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11e dim. ordinaire (13/06) : Piste pour l’homélie

Voici un homme qui jette la semence sur la terre, c’est le geste d’un moment. Puis à la fin, un autre geste ponctuel de sa part reviendra : il met la faucille. C’est aussi le geste d’un moment. Entre ces 2 gestes « d’un moment » il y a le temps de la durée : nuit et jour, sans interruption, sans repos, la semence germe.
Il en va ainsi de notre existence. Tous, quelle que soit l’importance de notre activité, nous vivons dans l’alternance d’un moment de passivité et d’activité, de repos et de veille. Mais la semence ne cesse de germer et de grandir de jour et de nuit. Il n’y a pas d’alternance pour elle mais une longue germination et une croissance ininterrompue dans la terre. La semence produit d’abord l’herbe puis l’épi puis plein de blé dans l’épi.
Cette parabole ne veut pas nous faire la morale, nous dire ce que nous devons faire, mais elle nous parle de Dieu. Elle nous dévoile la surabondance de l’action de Dieu qui n’arrête jamais de donner la vie jusqu’au temps de la moisson, dans l’au-delà de l’histoire. L’homme ne sait pas comment et ce « non savoir » est une image de sa foi. L’homme ne peut qu’abandonner à la terre la fécondité de son action. Il doit accepter sa non maîtrise !

Un peu plus loin l’Evangile nous dit cependant quelque chose d’assez étonnant : « Jésus leur annonçait la Parole dans la mesure où ils étaient capables de la comprendre ! »
‘Comprendre Dieu’ qui en est capable ? Qui peut le prétendre ?
Selon notre interprétation chrétienne la manifestation de Dieu commence dans l’histoire de l’Ancien Testament et s’accomplit en Jésus.
Or que fait Jésus ? Il mène simplement sa vie d’homme, un homme parmi les autres. La seule chose qui le distingue est ‘sa manière d’être en relation’.
Tel le semeur, il répand des germes de vie dans le quotidien de l’existence. C’est par sa manière de vivre qu’il nous dit Dieu. Il rend visible la vie de Dieu, on pourrait dire « le style de vie » de Dieu, sa sollicitude.
Mais nous n’avons pas tous la même sensibilité, la même attention, la même disponibilité pour accueillir cette révélation de Dieu. Car il en va de notre relation à Dieu comme de nos relations humaines : elles ne sont possibles que dans la réciprocité, dans le don et l’accueil.
Celui qui est ouvert à la Parole malgré tous les revers de l’existence, celui-là goûtera tous les bienfaits de la croissance et se réjouira de tout le bien qui s’opère autour de lui, modestement, comme Jésus, dans les choses les plus simples. Alors, lui aussi, comme Jésus se mettra à l’ouvrage dans une attitude de confiance, sûr que son action sera féconde. Tout en acceptant de ne pas savoir comment cela se réalise.

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Georges LAMOTTE

Prêtre du diocèse de Namur, † 2017.

(re)publié: 13/04/2021