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24e dim. ordinaire (15/9) : Piste pour l’homélie

Quels sont les parents qui n’ont jamais perdu un enfant, lors d’une manifestation, dans un grand magasin ou tout bonnement sur la plage ? C’est alors la course folle dans tous les sens, la recherche angoissée… on se sent fâché contre l’enfant pour son inattention et contre soi-même pour son manque de vigilance. Mais tout cela est vite effacé par le soulagement lorsque, tout à coup, on aperçoit l’enfant qui court se jeter dans nos bras.
Ce genre de mésaventure, nous savons que Marie et Joseph eux aussi l’ont vécue avec Jésus, mais aujourd’hui dans la 1re lecture nous voyons Dieu vivre lui-même un drame semblable. Alors qu’il a tout fait pour son peuple, pour le sortir de l’esclavage et en faire un peuple libre, il le voit soudainement s’éloigner de lui pour se tourner vers le veau d’or. Et avec son cœur de Père, Dieu fait cette triste constatation : « Ils n’auront pas mis longtemps, dit-il, à quitter le chemin que je leur avais prescrit. » Oui, cela a été si vite pour oublier le Dieu qui les a sortis de l’esclavage égyptien ! Ils adorent désormais le travail de leurs mains comme si c’était à lui et non à Dieu qu’ils devaient leur salut.
N’est-ce pas dans la même idolâtrie que nous tombons aujourd’hui ?
Plus que jamais il nous arrive aussi de magnifier l’œuvre de nos mains comme si c’était par elles que nous pouvions trouver le bonheur, comme si nous étions les seuls maîtres de notre destinée, comme si nous avions tout pouvoir sur tout.
Mais c’est vite oublier que, même si nous pouvons grandement contribuer à la réalisation de notre vie et de notre monde, nous n’en sommes pas les maîtres absolus. C’est oublier bien vite que tout ce que nous sommes, tout ce que nous avons, tout nous est donné.

Si nous regardons l’évangile, nous voyons aussi qu’il est question d’égarement, d’objets perdus : une brebis, une pièce d’argent et même un fils perdu. C’est Dieu qui fait le 1er pas, qui part à la recherche, et cela se termine dans un éclat de joie.
En face, dans un contraste effarant, les scribes et les pharisiens, les râleurs professionnels, qui ne voient partout que le mal, les erreurs et les faux pas. Ils ne comprennent évidemment rien à la joie des retrouvailles. Ils ne semblent d’ailleurs pas connaître la joie.

Tout ceci me donne envie de tirer 3 petites conclusions :
- la 1re est de savoir reconnaître son égarement. Nous aussi il nous arrive d’idolâtrer l’œuvre de nos mains, d’y attacher une importance exagérée, exclusive, alors que nous savons pertinemment bien que cela ne mène qu’à une impasse, une voie de garage.
- La 2e conclusion est l’urgence de prendre conscience que Dieu est toujours à notre recherche, si loin que nous soyons partis. Nous lui sommes si précieux qu’il abandonne tout pour nous, nous sommes l’objet de tout son amour.
- Et enfin, essayons à notre tour de partager cette joie de Dieu en reconnaissant et même en admirant tous les efforts de ceux qui étant tombés tentent de revenir, de remonter la pente.
Et ainsi par un regard nouveau, le même que Dieu, notre mépris, notre dédain, nos critiques négatives, se transformeront en encouragements qui seront sources d’allégresse et de joie.

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(re)publié: 15/07/2019