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4e dim. de Pâques (12/5) : Piste pour l’homélie

L’Evangile est par définition une « Bonne Nouvelle ». Lorsque je lis l’Evangile il doit toujours retentir en moi comme une bonne nouvelle. Mais cela n’est cependant pas toujours évident ni facile.
Ainsi par exemple dans l’Evangile d’aujourd’hui Jésus nous dit : « Je suis le bon pasteur. » En entendant cela je ne peux m’empêcher de penser au Jésus des images pieuses, un Jésus tout rosé et bouclé qui tient dans ses bras un beau petit mouton tout propre et bien sage.
Jusque là je ne vois pas très bien où est la Bonne Nouvelle car personnellement je n’ai guère envie de jouer au mouton bêlant avec les autres qui suit le mouvement collectif, se laisse tondre et enfermer dans un enclos sans réagir. Faire le mouton n’est vraiment pas l’exemple que l’on suggère à ses enfants.

Le monde a besoin au contraire de personnalités fortes, libres, capables de prendre en main leur destinée. L’actualité nous montre suffisamment de bergers qui tondent et exploitent leurs moutons. Je pense à tous ces assoiffés de pouvoir qui conduisent leurs troupeaux comme on conduit des brebis à l’abattoir, là où coule le sang, ou encore ces politiciens qui se servent des électeurs comme marche-pied pour mieux se dresser sur leur piédestal, ou encore ces financiers qui se servent de l’argent des plus pauvres pour se sucrer, ou même ces hommes d’Eglise pour qui le dogme, les principes et les lois comptent plus que les personnes.

De notre côté, comme des moutons, nous consommons la publicité, nous nous laissons pilonner par des informations tendancieuses ou répétons les slogans, les vérités toutes faites sans vraiment les vérifier.

Mais alors, me direz-vous, où pouvons-nous trouver la Bonne Nouvelle dans cet Evangile ?
Si nous ne ressentons pas la Bonne Nouvelle retentir en nous c’est tout simplement parce que nous restons bloqués sur des mots : berger, troupeau, mouton… ou sur des images : avez-vous déjà vu un berger marcher devant son troupeau ? Le berger ne marche pas devant le troupeau mais il le suit. C’est le troupeau qui choisit librement les bons pâturages.
Sur quoi Jésus veut-il mettre l’accent… sinon sur la relation ? Par son exemple de berger il veut simplement nous faire découvrir un aspect de cette relation qu’il désire entretenir avec nous. Une relation comparable à celle du berger avec ses brebis, c’est-à-dire d’abord une relation qui respecte notre liberté, mais aussi une relation faite de douceur, d’attention, de délicatesse, de confiance. Le berger ne souhaite qu’une chose : le bonheur de ses moutons.
Jésus précise : « je connais mes brebis », dit-il. Le mot connaître ici, ne signifie pas avoir une « connaissance », connaître avec son intelligence. En effet dans les Ecritures, le mot « connaître » est une affaire de cœur. Le mot « connaître » a toujours une connotation amoureuse et même sexuelle. Rappelez-vous par exemple les paroles de Marie à l’Ange Gabriel qui lui annonce qu’elle sera mère de Dieu, elle répond : « Je ne connais pas d’homme. »

En résumé : la Bonne Nouvelle de cet Evangile, c’est qu’il nous aide à comprendre de quel amour nous sommes aimés. Dieu, comme un amant, ne veut qu’une chose : notre bonheur.
Un tel berger, je veux bien le suivre, non pas à l’aveuglette, comme un mouton, mais comme la bien-aimée accepte volontiers de « suivre » son bien-aimé.

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(re)publié: 12/03/2019