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1er dimanche de carême

1. Quel contraste entre cet instantané du baptême où l’on voit l’Esprit de Dieu descendre sur Jésus et ces quarante jours de solitude en la seule compagnie de celui que Jésus appellera le père du mensonge. Deux voix se font entendre, celle d’en haut : « Tu es mon fils, c’est moi qui t’ai engendré » et celle d’en bas : « Si tu es le Fils de Dieu, montre-le. » Au cours d’un camp archéologique en Israël dans les années 90, alors qu’au bord du lac de Galilée j’évoquais le quotidien de la vie de Jésus, sa manière d’être, une lycéenne me dit l’admirer, vouloir suivre son enseignement, mais ne pas croire qu’il est le Fils de Dieu. Faute de preuves. Elle n’est pas la seule même parmi les chrétiens, même pratiquants. Tous tentés de lui poser cette même question : Si tu es le Fils de Dieu, prouve-le-nous ! Question qui fut posée à Jésus depuis les débuts de sa vie publique jusqu’à la fin alors qu’il était réduit à la plus misérable mort humaine. « Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix et nous croirons en toi ! »

2. Nous voulons bien croire en Dieu, reconnaître en Jésus son Fils bien-aimé. Mais pas sans retour. Comme pour l’homme de la Bible pour lequel la foi en Dieu devait apporter richesse, réussite, bonheur ici-bas. On l’en remerciait lorsqu’on les obtenait ; on récriminait jusqu’à la révolte lorsque on était du côté des victimes, comme oubliés ou punis par Dieu comme l’ont fait Job et Jérémie. On peut comprendre l’attitude de ceux qui parmi les contemporains de Jésus ont vu en lui un faux Messie. Il n’a pas apporté ce qu’on était en droit d’attendre de lui.

3. Dans le récit des tentations, Jésus veut nous apprendre à déjouer nos tentations de demander à Dieu l’avoir, le pouvoir, les premières places dans nos relations avec le prochain. Comme le dit saint Augustin : « S’il n’avait pas été tenté, il ne t’aurait pas enseigné, à toi qui dois être soumis à la tentation, comment on remporte la victoire. » Au lieu d’accumuler l’avoir pour soi, Jésus propose le partage. Au lieu du pouvoir, il propose le service. Au lieu de courir après les premières places, les honneurs dans ce monde, il nous propose l’humilité qui fait reconnaître que mon prochain, lui aussi, compte aux yeux de Dieu.

4. Saint Bernard a trouvé les mots les plus justes pour nous dire une autre manière d’être avec Dieu que celle du donnant-donnant : « Vous voulez donc apprendre de moi pour quel motif et dans quelle mesure il faut aimer Dieu ? Eh bien, je vous dirai que le motif de notre amour pour Dieu, c’est Dieu lui-même, et que la mesure de cet amour, c’est d’aimer sans mesure… Il y en a qui louent le Seigneur parce qu’il est puissant. Il y en a qui le louent parce qu’il est bon pour eux. Il y en a qui le louent simplement parce qu’il est bon… Celui qui aime Dieu n’a pas besoin de le faire par l’appât d’une récompense qui n’est pas Dieu lui-même. Autrement ce ne serait point Dieu qu’il aimerait, mais la récompense… Parce que l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs, nous payons cet amour par l’amour. »

Père, qu’il en soit ainsi et ne nous laisse pas entrer en tentation et succomber à ces tentations-là !

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(re)publié: 10/03/2019