LogoAppli mobile

27e dimanche

1. Mariage, divorce, enfants, sont au premier plan des récits de ce jour. « Dieu les créa homme et femme », est-il écrit dans le livre de la Genèse, mot qui signifie formation. Il faut admirer l’auteur de ce récit qui voit l’homme, image de Dieu, se faire confier de participer à l’extension de la création. Et ce seront les enfants. L’homme est capable de grande ingéniosité. Il y a 10 000 ans, il fit la révolution agricole qui lui permit de passer du stade de cueilleur-chasseur à la maîtrise de la terre ; après la découverte de l’électricité, il y a 200 ans, il propulsa la révolution industrielle et de nos jours la révolution informatique. De l’homo habilis à l’homo digitalis. Mais il reste qu’aucune de ses découvertes ne peut égaler cette capacité à transmettre la vie. Il peut la contrôler, la refuser, mais il ne peut nier qu’elle est au cœur de son être comme une source génératrice de son devenir, en communion avec toute la création végétale et animale. Il faut commencer par admirer et rendre grâce pour ce bienfait de Dieu, source de bonheur de l’homme.

2. Ce bonheur se voit dans la joie des nouveaux mariés, de leurs parents, de leurs amis. Ce bonheur est au creux de tous leurs projets avec l’espérance que cela dure toute la vie, dans le meilleur comme dans le pire. Un beau rêve qui n’a qu’un temps. Car vient le temps où il apprend que la source jaillissante ne donne pas naissance à un fleuve tranquille. Tant d’événements peuvent le transformer en torrent dévastateur. Il en fut toujours ainsi, au temps de Jésus comme au nôtre. Et pour échapper à ce que l’on a appelé « l’enfer à deux » ne vaut-il pas mieux se séparer ?

3. « Est-il permis », c’est-à-dire « y-a-t-il une loi » qui permette le divorce de gens mariés ? Les pharisiens posèrent une question dont ils savaient la réponse, celle que Moïse leur avait laissée : le mari qui pouvait avoir une épouse et plusieurs concubines était en droit, et lui seul, de renvoyer sa femme pour un motif à sa convenance. Une fois encore les gardiens de la Loi veulent prendre en défaut celui qui faisait passer l’homme avant et au-dessus d’elle comme il le fit pour l’observance du sabbat par exemple. Allait-il faire de même ?

4. Jésus les renvoie au récit de la création généreuse en même temps qu’il leur rappelle la dureté de cœur de l’homme qu’il est venu attendrir en montrant la tendresse de Dieu. Cette tendresse éclate dans son regard et ses paroles sur les jeunes enfants en lesquels il voit se vivre la plus grande confiance en leurs parents. Un enfant qui naît c’est une confiance qui commence ; un divorce c’est une confiance qui meurt. Comment Jésus ne demanderait-il pas de leur ressembler ? C’est un idéal qu’il propose plutôt qu’une permissivité qu’il condamne. Ce n’est pas à cause de la dureté de notre cœur que nous devons renoncer à cet idéal, qui, même s’il n’est jamais atteint ici-bas, devrait être entendu comme appel venu d’en haut. « Soyez parfait comme votre Père céleste est parfait. » La fidélité de Dieu, sa miséricorde envers l’homme appellent à la fidélité confiante dans le couple, à la miséricorde qu’elle exige. Celle qu’il montre envers cette femme qu’on lui amène parce qu’adultère. « Que celui qui n’a jamais péché, lui jette la première pierre… Après avoir entendu ces paroles, ils se retirèrent l’un après l’autre, à commencer par les plus âgés, et Jésus resta seul » ajoute malicieusement l’évangéliste.

5. Cette miséricorde, le pape François l’a demandée pour les couples divorcés et remariés que, depuis quatre siècles, l’Eglise catholique a considérés comme sortis de la pleine communion et donc des sacrements de la pénitence et de l’eucharistie et même de responsabilités ecclésiales tout en affirmant qu’ils ne sont pas hors de l’Eglise qui ne doit pas manquer de sollicitude à leur égard. Le pape François appelle à un avancement qui ne va pas sans rencontrer des oppositions de la part de ceux qui entendent garder force de loi à la tradition. On ne peut que le soutenir.

Seigneur, tu sais ce qu’il y a dans l’homme, ses élans de générosité mais aussi ses difficultés à aimer, à se faire aimer. Tu connais nos chutes et nos chemins de croix et, à côté, les passants qui jugent et condamnent. Mais tu ne cesses de dire « Relève-toi » en tendant la main à celui qui se sent condamnable, condamné. Alors, Seigneur, rappelle-toi à moi si je devais t’oublier dans ces moments-là.


Aloyse SCHAFF
as1932 gmail.com
 
Une faute d'orthographe ? Une erreur dans l'article ? Un problème ? Dites-nous tout !
(re)publié: 07/10/2018