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En mai

Athanase d’Alexandrie dit le Grand - 2 mai

(298-373)

1. Athanase (= ‘immortel’) naît à Damanhour près d’Alexandrie en Égypte, en 298. Il est issu d’une famille chrétienne aisée qui lui procure une solide formation grecque essentiellement littéraire et philosophique. Il entre très vite dans le clergé d’Alexandrie. Disciple d’Origène, à qui l’on doit la formulation du Fils « inengendré », il devient l’homme de confiance d’Alexandre, évêque d’Alexandrie, et participe avec lui, en qualité de diacre et secrétaire, au premier concile de Nicée (fin mai - 25 août 325) qui définit le premier Credo.

2. Athanase succède à Alexandre en 328, âgé de trente ans à peine. Il connut et rencontra Constantin Ier, qui s’était fait proclamer empereur par ses troupes. Selon la tradition chrétienne, la nuit précédant la bataille au pont Milvius en 312, contre Maxence, son rival à Rome, Jésus lui serait apparu en rêve et lui aurait montré un chrisme flamboyant dans le ciel en lui disant : « Par ce signe, tu vaincras » (hoc signo vinces). Constantin fit alors apposer sur l’étendard et sur le bouclier de ses légionnaires un chrisme, se convertit mais ne fut baptisé que sur son lit de mort en 337.
En 313, par le célèbre édit de Milan, il accorde à toute personne la liberté de culte, met le Dieu chrétien au-dessus de tous les dieux mais la religion chrétienne ne deviendra religion d’état que sous Théodose en 380. Constantin Ier décrète en 321 que le premier jour de la semaine (jour du soleil) sera jour de repos, fixe la date de Noël au 25 décembre, solstice d’hiver, qui jusque là, selon le culte de Mithra très répandu dans le monde militaire, était « jour anniversaire du Soleil Invincible » Il fait construire Constantinople, en fera sa résidence et, avec sa mère Hélène d’origine très modeste(« servante d’auberge »), fait édifier les églises de la Nativité à Bethléem, du St Sépulcre et du mont des Oliviers à Jérusalem. On attribue à Hélène la découverte de la vraie croix. Ils sont tous deux inscrits au calendrier des saints : Hélène le 18 août et Constantin le 21 mai qui pourtant avait fait disparaître nombre de gens de sa famille à des fins personnelles.

3. Le combat d’Athanase. L’épiscopat d’Athanase fut très mouvementé et sa vie souvent menacée du fait des conflits liés à ce qui fut désigné par “hérésie arienne” et qui divisait les églises orientales et occidentales. Jusqu’au concile de Nicée (325), il n’existait pas d’énoncé systématique de la foi chrétienne, de son contenu et de son interprétation. Ignace d’Antioche, Irénée de Lyon, Origène en avaient formulé quelques lignes mais sans structurer un credo universel. Un grand nombre de textes johanniques et pauliniens mettaient en question le monothéisme si cher à la foi juive. Jésus était-il Dieu ? Que voulait dire Verbe de Dieu ? Comment concilier sa nature humaine et sa nature divine ?

4. Arius (256-336), prêtre d’Alexandrie, ascète mais également ambitieux, théologien réputé, apporte sa réponse. Farouche défenseur d’un monothéisme absolu, il s’oppose à la position d’Origène (185-254), prêtre et théologien de renom d’Alexandrie, qui avait émis « l’éternelle génération du Christ ». Le conflit entre les partisans d’Arius et ceux de l’évêque d’Alexandrie devient violent et les controverses menaçent l’unité de l’empire. Constantin réunit alors 270 évêques à Nicée (Iznik, en Turquie) qui, après d’âpres discussions, déclarent que « le Fils est de la même substance que le Père » (ὁμοούσιος, homoousios, consubstantiel). Les ariens sont excommuniés (= déclarés ne plus être en communion avec l’Eglise).

Position d’AriusPosition d’Alexandre et d’Athanase
Le Verbe a commencé à exister à partir du néant par un acte de la volonté du Père qui est seul unique et inengendré. « Le Verbe n’est ni une créature, ni une chose faite, mais le propre Engendré de la substance du Père. »
« Le Fils n’a pas toujours été. » « Le Fils est éternel comme le Père. »
Le Fils n’est pas Dieu véritable. « Il est Dieu véritable, étant consubstantiel au Père véritable. »
« Le Verbe est par nature sujet au changement. »
Le Fils est imparfait.
Le Verbe, de par sa nature divine, n’est pas sujet au changement ni à la souffrance.

5. Durant 50 ans les ariens et les nicéens s’affrontèrent parfois violemment, leurs évêques tour à tour démis, exilés ou restaurés selon que l’empereur était arien ou nicéen (césaropapisme). Les 46 ans d’épiscopat d’Athanase furent entrecoupés de 5 exils d’une durée de 20 ans. Son caractère autoritaire en était en partie responsable. Il sut pourtant s’attacher de nombreux pairs, comme Hilaire de Poitiers (315-367), son ami Antoine l’Ermite († en 356 à 105 ans), fondateur du monachisme, dont il écrivit une biographie, ainsi que des communautés chrétiennes très fidèles. Le conflit prendra fin au concile de Constantinople (381) auquel on doit le Symbole dit « de Nicée-Constantinople », plus élaboré que celui « des Apôtres ».
Athanase meurt, paisiblement enfin, à 75 ans, le 2 mai 373. Très vénéré dans les Eglises coptes et orthodoxes. Ses reliques, vénérées d’abord dans l’église St Zacharie à Venise, ont été remises en 1973 par Paul VI au patriarche de l’Eglise copte-orthodoxe et sont installées dans l’église St Marc au Caire. St Athanase d’Alexandrie est inscrit parmi les 35 docteurs de l’Eglise catholique.

6. Autres “hérésies”
Homme et Dieu ? La même personne humaine dit avoir soif, faim, être fatiguée, mortelle et en même temps être Fils de Dieu, immortel. On distingue aujourd’hui : l’être (entité physique), la personne (entité morale, sociale, munie de la conscience : « l’homme n’est qu’un roseau… mais un roseau pensant » (Descartes).
A. Jésus n’est pas Dieu.
1. L’arianisme (Arius † 336) : Jésus n’est pas Dieu mais une créature de Dieu, qui devient créatrice du monde. Condamnée aux conciles de Nicée (325) et Constantinople (381).
2. L’adoptianisme (Paul de Samosate) : Jésus est un homme méritant adopté pour être le Fils de Dieu.
B. Jésus n’est pas un homme
Le docétisme (issu du gnosticisme) : Jésus n’a qu’une apparence d’homme. Condamnée au concile de Constantinople (381).
C. Jésus est plus homme que Dieu
Le nestorianisme (Nestorius († 454) : la personne humaine a cessé d’exister lorsque la personne divine l’a absorbée, « comme une goutte d’eau par la mer ». Condamnée au concile de Chalcédoine (451). Aujourd’hui existent des églises monophysites dites des trois conciles (de liturgie orthodoxe, copte, éthiopienne, arménienne, syriaque). En 1971 un énoncé commun concernant le Christ a été reconnu par l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe orientale.

Le symbole de Nicée-Constantinople.
a. Jésus est homme et avait conscience de l’être. Comme chaque homme a conscience d’être homme. Il participe complètement à l’expérience humaine sauf à celle de choisir le mal.
b. Jésus est Dieu et en avait conscience. « Le Père et moi, nous sommes un. »
c. Quand ?
- Depuis le début : « La nature humaine du Fils de Dieu, non par elle-même, mais par son union au Verbe, connaissait et manifestait en elle tout ce qui convient à Dieu… Nous avons été sauvés par la volonté humaine d’une personne divine. » (Maxime le Confesseur († 662) qui eut la main et la langue coupées.) « La volonté humaine du Christ suit la volonté divine, sans être en résistance ni en opposition vis-à-vis d’elle, mais bien plutôt en étant subordonnée à cette volonté toute-puissante. » (C. de Constantinople III en 681).
- Progressivement : « Une tradition théologique enseigne que l’humanité de Jésus voyait Dieu, déjà comme, nous aussi, nous le verrons au Ciel. Jésus, par la vision béatifique, sait qu’il est Dieu. Il le sait au fur et à mesure de la croissance de son humanité et de manière de plus en plus explicite, notamment grâce au contact qu’il a avec les Ecritures, l’Ancien Testament qui l’annonce comme le Messie et le Fils de Dieu. »

Comment “voyons-nous” Jésus ? Deux démarches artistiques :
- Selon la transcendance : les icônes orientales donnent à voir Dieu incarné. « J’ai vu l’image humaine de Dieu et mon âme est sauvée » (Jean Damascène). Sainte image et non image sainte. « Le Christ est l’image du Dieu invisible » (Col 1,15). Elle doit être « contemplée » (# regardée) et conduit à la prière.
- Selon l’immanence : les tableaux occidentaux donnent à voir Jésus en son humanité.

 
Aloyse SCHAFF

Capitaine de Port Saint Nicolas.
Prêtre du diocèse de Metz ; ancien professeur de sciences physiques et ancien directeur de lycée Saint-Augustin à Bitche.
Toujours en paroisse à Bitche et environs. Responsable des Appros (épicier en gros en quelque sorte) pour l’association des « Restos du cœur » de Moselle-Est.

as1932 gmail.com
Aloyse SCHAFF

Capitaine de Port Saint Nicolas.
Prêtre du diocèse de Metz ; ancien professeur de sciences physiques et ancien directeur de lycée Saint-Augustin à Bitche.
Toujours en paroisse à Bitche et environs. Responsable des Appros (épicier en gros en quelque sorte) pour l’association des « Restos du cœur » de Moselle-Est.

(re)publié: 01/05/2017