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31e dimanche ordin.

1. Voilà l’un des plus beaux et plus signifiants récits rapportés par l’évangéliste Luc. Cela se passe à Jéricho dans laquelle on montre encore une tour de plus de 10 000 ans. Jéricho, la ville des palmiers, au bord du Jourdain, la seule ville de ce grand couloir qui reliait la Galilée et la Judée pour qui ne voulait pas traverser la Samarie. Dans ce centre de passage obligé entre le sud et le nord pour les caravanes, le riche Zachée était le chef des collecteurs d’impôts pour l’occupant romain. Craint et haï, il était de ceux dont on disait : « Publicains, païens, gens de rien ! »

2. Zachée veut voir Jésus. Il a dû entendre parler de cet inconnu venu de Galilée qui ne parlait pas d’eux, les publicains, de la même manière que tous les autres. Le voici aux portes de la ville. Il vient de rendre la vue à cet aveugle mendiant. Cela fait du bruit. Une foule nombreuse l’accompagne. C’est l’occasion. Mais comme il ne peut l’approcher dans cette foule qui lui est hostile, comme il est petit aussi, il court en avant, monte dans un arbre. Ainsi pourra-t-il de loin voir celui dont on parle tant, avec tant d’éloges, qui attire tant de monde. Comment est-il ? Qui est-il ? Zachée veut voir. De loin, de cet arbre d’où l’on peut voir sans être vu.

3. Voici la surprise : du milieu de cette foule bruyante, alors qu’il est pressé de toutes parts, c’est vers cet homme dans l’arbre que Jésus lève les yeux. Leurs regards ont dû se croiser. Le regard de Jésus, ce devait être quelque chose tant les disciples en ont fait mention. Qu’a-t-il signifié à Zachée ? Qu’a-t-il porté comme message à cet homme craint et mis à l’écart de toute considération ? Le dialogue qui suit apporte la réponse : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer chez toi ! » Jésus s’invite chez quelqu’un qui n’aurait jamais osé l’inviter. Ils étaient pourtant nombreux ceux qui autour de lui auraient été honorés de le recevoir à la maison. Mais non. Jésus décide d’entrer dans cette maison dont aucun Juif respectueux de la loi n’aurait franchi le seuil. Avec une totale liberté, Jésus outrepasse cet interdit, une fois de plus. « Descends vite » dit-il comme s’il n’y avait plus de temps à perdre.

4. Ce qui retourne Zachée, ce qui le convertit en quelque sorte, c’est d’avoir trouvé quelqu’un qui lui ait dit : « Je te considère ! » Tout d’un coup, cet homme s’est senti regardé autrement, au-delà de ses fautes, au-delà de son propre regard. Sans qu’on lui demande des comptes, sans qu’on lui demande de changer. Et cela le retourne. Cet épisode nous parle. Envers les uns comme envers les autres, Jésus demande une attitude de bienveillance, un sentiment intérieur de bienveillance, une disposition d’esprit de bienveillance. Qui nous ferait dire intérieurement, automatiquement, comme par un réflexe qui n’a pas besoin de paroles : j’ai pour toi des sentiments de bienveillance, je suis toi et te souhaite d’être heureux. De la même manière que je souhaite tout le bien possible à ceux que j’aime. Qu’importe que tu me sois complètement inconnu, qu’importe puisque le Seigneur t’a mis sur ma route. Cela ne changera peut-être rien aux relations visibles que nous aurons avec ces personnes. Mais cela nous changera nous !

Seigneur, prête-moi ton regard. Si je l’oublie, rappelle-le-moi. Si ce regard de bienveillance me paraît difficile, rappelle-moi de le porter à ta place, en ton nom.

Méditation

Zachée, petit homme, tu voulais bien savoir
Quel était cet homme de si grande renommée
Qui soulevait tant de poussières d’espoirs
Pour ces humbles des terres de la mer de Galilée.

Zachée, petit homme, si riche en tes avoirs,
Près de toi, il s’est arrêté comme s’il avait deviné
Que tu souffrais de cette pauvreté cachée
Dont on revêt les pestiférés qu’on tient à l’écart.

Zachée, petit homme, craint et honni de tous,
Qu’as-tu vu dans son regard levé vers toi
Qui voulait secrètement le voir sans être vu
Comme si tu étais le seul qu’il voulait voir ?

Zachée, petit homme, quelle dignité il t’a redonnée
Lorsque chez toi il a voulu tout de suite demeurer
Sans rien te demander d’autre que l’hospitalité
Comme si, pour toi, l’amitié, avait toujours existé.

Seigneur, dans l’instant, tu as donné à Zachée
Ce que le monde depuis toujours lui refusait.
Donne-moi un peu de cette bienveillance
Pour éteindre en moi toute intransigeance.

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(re)publié: 03/11/2019