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15 mars - Louise de Marillac (1591-1660)

1. Née à Paris dans des conditions inconnues. Louis 1er de Marillac, chevalier, la déclare comme sa fille naturelle, sans certitude concernant cette filiation. Vers l’âge de 4 ans elle est placée chez les religieuses dominicaines, au monastère royal de Poissy. Sous la tutelle d’une tante, elle y acquiert une solide éducation humaniste, nourrie des œuvres de François de Sales, de Catherine de Sienne, tous deux de très grand rayonnement dans la chrétienté. Placée ensuite par un oncle, un acteur de la réforme du Carmel, dans un foyer parisien pour jeunes filles nobles, elle y parfait sa formation domestique dans une ambiance d’un renouveau de ferveur dû à la réforme catholique initiée par le concile de Trente. Elle souhaite entrer dans une branche féminine de l’ordre franciscain mais on l’en dissuade pour raison de santé.

2. En 1613, elle se marie à Antoine Le Gras, noble non titré et, de ce fait, Louise continuera à porter le titre de Mademoiselle. Un fils, Michel, naît prématurément la même année. Antoine tombe très vite malade, ce qui entraîne Louise, estimant être punie de Dieu pour ne pas s’être consacrée à lui, dans une période de grave dépression. En l’église Saint-Nicolas-des-Champs, le jour de la Pentecôte, après la communion, Louise reçoit une « illumination de l’Esprit-Saint » qui lui fait comprendre qu’un jour elle se consacrera à Dieu. Peu de temps avant la mort de son mari, en 1624, qui la laissera quasiment ruinée, elle reconnaît en Vincent de Paul dont elle admire la puissance caritative le conseiller spirituel qu’elle cherchait. Celui-ci la convainc de se porter vers le soin des pauvres plutôt que vers la recherche d’une piété personnelle. Vincent de Paul avait mis en place des groupes de dames nobles, les Dames de la Charité, pour venir en aide aux mourants pauvres. Il arriva qu’elles se faisaient remplacer par leurs servantes, ce qui n’était pas conforme au concept d’origine de Vincent. Il charge Louise, qui reprend son nom Marillac, de les organiser avec une règle commune. En 1630, Vincent lui envoie Marguerite Naseau, une jeune vachère de Suresnes qui, après avoir appris à lire, faisait le catéchisme aux jeunes de la région et ne craignait pas d’aller personnellement à la rencontre des pauvres. Ayant contracté la peste au cours de son assistance aux malades, Marguerite meurt peu de temps après. Louise réunit alors chez elle d’autres paysannes souhaitant suivre son exemple.

3. En 1633, Vincent, Louise et quatre sœurs fondent la Compagnie des Filles de la Charité, appelée Sœurs de Saint Vincent de Paul. Compagnie plutôt que Ordre pour éviter que l’Eglise ne les oblige à se cloîtrer. Dès lors seront créées des aides de toute nature pour combattre la très grande misère sociologique, spirituelle et corporelle de l’époque : écoles de filles, prise en charge et éducation des enfants abandonnés et dont on faisait le trafic jusqu’à les amputer pour les faire mendier, création d’hospices, visite à domicile des malades, des vieillards, secours aux blessés de la guerre de Trente Ans et de la Fronde (opposition des princes à la monarchie absolue), assistance auprès des galériens. Elle concrétise tout le projet de Vincent de Paul qui, entre temps, aura fondé la Congrégation de la Mission, dont les membres sont appelés lazaristes du fait qu’ils ont résidé dans une ancienne ladrerie parisienne, saint Lazare, le saint invoqué pour les lépreux. Louise de Marillac étend très vite sa fondation dans trente villes de France et même à Varsovie. Elle meurt le lundi de la Passion 15 mars 1660, quelques mois avant Vincent de Paul. Son corps repose à la maison mère des Filles de la Charité, la chapelle de Notre Dame de la Médaille Miraculeuse au 140, rue du Bac, à Paris. Elle sera canonisée en 1934 par Pie XI et proclamée patronne des œuvres sociales en 1960 par Jean XXIII.


Pensées

Que vous êtes heureuses d’avoir un si grand nombre des malades à servir ! Oh ! Qu’il paraît bien que Dieu vous aime puisqu’il vous donne tant d’occasions de le servir !

Soyez bien affables et douces avec les pauvres ; vous savez ce que sont nos maîtres et qu’il les faut aimer tendrement et les respecter fortement.

Si nous marchons en présence de Dieu, nous serons quittes de beaucoup de peines que nous nous donnons par la recherche et l’amour désordonné de nos propres satisfactions.

Ayez grand support et douceur envers votre prochain, vous cachant souvent ses fautes pour vous remettre les vôtres devant les yeux.

N’est-il pas glorieux de coopérer avec Dieu à l’accomplissement de ses desseins ?

Il est important de beaucoup se mortifier, non par des pénitences extérieures, mais par une vraie et solide humilité, nous attachant à toutes les vertus et à la cordialité.

as1932 gmail.com


Aloyse SCHAFF
as1932 gmail.com
 
(re)publié: 01/03/2018