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13e dimanche ordin.

« Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde, il prit avec courage la route de Jérusalem. »

1. Prendre la route est une expression courante. Déjà, de nombreux concitoyens ont pris la route des vacances. Avec joie parce qu’ils envisagent de bons moments à passer ensemble, de nouveaux paysages à découvrir, des jours ensoleillés. Mais c’est avec d’autres sentiments que les migrants prennent la route de l’exil, chassés de chez eux, sans savoir même s’ils seront accueillis. Leur avenir est sombre. Ils le font bien malgré eux. Ce n’est pas le cas de Jésus qui prend la route de Jérusalem, « de façon déterminée » dit le récit, en toute conscience de ce qui allait lui arriver. Pourquoi l’a-t-il fait ? Pourquoi ne pas s’être donné encore quelques années de prédication, de guérisons à faire ? Y-a-t’il une réponse à cette question ?

2. Peut-être dans celles qu’il adresse à ces trois hommes désireux de le suivre. Elles surprennent. Quoi de plus normal que de saluer les siens lorsque l’on décide de partir au loin ? Quoi de plus humain que d’aller aux obsèques de son père ? Jésus n’a pas négligé sa famille. Pendant des années, il en a assuré le quotidien. Lui-même n’a-t-il pas fait reproche à ceux qui préféraient mettre de l’argent dans le trésor du Temple plutôt que de le consacrer à leur famille dans le besoin ? N’a-t-il pas fait du père de famille qui attend le retour de son enfant malheureux l’image de son Père ? Il a été reçu dans la famille de Marthe, Marie, Lazare. Il habitait avec celle de Pierre à Capharnaüm. Jésus veut nous dire autre chose.

3. Jusque là il était resté dans le nord du lac de Galilée, loin de Jérusalem. C’est là qu’il avait trouvé le public de petites gens capables de l’écouter parler de Dieu d’une autre manière que celle des rabbis de la synagogue qui prônaient l’application stricte et lourde des commandements de Moïse. Mais tout se joue dans les capitales. Il fallait donc fallait bien un jour monter à Jérusalem et son Temple, phare de la religion juive, pour dire ce qu’il avait à dire. Il lui fallait dire que ce Dieu unique, dont il était interdit de prononcer le nom, était Amour et qu’on pouvait, qu’on devait l’appeler Père, avoir avec lui des relations filiales. Que les pratiques du temple, les offrandes, les sacrifices, ne devaient pas en prendre la place. Jésus savait bien que les gens du Temple ne se laisseraient pas faire. Ses disciples eux-mêmes en étaient convaincus et lui avaient conseillé de ne pas monter à Jérusalem, qu’il y serait arrêté. Mais Jésus maintient sa décision, va donc volontairement, « avec courage » dit le texte, au-devant d’un destin tragique parce qu’il a choisi de ne pas reculer devant les menaces. Il a décidé de « ne pas regarder en arrière », de ne pas rester « en famille », pour aller jusqu’au bout de sa mission. Quoi qu’il lui en coûte. Rejeté d’un village, il passerait par un autre. Il irait à Jérusalem pour dire que seul l’amour sauverait l’humanité de sa mort. Pour cela, li acceptait de renoncer à la vie.

4. Ce faisant, il nous donne l’exemple à suivre dans nos choix et nos comportements. Bien différents de ceux qui nous paraissent normaux, habituels aux hommes. Aller en premier vers celui qui vous a offensé, cela n’est pas dans l’ordre des choses. C’est à l’offenseur de venir demander pardon. Prier pour celui qui vous veut du mal, ce n’est pas dans la norme des choses ; se considérer comme serviteur plutôt que comme maître va à l’encontre de ce qui se fait lorsqu’on recherche à être le meilleur, à se considérer comme le plus méritant. Ne pas revenir en arrière. Ne pas regretter parce que l’autre n’a rien changé dans sa manière d’être et de faire ou parce que nous n’en avons eu aucun signe de reconnaissance. C’est cela que Jésus demande à ses disciples. Quitter nos manières de faire, nos réflexes naturels. Cela demande du courage. Avec le risque d’être mal compris, mal accueilli, considéré comme faible. Parce que ce n’est pas dans l’air du temps. Le romancier russe Tchekhov raconte, dans un récit intitulé La salle n° 6, qu’un médecin psychiatre, conscient que le dialogue avec les malades était le premier soin à leur prodiguer, finit par ne plus faire que cela. Ce qui eut pour effet de provoquer la réprobation de ses collègues qui s’en tenaient aux pratiques habituelles. Ils finirent par l’enfermer avec ces mêmes malades, le jugeant anormal. Il avait pris une autre route ; on ne le suivit pas et on l’empêcha de la suivre.

Seigneur, sois à nos côtés lorsque nous cherchons notre chemin, lorsque nous avons des choix de vie à décider, d’opinions à se faire, lorsque nous sommes tentés de revenir en arrière. Mets en nous ton Esprit, celui qui nous rend plus humains en devenant plus solidaires. Aide-nous à rester fidèles malgré les oppositions, les incompréhensions. Dans ces moments-là, donne-nous de savoir lever les yeux vers toi, toi qui es toujours devant.


Méditation (Mère Teresa)

Les gens sont souvent déraisonnables, centrés sur eux-mêmes…
Pardonne-leur quand même.

Si tu es gentil, les gens peuvent t’accuser d’être égoïste et d’avoir des arrière-pensées…
Sois gentil quand même.

Si tu réussis, tu trouveras de faux amis et des vrais ennemis…
Réussis quand même.

Si tu es honnête et franc, il se peut que les gens abusent de toi…
Sois honnête et franc quand même.

Le bien que tu fais aujourd’hui, les gens l’auront souvent oublié demain…
Fais le bien quand même.

Donne au monde le meilleur que tu as et il se pourrait que cela ne soit jamais assez…
Donne au monde le meilleur que tu as quand même.

Tu vois, en analyse finale, c’est une histoire en toi et Dieu, cela n’a jamais été entre eux et toi.

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(re)publié: 30/06/2019