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1er dim. de l’Avent (1/12) : Homélie

1. On lit dans le livre de la Genèse : « Le Seigneur vit que la méchanceté des hommes se multipliait sur la terre : à longueur de journée, son cœur n’était porté qu’à concevoir le mal et le Seigneur se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre. Il s’en affligea et dit : ‘J’effacerai de la surface du sol l’homme que j’ai créé, hommes, bestiaux, petites bêtes et même les oiseaux du ciel, car je me repens de les avoir faits.’ » (Gn 6,5-7) Au cataclysme du mal, succéda celui du déluge pour l’effacer.

2. Au cours de récent son voyage au Japon, le pape François a rappelé à Nagasaki le cataclysme que vécurent les habitants le 9 août 1945 à 11 h du matin. Les enfants étaient à l’école, les hommes à leurs bureaux et les ménagères préparaient les repas dans l’attente de la famille. Il n’a pas fallu quarante jours et quarante nuits pour rayer la ville de la carte mais une fraction de seconde. Il n’est plus besoin de Dieu, l’homme se suffit dans cette besogne. A longueur de siècles, les hommes ont multiplié le geste de Caïn tuant son frère Abel. A longueur de siècles, ils ont décuplé les moyens de se détruire. Les flèches ont été remplacées par les armes à feu, les gaz toxiques, l’arme nucléaire. Qu’en sera-t-il demain ?

3. Dans le seul but de construire un avenir meilleur, de mille ans prétendait Hitler mais par quels moyens, sur combien de victimes ? Aujourd’hui, partout dans le monde, des populations manifestent dans la rue pour protester contre la précarité, contre la corruption, contre la dictature leurs dirigeants. Dans l’attente d’un monde meilleur, plus juste. Et la violence apparaît aussitôt. Nous vivons dans un monde qui produit le mal pour ne pas le voir à sa porte. Comme si on n’imaginait pas que ce monde meilleur attendu ne pouvait se préparer que dans la violence. Mais l’homme en est-il capable ?

4. Le récit du déluge se poursuit ainsi : « Mais Noé trouva grâce aux yeux du Seigneur. » ‘Et la terre se repeupla, les champs reverdirent et les oiseaux chantèrent à nouveau’ termine joliment ce récit symbolique. Symbolique et annonciateur de ce qui se passerait plus tard. Mais d’une autre manière qu’au temps de Noé. Il sera effacé de la terre, non pas le méchant, mais Jésus, le seul Juste. Il avait annoncé à ses disciples « la venue du Fils de l’homme, sur les nuées du ciel, dans la plénitude de la puissance et de la gloire » (Mt 24,30). Mais ils ne virent qu’un homme défiguré, hissé sur une croix, conspué comme un malfaiteur.

5. Mais ce qu’ils virent trois jours plus tard, après le cataclysme vécu, fit reverdir la joie dans leur cœur. Nous chantons au cours de l’Avent, autrefois en latin, le vœu que formulait le prophète Isaïe (Is 45,8) : « Rorate caeli de super et nubes pluant Justum », cieux, versez votre rosée et que les nuées fassent pleuvoir le Juste. Que la terre s’ouvre et produise le salut. Et la terre s’était ouverte, la mort vaincue, et la Vie était revenue.

6. Les disciples partirent sur les routes du monde pour lui dire que l’Espérance n’était pas morte. Cette Espérance que Charles Péguy dépeint comme « une petite fille qui entraîne tout, sur le chemin charnel, sur le chemin raboteux du salut, sur la route interminable, celle qui entraîne tout parce qu’elle voit ce qui sera ». Nous le savons bien. Le moment de l’épreuve peut arriver à tout instant comme le montre le tragique accident survenu au Mali. Nous-mêmes ou l’un de nos proches n’échappons pas à l’éventualité d’un diagnostic de santé alarmant, du décès d’un proche, d’un échec professionnel. Autant de cataclysmes à nos échelles. Autant de voleurs d’espérance, venus dans la nuit de notre insouciance, pour percer notre maison.

Seigneur, aujourd’hui, tu nous as parlé de ta venue. Pour nous montrer comment vivre le présent. Dans la fidélité, cette attitude de confiance, ce pli de l’âme qui nous fera penser comme Toi, qui nous fera agir comme TOI. Parce que nous aurons les yeux ouverts et tournés vers TOI. Aide-nous à faire de ce temps de l’Avent un pas en Avant vers TOI.

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(re)publié: 01/12/2019