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Baptême du Seigneur (12/1) : Pistes pour l’homélie

« Jésus sort de l’eau » : plus tard on dira « qu’il marche sur l’eau » ou encore « qu’il calme la tempête » et enfin sur la croix lorsque le centurion lui perce le côté « il en sort de l’eau ».
Nous savons qu’à cette époque l’eau était le symbole de la mort. En disant donc dès le début de sa vie que « Jésus sort de l’eau », l’évangéliste signifie qu’il sort de la mort. Nous voyons une allusion évidente à la résurrection ! De même les autres images signifient que Jésus a vaincu la mort, qu’il la domine comme il marche sur l’eau et l’écrase comme il écrase la tempête.
Et c’est à cet instant que les cieux s’ouvrirent. Autrement dit le ciel se dévoile, il n’a plus de secrets nous pouvons le voir, il ne fait plus qu’un avec la terre.
Le ciel s’ouvre pour nous faire comprendre que Dieu n’est pas là où les anciens le situaient. Dieu en est sorti. Il n’y a plus d’un côté Dieu et de l’autre les hommes, il n’y a plus en haut le spirituel et en bas le profane, désormais le ciel et la terre ne font qu’un. Dieu n’est plus seulement au ciel, il est tout autant sur la terre. Il veut que le ciel soit ouvert pour accueillir toute l’humanité mais il veut surtout que la terre devienne le ciel pour chacun.

Ensuite « une voix se fit entendre ».
Nous savons combien la parole tient une grande place dans la vie de Jésus : ne dit-on pas qu’il est le Verbe ? Notre religion est une religion de la Parole. Toute notre foi chrétienne est d’ailleurs fondée sur la Parole, la Parole de Jésus dans l’Evangile mais aussi la parole de témoins.
Une voix se fit entendre ! C’est donc que Dieu n’est pas muet, il est un Dieu qui nous parle et sa Parole n’est pas du vent, elle est efficace, elle agit, elle est créatrice comme le récit de la création nous le montrait déjà.
Or voici que ce Dieu qui parle prend ici visage d’homme en Jésus. Jésus se fait l’écho de la voix de Dieu qui lui dit « tu es mon fils bien aimé ». Cette Parole, Jésus ne va pas se l’approprier pour lui tout seul, il ne la garde pas pour lui mais il va la proclamer, la partager, nous faisant comprendre que nous aussi nous sommes aimés de Dieu, nous aussi nous sommes fils et filles de Dieu.
Or le propre d’un fils c’est de n’être ni esclave, ni serviteur mais un être libre. Le fils n’est pas seulement collaborateur mais responsable. Autrement dit il doit entrer en action, prendre ses responsabilités car les affaires du Père sont aussi les siennes.

Ceci nous résume très bien quelle est la caractéristique du chrétien. Le propre du chrétien, ce n’est pas comme on le croit trop facilement d’apporter au monde des valeurs nouvelles comme l’amour, la justice ou même le pardon… non, car tout cela existait avant Jésus, mais la nouveauté du chrétien c’est qu’il sait qu’il est « fils ou fille bien-aimé de Dieu ».
Cette Bonne Nouvelle, comme Jésus, nous devons en faire écho, l’annoncer, la transmettre de génération en génération comme cela s’est fait depuis plus de 2000 ans, mais cette Bonne Nouvelle, comme Jésus également, il faut surtout la concrétiser par notre action.
C’est un peu à l’image de ces vœux et souhaits que nous échangeons encore en ces jours. C’est une belle coutume et il est heureux d’exprimer notre amitié et notre affection. Jusque là c’est assez facile, mais il nous reste toute l’année pour que nous donnions consistance à ces paroles, que nous leur donnions vie en les faisant advenir à la réalité. A nous de devenir ce que nous sommes : Fils et filles de Dieu !

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Georges LAMOTTE

Prêtre du diocèse de Namur, † 2017.

(re)publié: 06/01/2020