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En décembre

Ambroise de Milan (339-397) - 7 décembre

Ambroise est né dans une famille chrétienne de la noblesse sénatoriale romaine. Son père, préfet, résidant dans la capitale provinciale de Trèves, était donc le plus haut fonctionnaire impérial des Gaules (France, Espagne, Portugal, Bretagne), avec pleins pouvoirs judiciaires. Après son décès prématuré, Ambroise revient à Rome avec sa mère pour y poursuive sa formation littéraire et philosophique en vue d’une carrière juridique. Il fut l’un des rares romains à pratiquer le grec qui avait été abandonné dans l’empire occidental romain.
Après un poste d’avocat, puis de conseiller auprès d’un gouverneur, Ambroise devint préfet de Rome, responsable du maintien de l’ordre public.

Evêque de Milan. En 373, à l’occasion de la succession tumultueuse d’un nouvel évêque, en remplacement d’un évêque arien, un enfant, repris par la foule, aurait crié : « Ambroise, évêque ! », alors qu’Ambroise n’était même pas baptisé. Il aurait alors reçu tous les grades ecclésiastiques en quelques jours. Il intervint comme pacificateur dans les conflits, parfois violents, que se livraient les ariens (soutenant avec Arius que Jésus est créature du Père) et les nicéens (tenants du symbole de Nicée-Constantinople). L’arianisme fut condamné en 381 au concile de Constantinople convoqué par l’empereur Théodose 1er auquel ni le pape, ni aucun évêque occidental, ne furent conviés.

Comme pasteur, Ambroise se montra exemplaire. A peine élu, il fit don de ses biens à l’Eglise, aux pauvres et mena une vie ascétique. Ainsi ne prenait-il qu’un repas par jour en semaine pour pouvoir suivre le Seigneur Jésus, « comme un pauvre soldat, avec un paquetage léger » (Vita 38). Il célébrait chaque jour ce qu’il appelait « la sainte messe », désignée ainsi pour la première fois. On lui devrait « le rite ambrosien », toujours en vigueur dans le Milanais et qu’utilisa le cardinal Montini, archevêque de Milan, devant les Pères du Concile. Ses homélies, reprenant souvent le style, voire l’ordonnancement, des écrivains grecs et romains comme Virgile, Cicéron, étaient prononcées avec beaucoup de conviction. Jusqu’à attirer le futur saint Augustin qu’il convertit et baptisa. Ambroise mit en place des structures d’assistance aux pauvres, aux malades et aux prisonniers mais intervint aussi dans l’exercice de la justice publique, la protection juridique des plus démunis et les interventions pour obtenir une éventuelle grâce pour les condamnés à mort. Saint Augustin a fait part de l’activité débordante d’Ambroise : « Pas moyen de lui poser comme j’aurais voulu les questions que je voulais. Des files compactes de gens embesognés, des chérifs auxquels il rendait service, me barraient l’accès de son audience et de son entretien. » (Confessions VI, 3, 3). Selon Augustin encore, Ambroise fut le premier à utiliser le parcours silencieux des yeux au lieu de la lecture à haute voix. Il est l’auteur de nombreuses homélies exégétiques, catéchétiques et d’hymnes. Il est très cité au Moyen Âge, y compris par Luther.

Ambroise connut plusieurs empereurs dont Gratien (367-383) qui fut son fils spirituel et sous le règne duquel l’empire fut partagé mais qui ne devint effectif qu’en 395. Alors qu’en Occident le pouvoir impérial intervenait dans les affaires ecclésiastiques, comme la convocation des conciles, l’installation ou la déposition des évêques, Ambroise n’a pas craint d’affirmer et de montrer son indépendance en tant qu’évêque de Rome. En 386, Valentinien II voulut obliger l’évêque à céder une église aux ariens pour leur culte, Ambroise et sa communauté y passèrent plusieurs jours et plusieurs nuits jusqu’à ce que la cour impériale, à cause de la popularité de l’évêque, finisse par ordonner la levée du siège mis en place. En 390, l’empereur Théodose fit massacrer dans le cirque de Thessalonique sept cent personnes attirées en un guet-apens, en représailles du meurtre d’un chef militaire. Ambroise, par courrier, le somma de se soumettre à la pénitence prévue. Théodose reconnut sa faute et fut réconcilié le jour de Noël.

Ambroise meurt le samedi saint (4 avril) 397, est enterré dans la cathédrale de Milan, près de la tombe des martyrs Gervais et Protais, dont il avait retrouvé les ossements. On peut le voir dans ses habits sacerdotaux dans une châsse vitrée, dans la crypte de la basilique. Saint Augustin fit écrire sa vie (la Vita) par le secrétaire d’Ambroise, 25 ans plus tard. On montre y montre aussi un portrait en mosaïque qui serait très ressemblant : un ascète maigre, sérieux, les cheveux coupés court et une grande barbe, revêtu d’une longue tunique et d’un simple manteau. Il est docteur de l’Eglise.

 
Aloyse SCHAFF

Capitaine de Port Saint Nicolas.
Prêtre du diocèse de Metz ; ancien professeur de sciences physiques et ancien directeur de lycée Saint-Augustin à Bitche.
Toujours en paroisse à Bitche et environs. Responsable des Appros (épicier en gros en quelque sorte) pour l’association des « Restos du cœur » de Moselle-Est.

as1932 gmail.com
(re)publié: 01/12/2017