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Le temps de l’Église

Des temps forts

La liturgie invite chaque année les chrétiens à privilégier des temps forts : le carême, le temps pascal, l’avent. Ces temps privilégiés permettent de mettre en relief toute la richesse du temps de l’Eglise, du temps dans lequel l’Eglise vit d’ordinaire.

Un carême, mais c’est tout le temps que l’Eglise est appelée à la prière et au partage ; un temps pascal, mais c’est toute l’année que l’Eglise annonce la joie de Résurrection du Christ ; un temps de l’avent, mais c’est chaque jour que nous attendons l’avènement de Jésus Christ.

Et en même temps, ces temps forts de la liturgie invitent les chrétiens à progresser ensemble, même si le calendrier personnel de chacun n’est pas toujours en harmonie avec celui de l’Eglise : ils sont ensemble le peuple de Dieu.

Plusieurs chrétiens pourraient reconnaître que, sans le carême de chaque année, il n’y aurait peut-être pas beaucoup d’efforts dans leur vie.

Aujourd’hui

Sur la toile de fond des temps de la liturgie, nous célébrons les événements de la vie du Christ. Les fêtes chrétiennes ne célèbrent pas des idées, elles se rattachent à des actes du Christ. La liturgie chrétienne est enracinée dans l’histoire concrète.

Mais le christianisme n’est pas une religion de l’histoire. Aujourd’hui, le Christ habite l’éternité, au-delà du temps et de l’histoire.

La célébration des actes du Christ n’est pas un simple anniversaire un après-Christ, qui nous collerait au passé, elle est un « mémorial », c’est à dire qu’elle va plus loin que la mémoire. Elle est un avec-Christ, qui nous rend présents aux événements célébrés, comme si le Christ faisait de nous ses contemporains.

Elle nous rend présents à tout le passé et tout l’avenir du peuple de Dieu. Le peuple de Dieu est à la fois un peuple historique et un peuple au-delà de l’histoire. Nous sommes aujourd’hui le même peuple que celui qui a traversé la mer Rouge avec Moïse, le même rassemblement que celui qui accueillera le Christ venant à la fin des temps sur les nuées du ciel.

Demain

Le retour des mêmes fêtes chaque année ne doit pas nous faire illusion. Au regard de la foi, le temps n’est pas un cercle fermé, il est une marche continue vers le futur. Le peuple de Dieu est un peuple de l’avenir.

Toute la liturgie est marquée par ce dynamisme, appuyée sur la conviction que toute la création est tendue vers ce jour où le Christ reviendra. Chaque messe le lui demande : « Viens, Seigneur Jésus ! »

Quand l’Eglise célèbre les saints du passé, elle choisit le jour de leur arrivée dans la vie future.

Quand l’Eglise réunit les chrétiens aujourd’hui, elle donne déjà un signe du Royaume à venir : c’est dans nos églises que se retrouvent des personnes de diverses générations, de divers milieux sociaux, de diverses ethnies, et que tous peuvent chanter ensemble.

Dimanche

Un autre signe de cette tension du temps de l’Eglise vers le futur, c’est le choix du dimanche comme jour de l’assemblée.

Les premiers chrétiens l’ont observé bien avant que le dimanche ne soit un jour chômé.

Le dimanche est le premier jour de la création du monde. Il est le jour d’une nouvelle création dans la Résurrection du Christ. L’assemblée du dimanche est déjà une assemblée de ressuscités.

Une des premières lois de l’Eglise fut d’interdire de prier à genoux le dimanche : les ressuscités sont des hommes debout.

Le temps de l’Eglise se déroule dans le présent, dont les chrétiens partagent les joies et les angoisses, mais il nous emporte vers un après-temps éternel qui est notre avenir.

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René MOURET

Prêtre du diocèse de Toulouse, de Reims, du Val de Marne, enseignant à l’Institut catholique Paris (†2009).

(re)publié: 30/11/2000