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17e dim. ordinaire (25/7) : Piste pour l’homélie

Jn 6, 1-15

Avez-vous remarqué l’extrême ressemblance entre le récit de la 1re lecture : une petite multiplication des pains opérée par le prophète Elisée qui, avec 20 pains, nourrit quelques centaines de personnes et le récit de l’Evangile où avec 5 pains Jésus nourrit des milliers de personnes ? Ceci confirme ce que nous disions dimanche dernier, Jésus accomplit en plénitude l’Ancien Testament : que ce soit Moïse ou les prophètes.
Il n’y a aucun doute, Jean s’est inspiré de ce récit de l’Ancien Testament pour écrire son Evangile. Cela peut nous troubler un peu mais nous devons bien nous mettre dans la tête que la question n’est pas de savoir si cet événement s’est bien déroulé ainsi, mais de savoir : « Comment cet Evangile peut-il être une Bonne Nouvelle aujourd’hui ? »
Il y aurait beaucoup à dire concernant les rapprochements, les parallèles que l’évangéliste Jean fait entre ces pains multipliés et l’eucharistie. Ce serait un peu long à expliquer ici. Aujourd’hui, je voudrais simplement souligner une parole de Jésus à laquelle généralement on prête peu d’attention : « Où pourrions-nous acheter le pain pour qu’ils aient à manger ? »
Cette question, Jésus la pose à ses disciples pour « les mettre à l’épreuve », dit Jean. C’est donc une question piège !
En effet cette question est une provocation de Jésus pour leur faire trouver une solution du type commercial : « où acheter le pain ? » Nous sommes en plein dans le registre économique.
Naturellement les apôtres tombent à pieds joints dans le piège : ils répondent : «  Le salaire de 200 journées ne suffirait pas pour donner à chacun un petit morceau. » Vous entendez bien « ne suffirait pas… ».
Or justement l’objectif de Jésus c’est de leur montrer que la relation telle que Dieu la veut n’est certainement du type commercial, mais une relation d’échange gratuit, de don en abondance. En amour tout est gratuit. !
Parmi l’assemblée, seul un petit garçon l’a compris. C’est grâce à son don que toute la foule sera rassasiée et il en restera encore beaucoup trop.

C’est la même chose encore pour nous aujourd’hui, s’il n’existe entre nous que des relations de type commercial, cela ne suffira jamais pour que chacun ait un petit morceau.
Mais si chacun renonçait à s’approprier ce qu’il a pour jouer l’échange, tout le monde serait dans l’abondance. On le voit bien au niveau mondial quand on sait qu’il y a de quoi nourrir deux fois la planète et que chaque seconde un enfant meurt de faim !

Ce thème de la ‘surabondance’ dans le don, de la gratuité… est très courant dans l’Evangile depuis les « noces de Cana », « la pêche miraculeuse » en passant par « l’amour des ennemis », le « pardon de la faute jusqu’à 77 fois 7 fois » etc.
Le Dieu que Jésus nous révèle est vraiment le Dieu de la surabondance. Et s’il est le Dieu que nous choisissons, il nous suffit de suivre l’exemple du petit garçon qui, en offrant le peu qu’il a, change la vie d’une multitude.
Alors nous deviendrons figure du royaume de Dieu et artisans de sa justice.

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Georges LAMOTTE

Prêtre du diocèse de Namur, † 2017.

(re)publié: 25/05/2021