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Au temps de l’Avent

1. Il faut bien le constater : aucune fête n’a autant de vitrines et de marchés en plein air pour la vendre que celle du père Noël. Quelques crèches aussi sur la place publique parce qu’elles entrent dans la catégorie « culturelle ». Partout dans ce pays qui le premier pourtant a décrété à juste titre la séparation de l’Eglise et de l’Etat et dont les gouvernements ont bien du mal à définir sa laïcité. Il ne faut pourtant pas la bouder, cette fête qui a pour origine la naissance d’un enfant qui nous tend les bras. Même si les églises qui seront remplies aux messes de la nuit et du jour de Noël, resteront bien désertes après, nous, nous resterons.

2. Dans le même temps, on ne peut passer sous silence et fermer les yeux sur ce qui se vit dans notre monde sous des signes de fin des temps. Comme au Yémen, en voyant ces tout petits, plus morts que vivants, sans autres crèches que des ruines. Comme en Birmanie, en Chine et ailleurs, partout là où les persécutions ethniques, religieuses enferment des communautés dans la peur et les obligent à fuir les nouveaux Hérode. Le mur de Berlin est tombé mais d’autres sont construits pour barrer la route à ces chercheurs de refuges d’accueil qui ne soient pas des étables.

3. Sans refuser la fête, ni fermer les yeux, nous avons à vivre ce temps qui est le nôtre. Pour nous y aider, la liturgie de ces dimanches nous propose des guides pour jalonner la route de notre Avent. Ils ont pour noms Jérémie, Jean le Baptiste, Marie.
a. En ce premier dimanche, d’abord le prophète Jérémie. Il a vécu l’une des périodes les plus troublées de son époque. Quatre invasions de son pays suivies de la destruction de Jérusalem ne l’ont pas empêché de proclamer « une parole de bonheur » : le pays de Juda sera sauvé et Jérusalem habitera en sécurité. Il embouche la trompette de héraut du Seigneur : « Voici venir des jours où je ferai germer un Germe de Justice qui exercera le droit et la justice ! » Lorsque les évangélistes écriront leurs récits, après 70, Jérusalem aura été détruite par les Romains, le peuple juif dispersé. Et pourtant « redressez-vous, relevez la tête … » nous disent-ils de la part de Jésus. Nous ne sommes pas exemptés de vivre au milieu de temps troublés comme ceux d’aujourd’hui, comme de vivre des événements douloureux que sont des temps de maladie ou ceux de la perte d’un être cher. A nous d’y porter de l’espérance. Allume une bougie, mon frère.
b. Au deuxième dimanche, nous entendons Jean le Baptiste, ce nouveau prophète, proclamer, à l’instar de ses prédécesseurs Jérémie, Baruc, des temps nouveaux pour un monde dominé par les puissants du moment, Tibère, Pilate, Hérode, Hanne et Caïphe, qui ne souhaitaient aucunement un autre avenir. Aujourd’hui, des murs remplacent les collines, les inégalités se creusent sans que nous ayons le sentiment de pouvoir y changer quelque chose. Les promesses du Précurseur sont-elles pour un autre temps, hors du temps ? Ou plutôt une invitation à nous poser des questions de l’usage que nous faisons de notre temps. Es-tu satisfait de toi ? Que penses-tu de la manière dont tu vois les choses ? Où vas-tu ? Qu’as-tu fait du temps passé ? Que veux-tu faire de celui qui t’es encore donné ? Nous chantons « Venez divin Messie » mais celui qui est venu nous demande de sortir de chez nous, de surpasser nos différents, combler nos incompréhensions pour partager les cadeaux qu’il porte entre ses mains : douceur, esprit de paix, de partage, humilité, et de beaucoup d’autres qui feront connaître un autre temps à ceux qui sont de notre temps. Allume une autre bougie, mon frère !

Voici le temps de l’Avent et ses paroles d’espérance, d’amour et de foi.


Aloyse SCHAFF
as1932 gmail.com
 
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(re)publié: 02/12/2018