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Technique, prière et célébration

L’art de célébrer consiste à respecter les données liturgiques et à maîtriser les techniques humaines habitées par la foi et la prière.

Les données liturgiques

Il s’agit, bien sûr, de ce qui est dit dans la Présentation générale du Missel romain et dans les préliminaires des rituels. Prêtres, diacres et membres des équipes liturgiques doivent connaître le document sur la célébration au service de laquelle ils sont engagés. En outre, les préliminaires, introductions ou notes pastorales ont une importance extrême : il y est précisé non seulement ce qu’il faut faire et comment le faire, mais aussi pourquoi on le fait. Respecter les données liturgiques possède un enjeu considérable : c’est la garantie que l’action liturgique que l’on prépare ou accomplit est une authentique action de l’Église, et non l’émanation d’un groupe particulier ou de telle ou telle personne. Comme le rappelle la Constitution sur la sainte liturgie en son n° 26 : « Les actions liturgiques ne sont pas des actions privées, mais des actions de l’Église qui est le Sacrement de l’unité. »

Respecter les données liturgiques, c’est accepter de recevoir la tradition de l’Église, pour faire célébrer l’Église d’aujourd’hui, et l’on sait bien que tout en respectant ces données, l’assemblée donnera toujours à leur application sa couleur locale particulière.

On sait, par ailleurs, que ce respect, bien loin de brimer l’initiative, la met pleinement en œuvre, notamment en proposant une célébration à composer et non toute faite à l’avance. Ainsi :

 les chants ne sont pas imposés mais à créer ou à choisir ;
 certaines interventions sont à prévoir : le mot d’accueil, l’introduction aux lectures, l’homélie, la prière universelle ;
 certains textes sont à choisir : la Préface, la Prière eucharistique ;
 le Missel, les rituels, les lectionnaires prévoient un grand choix de prières, de rites et de lectures ;
 certains gestes rituels ou déplacements sont à décider et à organiser selon le temps, l’heure, les assemblées : procession d’entrée, des dons, de la communion…

Maîtriser les techniques

C’est là le point le plus délicat. Puisque la liturgie n’est pas de l’ordre de la rentabilité commerciale ni de l’audimat spectaculaire, mais qu’elle dépend de l’engagement de foi des participants, on se dit souvent, de façon peut-être compréhensible, mais sûrement pas admissible que foi et dévouement suffisent.

Le risque d’une telle mentalité est de sous-estimer l’aspect humain des actions liturgiques. Le comble étant que l’on entend parfois soutenir l’idée que l’on est d’autant plus humain (naturel !) que l’on délaisse la technique !

Il est évident que l’on ne demande pas au président d’être un présentateur de journal télévisé ; au lecteur, un acteur de théâtre ; au chanteur, une vedette ; à l’animateur de chant, un chef d’orchestre.

Cela dit, le respect de ce que veut l’Église et le respect des fidèles venus célébrer le Seigneur réclament un minimum de compétence en matière de communication, d’organisation d’une action de groupe, de lecture en public, de chant et de direction des chants. Chacune de ces activités (et bien d’autres) est animée par la foi, mais c’est la technique humaine qui lui donne la « noble simplicité » que réclame la Constitution sur la sainte liturgie (n° 34) ; la technique humaine est le moyen sensible par lequel l’effet théologal fixé par l’Eglise peut être atteint.

Peut-on ajouter que le monde très médiatique dans lequel nous vivons rend encore plus nécessaire aujourd’hui la bonne tenue de ce que la liturgie donne à voir et à entendre ! Il n’y a pas alors d’autre possibilité qu’un sérieux apprentissage de la technique propre au service que l’on a à rendre. On ne manque pas maintenant d’outils et de moyens pour y parvenir : manuels, traités, revues, ateliers, sessions, magnétophones, caméscopes… Le dévouement et la bonne volonté sont indispensables, mais ne suffisent pas.

Habitées par la foi et la prière

On comprendra que ces lignes sur le respect des données liturgiques et sur la maîtrise des techniques n’excluent pas le primat de la foi, mais au contraire le supposent. Il y aurait autant d’erreur à penser que la foi supplée la technique que de laisser croire que la technique suffit. Cette rubrique a pour but d’alerter tous les acteurs sur leurs façons de faire. Elle suppose, en effet, que ce qui est de l’ordre de la foi est acquis.

Il reste à déterminer le rapport qu’il y a entre l’acte de célébrer et la prière. Nous le ferons dans le prochain chapitre.

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Centre National de Pastorale Liturgique

Devenu en 2007 Service National de la Pastorale Liturgique, un service de la Conférence des évêques de France (CEF).

(re)publié: 01/02/2021
1ère public.: 30/11/1996