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2e dim. ordinaire (17/1) : Piste pour l’homélie

Vu de l’extérieur, le croyant n’est-il pas souvent considéré comme celui qui sait, qui détient la vérité ? Or l’Evangile d’aujourd’hui nous présente le croyant comme étant plutôt celui qui cherche. C’est Jésus lui-même qui prend l’initiative de demander à ces 2 hommes qui le suivent : « Que cherchez-vous ? ».
Les 2 disciples sont un peu pris au dépourvu. Peut-être cherchent-ils un sens à leur vie, une raison de vivre autre que de travailler uniquement pour boire et manger. Cette question de Jésus « Que cherchez-vous ? » signifie que le croyant est essentiellement un chercheur.
Il est important d’être chercheur parce que c’est la preuve que l’on ne peut pas se suffire à soi-même, que l’on ne possède pas tout, que l’on ne sait pas tout. Etre chercheur c’est être habité de désir, c’est avoir un manque que l’on ne peut combler soi-même, c’est donc reconnaître que l’on a besoin des autres.
De plus le chercheur est celui qui ne regarde pas seulement vers le passé, il est résolument tourné vers l’avenir.
Notre Dieu est le Dieu du futur, qui veut nous ouvrir à l’avenir, donner une histoire à celui qui accepte de se lier à lui.

A la question de Jésus « Que cherchez-vous ? » les disciples répondent par une autre question : « Où demeures-tu ? »
Lorsqu’on nous pose ce genre de question, nous répondons en donnant nos coordonnées : rue, localité, n°… mais Jésus, lui, répond par une invitation, il propose une démarche, un geste un engagement : « Venez et vous verrez ! » Jésus veut que les disciples en allant avec lui puissent voir par eux-mêmes s’ils trouvent la réponse à ce qu’ils cherchent. Jésus leur laisse une entière liberté.
Et c’est ce que firent les 2 disciples : ils allèrent avec Jésus et y passèrent la journée.
Quelle fut leur expérience ? Que fut cette rencontre pour qu’aussitôt ils laissent leur barque, abandonnent leurs filets et suivent Jésus ?
Eux-mêmes n’ont pas pu l’expliquer. Ce qui est certain c’est qu’au cours de cette journée ils ont été au-delà de la simple rencontre de courtoisie. Certainement que ces heures passées ensemble les ont plongés au cœur de leur intimité ; ce furent des heures d’une intense communion au point qu’ils se souviennent encore du moment avec précision. C’était vers 4 h du soir. Ils ont compris qu’ils comptaient aux yeux de Dieu, un Dieu qui avait besoin d’eux.

Si nous résumons maintenant tout ceci, nous voyons que l’aventure de Jésus de Nazareth nécessite d’abord un désir, une recherche qui commence toujours par une initiative, on pourrait dire « un appel » de Dieu : « Que cherchez-vous ? » et une réponse de l’homme : « Où demeures-tu ? »
Il s’ensuit une invitation : « Venez et vous verrez » et cela se termine par une communion : « Ils virent et ils demeurèrent »
Nous retrouvons ce même appel dans la 1re lecture « Samuel, Samuel » et la réponse de l’homme : « Me voici Seigneur. »
Samuel, comme les 2 disciples, ne soupçonnaient pas dans quelle aventure ils allaient s’engager. La foi n’est jamais une évidence, elle est un chemin que l’on prend, que l’on choisit sans très bien savoir où il va nous mener, car on n’a jamais fini de trouver ce que l’on cherche.
Mais quand on aime, on n’hésite pas à abandonner ses vieilles habitudes pour demeurer avec celui que l’on chérit.

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Georges LAMOTTE

Prêtre du diocèse de Namur, † 2017.

(re)publié: 17/11/2020