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Proclamer la parole de Dieu

« Il (le Christ) est là présent dans sa parole, car c’est lui qui parle tandis qu’on lit dans l’Eglise les Saintes Ecritures » (Constitution sur la Sainte Liturgie, n° 7). C’est une magnifique responsabilité que d’être lecteur ; elle est exigeante : il s’agit ni plus ni moins que de prêter sa voix au Seigneur.

Avant la lecture

La bonne lecture commence dès avant la lecture. Il ne peut y avoir de bonne lecture qui ne soit préparée. Contrairement à une idée facile mais fausse, celui qui sait lire ou parler ne possède pas nécessairement la compétence pour lire et parler en public. La parole publique, et particulièrement en liturgie, est un art (au sens d’artisanat) dont les règles ne sont pas innées. La bonne diction résulte d’une maîtrise de la vitesse d’élocution, du rythme, des pauses et des coupes, de l’articulation, de la respiration, du ton et, enfin, de l’utilisation du micro ; tout cela s’apprend. Il n’est pas question de faire du lecteur un artiste de métier, mais tout lecteur doit avoir une compétence correspondant à sa fonction.

Pour préparer sa lecture, un lecteur doit donc savoir suffisamment à l’avance quand et quelle lecture il aura à lire. Ainsi, il aura le temps d’en découvrir le genre littéraire, en consultant sa Bible, et le sens, en la méditant seul ou en équipe. Il pourra l’intérioriser spirituellement avant de l’extérioriser en la proclamant.

Il faut se convaincre que prévenir quelqu’un trois minutes avant le début de la messe relève de la faute professionnelle.

Les attitudes et les objets

La façon dont le lecteur quitte sa place pour se rendre à l’ambon fait déjà partie de l’acte de lecture. Que sa tenue soit sobre et correcte. Qu’il se déplace calmement, sans partir avant l’Amen de l’oraison ou la fin du dernier refrain du psaume. Qu’il se campe solidement devant l’ambon, peut-être même en y posant les mains. Qu’il respire lentement avant d’ouvrir la bouche. Qu’il regarde l’assemblée avant de commencer, pour établir une communication avec elle. Et puisqu’il lit la parole de Dieu et non la sienne, qu’il garde la communication avec le livre sans lever les yeux sur l’assemblée pendant la lecture.

Et l’ambon ? Est-il lui-même solide et stable ? N’est-il pas surchargé de feuilles de chants, de cahiers d’annonces... Il ne doit vraiment servir qu’à la lecture de la parole de Dieu, révélant ainsi par l’unicité de sa fonction le caractère unique de ce qui s’y passe.

Quant au lectionnaire, qu’il soit un livre propre, entretenu, consistant, et non une revue destinée à la prière privée, ou une feuille volante préparée pour la circonstance.

Remarques en vrac

- Tout ce qui vient d’être dit du lecteur vaut également pour le prêtre ou le diacre qui proclamera l’Evangile.
- Dans bon nombre de petites églises ou chapelles, la sonorisation est inutile. Elle peut même être nuisible si elle fait tourbillonner les sons. La lecture non sonorisée est parfois meilleure, car le lecteur se sent alors obligé de lire plus lentement et de mieux soigner sa diction.
- Le psaume n’est pas une lecture de plus. Normalement, il est musicalisé. Mais, si l’on chante seulement le refrain, il vaut mieux que le lecteur des strophes ne soit pas celui de la première lecture. En outre, il devra préparer son texte avec une attention particulière, car le genre poétique du psaume est délicat à rendre.
- Même dans une petite paroisse, on fera tout pour qu’il y ait une équipe de plusieurs lecteurs afin que l’assemblée n’entende pas toujours les mêmes. De temps en temps, cette équipe organisera des séances d’apprentissage ou d’amélioration de la parole en public, et, autant que possible, avec l’aide de quelqu’un du métier (comédien, professeur, avocat...) ou quelqu’un qui a lui-même suivi des stages, sessions ou ateliers de lecteurs. Dans beaucoup de cas, l’utilisation d’un magnétophone sera, dans ces séances, d’une aide précieuse. Grâce à l’enregistrement, le lecteur pourra s’entendre lui-même et faire, avant les autres membres de l’équipe, sa propre critique, ce qui ménagera bien des susceptibilités.

Pour finir, comment ne pas évoquer ces spécialistes de la parole de Dieu que furent les prophètes ? « Quand je te parlerai, je t’ouvrirai la bouche et tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur... » (Ez 3,27).

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(re)publié: 01/12/2019
1ère public.: 30/11/1995