu compte sur l’immédiateté de notre réponse.

3. En commençant par soi, figuier trop stérile qui appelle d’en être le vigneron guérisseur. Catherine de Sienne l’exprime admirablement : « Toute créature possède une vigne en elle-même : c’est la vigne de son âme dont elle est le vigneron tant que dure la vie. En cultivant sa vigne, on cultive celle du prochain ; on ne peut cultiver l’une sans l’autre. »

Ce temps de Carême nous est proposé pour le méditer.
- Le jeûne de nourriture est vide si nous ne mettons pas le partage au-dessus.
- On peut prier pour garder la santé, mais la prière est vide si nous ne mettons pas notre santé en service auprès de celui qui ne l’a plus.
- On peut prier pour obtenir une guérison mais cette prière est vide si on ne prend pas le temps d’accompagner, d’aider le malade tout proche.
- Demander pardon n’a plus de sens si on se refuse de le donner.

Seigneur, tu nous donnes du temps, le temps de ta patience, pour nous apprendre l’impatience du service à rendre, de la rancune à éteindre, du pardon à donner. Nous te remercions de nous avoir dit que tu nous attendais, les bras ouverts, au bout du chemin.

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(re)publié: 24/03/2019