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31 juillet - Ignace de Loyola (1491-1556)

Contexte historique : Charles de Habsbourg, dit Charles-Quint (1500-1558) règne sur le Saint-Empire romain germanique, le plus grand empire chrétien ; Luther meurt en 1546 ; Henri VIII institue l’Eglise anglicane en 1534 ; au concile de Trente (1545-1563) est rédigé un catéchisme pour combattre les thèses protestantes.

Inigo est né au château de Loyola, au Pays basque, en 1491, un an avant la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb. Page de cour, puis gentilhomme au service du vice-roi de Navarre, il mène la vie très libre des gens de la cour de l’époque. En 1521, blessé gravement à la jambe lors du siège Pampelune par François Ier, il est reconduit au château familial.
Durant sa convalescence, il prend goût à la lecture de la vie du Christ et de la Légende dorée qui raconte des faits et gestes de saints. Inigo, alors âgé de 30 ans, décide de les imiter. Guéri, il quitte Loyola, fait halte à l’abbaye bénédictine de Montserrat, puis gagne Manrèse, petite ville de Catalogne. Il y vivra presque une année en solitaire (mars 1522 – février 1523). Un jour, en longeant la rivière Cardener, il fit une expérience spirituelle : « Les yeux de mon esprit commencèrent à s’ouvrir. Ce n’était pas une vision, mais je compris beaucoup de choses concernant la vie spirituelle, la foi et la science, et cela en une telle illumination que toutes ces choses me parurent nouvelles. »

Rompant avec la solitude, il se tourne vers l’entraide et consignera dans un petit livre, les futurs Exercices Spirituels, toutes ses expériences et découvertes et ne cessera d’y travailler. En 1523, il choisit de se rendre à Jérusalem, en pèlerin mendiant. Les Franciscains, à qui le sultan avait accordé la garde des lieux saints, le convainquent de rentrer. Etudes à Barcelone, puis à Alcala. Considéré comme un « illuminé » par l’Inquisition, il subit 5 procès, 2 emprisonnements, et est interdit de prêche jusqu’à ce qu’il ait effectué 4 années d’études. Il part alors à Salamanque, avant de rejoindre Paris.

Il y arrive en février 1528, y reprend ses études à la base, en commençant par les humanités. Reçu bachelier en 1532 puis « Maître ès Arts », Inigo latinise son nom qui devient Ignace. Il partage la chambre de deux autres étudiants : Pierre Favre, savoyard, et François-Xavier, navarrais. Liés d’amitié, ils partagent rapidement le désir d’Ignace : mener une vie pauvre à la suite du Christ. Bientôt sept, tous veulent vivre dans la pauvreté au service des hommes et devenir prêtres, à Jérusalem si possible. Ils se présentent au pape « afin qu’il les envoie là où il jugerait que ce serait le plus favorable à la gloire de Dieu et utile aux âmes ».

Le 15 août 1534, au petit matin, dans la chapelle dite des martyrs, sur la colline de Montmartre, les sept amis font vœu de pauvreté et chasteté et décident de se rendre ensemble à la fin de leurs études à Jérusalem pour y convertir les infidèles. Tombé malade, Ignace est envoyé par les médecins faire une cure d’air au pays natal. Rendez-vous est tout de même pris avec tous les compagnons, auxquels trois Français se sont joints, à Venise pour le début 1537 en vue d’embarquer à destination de Jérusalem. Ils avaient été ordonnés prêtres quelques mois plus tôt. La guerre entre Venise et le Grand Turc rendant tout départ impossible, ils se dispersent deux par deux dans toute l’Italie mais, conformément au vœu de Montmartre, se dirigent vers Rome. A une quinzaine de kilomètres de la ville, au lieu dit La Storta, Ignace entre dans une chapelle pour prier : « J’ai cru voir le Christ avec sa croix sur l’épaule et, à côté de lui, le Père éternel qui disait à son fils : “Je veux que tu prennes celui-ci pour ton serviteur.” Et Jésus m’a dit : “Je veux que tu nous serves.” »

En 1538, à Rome, Ignace et ses compagnons décident de former un nouvel institut, la Compagnie de Jésus. En 1541, Paul III signe la bulle d’approbation. « En plus des trois vœux indiqués, la Compagnie fait un vœu express au Souverain Pontife, actuel ou futur, en tant que Vicaire du Christ : celui d’aller partout où Sa Sainteté voudra l’envoyer, chez les fidèles et les infidèles, sans alléguer d’excuse et sans demander provision de route ». Ignace, après avoir récusé deux fois le vote de ses compagnons, accepte la charge de Préposé Général. Il réside dans une vieille bâtisse au centre de Rome en face d’une chapelle dédiée à Notre-Dame de la Route. Il s’y consacre à la rédaction des Constitutions de la Compagnie toujours remise en chantier pour tenir compte des remarques des compagnons et des expériences nouvelles. Un long débat portera sur le choix de la pauvreté totale : il fera une distinction entre les profès, les églises et les collèges.

Les demandes d’entrée dans la Compagnie affluent. A la demande du pape, Ignace envoie trois théologiens au concile de Trente (1542-1563), convoqué pour répondre aux thèses protestantes. Mais il refuse pour les Compagnons les charges épiscopales, cardinalices pour ne pas « nous attacher à un endroit particulier ». En 1544 à 1545, il tient un journal spirituel (« des motions intérieures ») dans lequel il relate quotidiennement « ses colloques intérieurs », souvent avec la « très Sainte Trinité », principalement aux cours des messes célébrées avec « beaucoup de larmes ». On réclame des collèges, et les jésuites se retrouvent enseignants. Chaque jour, des dizaines de lettres rédigées de sa main ou de celle de son secrétaire partent de Rome à destination des villes d’Europe, des Indes, du Japon, adressées aux jésuites, à des princes, à de grandes dames, à de petites gens, à de généreux donateurs. Plus de 7 000 seront retrouvées. Elles traitent de l’obéissance, de la façon de s’adonner aux humanités, de la mystique. Elles portent en tête le monogramme IHS (abréviation de Jésus en grec) surmonté d’une croix. On y lit souvent : « Pour la plus grande gloire de Dieu » qui deviendra la devise de la Compagnie. Les Exercices Spirituels demeurent l’ouvrage de base, toujours d’actualité.

Ignace trouve également le temps de prêcher, confesser, créer des maisons pour catéchumènes juifs ou mahométans, des refuges pour les “femmes errantes”, organiser des quêtes pour les pauvres, les prisonniers insolvables. Au début du mois de juillet 1556, une fatigue extrême et des souffrances intolérables le forcent au repos. Un dernier courrier partira encore le soir du 30 juillet avant son décès le lendemain matin à l’aube. La Compagnie compte alors 110 maisons, plus de 1 000 membres mais seulement 38 profès fidèles aux exigences de pauvreté du maître.
Ignace de Loyola sera canonisé le 12 mars 1622 en même temps que François-Xavier et Thérèse d’Avila. Son corps repose aujourd’hui à Rome dans l’église de style baroque flamboyant du Gesù.


Prière d’offrande
Prenez dans vos mains, Seigneur, ma liberté entière. Recevez ma mémoire, mon intelligence et toute ma volonté. Tout ce que j’ai, tout ce que je possède, c’est vous qui me l’avez donné. Je vous le rends et vous le livre sans réserve. Pour le soumettre entièrement à votre Volonté. Donnez-moi seulement votre Amour et votre Grâce et je serai suffisamment comblé. Je ne demande rien au-delà.


Aloyse SCHAFF
as1932@gmail.com
 
(re)publié: 01/07/2018