12e dim. ordinaire (21/6) : Pistes pour l’homélie
Dans l’évangile, toutes les paroles ne sont pas évidentes, il en est qui nous restent parfois en travers de la gorge et d’autres sur lesquelles on est bloqué. Or curieusement, ce sont souvent des paroles qui sont les plus intéressantes à comprendre. Ainsi, par exemple, celle que nous venons d’entendre : « Ce que je dis dans l’ombre, dites-le au grand jour ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur tous les toits. »
Cette parole est dérangeante en ce sens qu’on se voit mal aller sur les places publiques crier l’évangile. Certains nous prendraient pour des illuminés. Sans doute, il est bon d’avoir une certaine présence dans les médias, une visibilité dans les débats de société, mais de là à faire du porte à porte, il y a une limite que beaucoup n’aimeraient pas franchir.
Généralement, lorsque nous avons une bonne nouvelle, sans la crier sur tous les toits, en la répétant naturellement, simplement de bouche à oreille, elle se propage et se répand rapidement. Et elle se répète dans la mesure où elle touche les cœurs, les sensibilités ; dans la mesure où elle émeut, interpelle et vient bouleverser quelque chose dans notre vie.
Aujourd’hui, l’évangile a un peu perdu de sa nouveauté ; la nouvelle n’est plus trop « nouvelle » puisqu’il y a plus de 2000 ans qu’on nous raconte les mêmes histoires. Le message de Jésus et de ses apôtres peut-il donc encore apporter du neuf et toucher notre sensibilité ?
Dans un couple, si on s’exprime et se répète pour la 1000ème fois son amour, lorsque vos enfants vous redisent pour la xième fois leur tendresse, c’est toujours reçu comme une nouveauté. On ne s’en lasse pas, chaque fois, nous sommes émus et touchés au cœur. C’est toujours un moment de bonheur.
Ainsi en va-t-il de l’évangile, il n’est pas un scoop à la manière des médias. A chaque eucharistie, nous sommes invités à réentendre la Bonne Nouvelle non pas avec la curiosité de notre intelligence mais avec notre cœur. Ici, comme pour les couples ou les enfants, c’est Dieu qui nous déclare son amour. Sans cesse il nous redit que nous avons une place dans son cœur ; il nous appelle par notre nom qu’il a gravé sur la paume de ses mains. Nous sommes voulus, désirés, attendus…
Cela signifie qu’au cœur de l’univers, dans le monde, nous avons un rôle à jouer, nous pouvons fléchir le cours de l’histoire dans un sens ou dans un autre, sans doute modestement, mais de façon certaine. Nous prenons de plus en plus conscience que nos choix de vie ont une incidence, non seulement sur notre société immédiate mais aussi pour l’avenir et sur les générations futures.
En résumé : il est essentiel de croire que nous avons de l’importance comme je l’entendais dernièrement dans le chant d’un psaume « Je te rends grâce, Seigneur, pour la merveille que je suis ». Il est vrai qu’on nous a surtout appris à dire « Seigneur, aie pitié du pauvre pécheur que je suis ». Je ne suis pas certain que cette prière soit plus agréable à Dieu que le « merci pour la merveille que je suis » !
Notre Dieu porte sur nous un regard positif. Je suis certain qu’il nous admire, que nous sommes la plus belle part de son trésor, autant que les parents aiment chacun de leurs enfants de façon unique. Voilà la Bonne Nouvelle, elle ne se transmet pas par mail, sms, tv, radio… elle se transmet par les cœurs. N’hésitons pas à la propager, malgré les obstacles et nos craintes. Que le monde l’entende et s’en réjouisse !

Prêtre du diocèse de Namur, † 2017.
- 7e dim. de Pâques (17/5) : Un Credo
- Saint-Sacrement (7/6) : Deux Credo
- 7e dim. de Pâques (17/5) : Pistes pour l’homélie
- 12e dim. ordinaire (21/6) : Prières pour la célébration
- Saint-Sacrement (7/6) : Prière eucharistique « Corps et Sang du Christ »
- 7e dim. de Pâques (17/5) : Prières pour la célébration
- Saint-Sacrement (7/6) : Prières pour la célébration
- 12e dim. ordinaire (21/6) : Prière eucharistique « Ne craignez pas »
- 12e dim. ordinaire (21/6) : Un Credo
- Saint-Sacrement (7/6) : Pistes pour l’homélie
- 7e dim. de Pâques (17/5) : Prière eucharistique « À la gloire de Dieu »

https://portstnicolas.org/article5206