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29e dim. ordinaire (20/10) : Pistes pour l’homélie

Le mal et la souffrance sont l’objection la plus courante à l’existence de Dieu !
Il est aisé de croire en Dieu lorsque tout va bien. Mais, par contre, lorsque le mal touche surtout des innocents ou nous-mêmes personnellement, croire en Dieu devient une chose quasi incompréhensible, inadmissible et révoltante.
Les lectures que nous venons d’entendre ne sont pas là pour nous rassurer, elles semblent dire qu’il suffit de prier pour que tout aille bien. Voyez Moïse : il prie les bras levés vers le ciel et comme par enchantement son armée gagne la bataille. Ou cette veuve : à force d’ennuyer le juge, elle obtient satisfaction.
La démarche semble assez simple, il suffit de prier pour obtenir l’objet de nos demandes. Nous avons peut-être déjà entendu des personnes qui disaient : « Si vous n’obtenez pas satisfaction, c’est parce que vous ne priez pas assez ou parce que vous n’avez pas suffisamment la foi. »
Dans ce cas, nous pourrions nous questionner sur la qualité et l’efficacité de la prière de Jésus lui-même : lui non plus n’a pas été exaucé lorsqu’il demande à son Père : « Eloigne de moi cette coupe », et quelques instants plus tard il dira : « Mon Dieu mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? ».
Nous avons été éduqués dans cette mentalité que la prière est essentiellement un flot de paroles : ne dit-on pas « on récite ses prières » « on dit ses prières », alors on répète des formules apprises par cœur, on lit de belles prières au dos d’images pieuses, on lit de beaux textes, de belles pensées…
Or si nous regardons l’histoire de Moïse autant que celle de la veuve de l’Evangile, il n’est guère question ici de paroles, Moïse ne dit pas grand-chose mais il accomplit un geste éprouvant, si dur qu’il a même besoin de l’aide de ses compagnons pour tenir le coup.
De même la veuve de l’Evangile, sans doute elle demande justice au juge mais cette parole est essentiellement accompagnée d’une démarche elle aussi très éprouvante. Imaginez combien elle a dû vaincre sa peur, elle une pauvre veuve, pour oser frapper à la porte d’un juge. Combien de fois a-t-elle dû traverser la ville pour se rendre dans le quartier des notables, attendre de longues heures avant d’être reçue peut-être comme un chien ?
Oui, la prière est bien autre chose qu’une suite de mots, elle est avant tout une action assez difficile, une démarche, une mise en route.
Si nous nous imaginons qu’à force de paroles nous nous ferons entendre de Dieu et qu’il finira par les exaucer, nous nous trompons. Les textes d’aujourd’hui nous montrent que la prière est d’abord un mouvement, un dérangement, une démarche éprouvante et pénible dans laquelle tout notre corps, tout notre être est engagé.
La prière n’est pas magique. Si elle commence peut-être par une parole, elle ne sera vraiment prière efficace que si elle s’achève dans une lutte, un combat pour obtenir, ou plus exactement pour réaliser avec l’aide de Dieu, ce que nous lui demandons.

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(re)publié: 20/08/2019